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Les enjeux liés à la 5G vu par un Think tank indépendant !

Par le

Huawei a déjà signé des partenariats avec 14 opérateurs européens pour la construction de l’infrastructure 5G.

Le Think tank “indépendant”, l’institut Montaigne financé par plus de 150 entreprises Françaises, entre autre du CAC 40 comme Orange, Total,Airbus… et US comme Google, Cisco, Microsoft…mais aussi des PME, ETI, universitaires, politiques, société civile, etc.. Cet Institut sollicite les compétences de ses entreprises adhérentes pour produire des rapports, sa méthode : “Chacun des rapports est produit par un groupe de travail auquel sont associés les adhérents. La réalisation de ces publications suit un processus clair : pas de solutions définies a priori, pas de propositions rejetées par idéologie, la vérification systématique des informations, des comparaisons internationales fouillées, des recommandations créatives mais réalistes, le chiffrage du coût de ces propositions. Le spectre des sujets traités par l’Institut couvre l’ensemble des politiques publiques et son champ d’action se déploie au niveau national, européen et international. L’Institut veille scrupuleusement à la représentation des différentes sensibilités au sein de ses groupes de travail afin d’assurer une vraie confrontation d’idées.”

Ils ont produit 2 rapports bien documentés et complet.
L’Europe et la 5G : passons la cinquième !
L’Europe et la 5G : le cas Huawei

La 5G représente un saut technologique : elle modifiera en profondeur les processus de production industrielle, les services publics, la médecine, la gestion et distribution d’eau, de gaz, d’électricité, entre autres. Elle est aussi à l’origine de nouveaux services aux consommateurs, et favorisera donc l’émergence de grands acteurs et d’un nouvel écosystème numérique. Si le champ d’applications ouvert est inédit, il n’est pas sans risque.

Les réseaux mobiles jouent un rôle de plus en plus important dans notre économie et société. En 2017, les technologies et services mobiles ont généré 3,3%, soit 550 € milliards de PIB en Europe.Le passage à la prochaine génération de réseaux mobiles, de la 4G à la 5G, est souvent décrit comme une course technologique entre pays, systèmes politiques et entreprises. Nous en sommes sûr depuis les prises de position des US !

Qui sont les fabricants qui produisent des équipements essentiels de la 5G
– Huawei (Chine),
– Ericsson (Suède),
– Nokia (Finlande),
– ZTE (Chine)
– Samsung (Corée du Sud)

Dans l’ère du cloud computing, et demain du edge computing, les infrastructures virtualisées prennent de plus en plus d’importance pour les opérateurs. Cela implique d’importants transits, stockages et traitements des données, qui ne font l’objet d’aucun encadrement réglementaire, hormis le RGPD. Dans un marché dominé par les acteurs américains et les infrastructures chinoises, l’Europe et la France courent le risque de la dépendance et de la vulnérabilité.

Le think thank essaye de répondre aux 2 questions que tout le monde se pose.

Sera-t-il possible pour un équipementier d’éteindre un réseau complet (shutdown) ?
Aujourd’hui, le risque porte sur la possibilité ou non pour un équipementier d’insérer dans le code informatique une back door. Cela lui permettrait, dans le scénario le plus extrême, de couper le réseau à distance (shutdown). Il n’est pas possible de s’assurer de l’existence ou non d’une back door : comme pour tout produit télécom ou système d’information, le code fait l’objet de mises à jour régulières. De ce fait, un accès ponctuel au code est inefficace pour garantir une maîtrise des sujets de sécurité. Par ailleurs, le valider systématiquement avant chaque usage est irréaliste. La confiance dans les équipementiers choisis est donc primordiale.

Sera-t-il possible pour un équipementier d’espionner les données ?
Les équipementiers peuvent théoriquement espionner les données. Les opérateurs gardent toutefois une visibilité sur les données qui entrent ou sortent de leur cœur de réseau (même si ce cœur de réseau est décentralisé, comme c’est le cas avec la 5G). Ils peuvent donc voir les fuite de données éventuelles sur leurs équipements. Nous ne pouvons donc qu’encourager le développement d’outils afin de surveiller les flux de données transitant via les équipements de leurs réseaux.

Les enjeux sont complexes et dépassent les intérêts des opérateurs que l’on entend peu sur le sujet, y compris la GSMA ! Le débat actuel en Europe sur l’opportunité d’interdire Huawei et ZTE du déploiement de la 5G est désordonné, c’est le moins qu’on puisse dire. Un Think Thank Allemand, fait ce commentaire : “les réseaux mobiles européens bénéficieraient d’une approche de réduction des risques plus globale et indépendante du fabricant. Il est en outre douteux que le risque pour la sécurité nationale augmente de manière intolérable lors du déploiement d’un équipement réseau chinois 5G – notamment par rapport à d’autres domaines des infrastructures critiques nationales. Ainsi, le risque technologique accru ne suffit tout simplement pas à justifier l’intensité du débat public actuel. Il existe des risques légitimes liés à la chaîne d’approvisionnement, fondés sur des aspects technologiques et opérationnels, mais il ne faut pas confondre ceux-ci avec le débat plus large autour de la domination technologique de la Chine ou de la lutte contre l’espionnage industriel chinois.” 5G vs National Security – A European Perspective

En tout cas le gouvernement chinois a une idée très claire de la manière dont ils veulent coopérer avec l’Europe. Donc la question c’est à quoi doit ressembler une stratégie européenne visant à traiter avec la Chine, en particulier dans le secteur des TIC ?

________POINT DE VUE

Christian Peeters, associé en droit de la concurrence au sein du cabinet mondial DWF, examine l’interdiction de Huawei par l’administration américaine et montre comment le respect du décret par Google et d’autres sociétés a des répercussions sur les marchés concurrentiels des smartphones dans l’Union européenne sur les consommateurs de l’UE.

Il a déclaré: “L’interdiction imposée par Google à Huawei et le précédent qu’elle a créé pour d’autres sociétés vont affecter la concurrence en Europe et les consommateurs européens bien plus qu’aux États-Unis, où Huawei n’a pas réussi à établir une position unique. En Europe, Huawei est un concurrent sérieux représentant environ 20% du marché. Toute mesure limitant la compétitivité de Huawei en Europe risque d’entraîner une réduction sensible de la pression concurrentielle. que les autres fabricants de périphériques connaissent.

“Bien que l’existence d’un rapport de concurrence ne soit pas nécessaire pour établir un abus de pouvoir sur le marché, il s’agit d’un facteur à prendre en compte lorsque le comportement en question vise un concurrent direct – comme dans le cas de Google et de Huawei actifs dans la fabrication d’appareils mobiles et dans le développement de systèmes d’exploitation mobiles. Toutefois, le préjudice pouvant découler de l’interdiction ne se limite pas à la notion plutôt abstraite d’une concurrence effective : un grand nombre de consommateurs européens pourrait se trouver dans une situation où Le smartphone coûteux qu’ils ont récemment acheté perd des fonctionnalités clés ou ne peut plus être mis à jour et utilisé en toute sécurité. Il sera intéressant de voir comment la Commission européenne traduira cela, sachant qu’elle a déjà manifesté un vif intérêt pour les enquêtes sur les préoccupations relatives à un prétendu abus de pouvoir de marché.”