Publié le 21 mars 2020.
Par Benjamin

Slack ou Microsoft : qui va gagner la bataille ?

Publié le 21 mars 2020.
Par Benjamin

Image par StockSnap de Pixabay

Depuis le lancement de la plateforme Teams, Microsoft se présente comme le principal concurrent de Slack. Mais qu’en est-il réellement dans les faits ?

Bien qu’ils présentent des dimensions différentes, Slack et Microsoft se livrent une lutte acharnée pour attirer un maximum de clients. Fondée en 2014, Slack a longtemps constitué l’interface de communication professionnelle la plus prisée par les chefs d’entreprise. Cependant, depuis 2017, Slack commence à faire face à la concurrence du géant Microsoft qui s’est décidé à lancer sa plateforme collaborative Teams.

Du gigantisme de Microsoft au pragmatisme de Slack

Microsoft Teams est rattaché au pack Office 365.  Cette application a dans son viseur les 85 millions d’utilisateurs actifs d’Office 365 (parmi lesquels 13 millions ont déjà cédé à la tentation de Teams) alors que Slack totalise plus de 10 millions d’utilisateurs actifs par jour. À première vue, Microsoft Teams est en mesure de bénéficier d’une part de marché beaucoup plus importante que son concurrent direct. Néanmoins, Teams n’a pas la possibilité de drainer des personnes extérieures à une organisation pour les intégrer de façon instantanée à sa plateforme collaborative contrairement à Slack. Teams ne peut s’adresser qu’à des équipes internes où chacun des membres dispose de sa propre licence Office 365.

Teams joue clairement sur sa filiation à l’univers d’Office 365 : il n’hésite pas à intégrer dans sa barre de navigation d’autres services comme Power BI ou Planner.

Teams veut proposer un maximum de fonctionnalités rappelant à quel point cette application est rattachée à Microsoft. Elle hérite en quelque sorte de son prestige. Slack, quant à lui, joue sur son image de marque de jeune et ambitieuse start-up. Elle vise une population spécifique, celle des jeunes développeurs. C’est une solution de collaboration facile d’accès. Elle centralise toutes les conversations autour d’une interface très simple et organise le flux d’activités. Slack présente un esprit start-up : il s’adresse aux organisations agiles et restreintes en nombre. Son déploiement facile permet l’interaction entre clients, partenaires et prestataires moyennant un mécanisme d’invitation. Microsoft Teams ne procède pas selon ce mécanisme : ajouter de nouveaux utilisateurs à la plateforme nécessite au préalable leur ajout sur le panel de l’administrateur à partir de la page de démarrage d’Office. C’est ainsi qu’ils recevront un email qui leur expliquera la procédure à suivre pour intégrer définitivement la plateforme Teams. Procédure complexe…

En matière de présentation et de design, les deux applications ne présentent pas de grandes différences : un petit panneau vertical est dédié aux contacts alors qu’un onglet relativement large permet de faire immersion dans les conversations. Pour envoyer des messages ou ouvrir des bulles de discussion, les deux applications sont particulièrement pratiques. Pour le partage et le traitement des documents, Teams a un léger avantage dans la mesure où il est possible d’introduire directement des modifications sur le document à partir de la plateforme sans avoir à le télécharger et ce, en rappelant aux différents utilisateurs quels sont les changements opérés. Pour les discussions vidéos, Microsoft Teams est capable de réunir jusqu’à 250 personnes dans un même appel contre 15 pour Slack.

Des particularités spécifiques pour l’une et l’autre application

Chaque application présente des atouts importants : Slack est par exemple leader des ChatOps. Son interface très simple est de nature à stimuler la productivité. Cette application regroupe autour d’elle plus de 750 applications tierces.

Slack dispose ainsi pour le partage de code de connecteurs pour GitHub, Bitbucket, HubSpot, Heroku et Pingdom. L’utilisation de Slack est également extensible aux utilisateurs externes de l’entreprise, ce qui n’est pas le cas de Teams.

Microsoft Teams se fonde grandement sur la puissance de feu de Microsoft. Cette plateforme collaborative tire sa force de l’écosystème Office 365. Teams est en mesure de solliciter Planner pour la répartition des tâches entre les différents membres d’une même équipe, comme il peut faire appel à OneDrive pour l’échange rapide et sécurisé de documents, ou OneNote pour la création d’un carnet de notes partages ou encore Skype pour le lancement de conférences téléphoniques ou visioconférences.

Cette richesse fonctionnelle de l’interface de Teams lui offre des possibilités de développement intéressantes. Elle est de nature à séduire les grandes sociétés qui seraient emballées à l’idée de bénéficier de la plateforme collaborative dans le cadre d’une offre englobant diverses applications Office 365.

Cependant, l’écueil auquel se heurte Teams demeure le nombre limité de connecteurs applicatifs. Les entrepreneurs débutants rechignent souvent à recourir à cette application qui empêche la collaboration externe. Teams gagnerait également à éviter de tomber dans une sorte de redondance avec d’autres applications déjà présentes d’Office 365.

Slack, quant à lui, a le défaut de sa qualité puisqu’il représente un produit « stand alone ». Du point de vue de la sécurité, comme il incite au shadow IT, Slack court beaucoup plus le risque d’être piraté que Microsoft Teams. Le prix est également l’un des indicateurs à prendre en considération dans la comparaison entre Slack et Teams : la version payante de Slack coûte entre 5,90 euros et 11,40 euros par mois alors que le prix d’Office varie entre 4,20 et 34,40 euros selon les offres par utilisateur et par mois.

Néanmoins, il n’existe de version Freemium que pour Slack. Celle-ci est rapidement délaissée en raison des options limitées qu’elle offre aux utilisateurs : bien qu’elle puisse faire interagir un nombre illimité d’utilisateurs, sa capacité de stockage de fichiers est limitée à 5 Go, l’historique des messages restreint à 10 000 messages et son intégration limitée à seulement 10 applications tierces. D’où le report logique des utilisateurs de la version Freemium sur la version payante. A titre de comparaison, le prix de la version la moins chère de Slack demeure relativement élevée par rapport à l’offre de Teams. Sur le long terme, ceci pourrait poser problème. Les start-ups en mesure de connaître un développement rapide risquent de se détourner de Slack au profit d’Office 365 et Teams eu égard du rapport qualité-prix.

Parler de bataille en ce qui concerne Slack et Microsoft est quelque peu exagéré dans la mesure où la start-up et le géant américains visent des profils de clients diamétralement opposés. C’est pourquoi les deux entreprises poursuivent des stratégies de développement différentes.

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