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La télévision sur mobile est aujourd’hui en France sur les rails.

BtB / Mobile / SMS / Nokia
Par La Rédaction,  publié le 12 octobre 2005 à 8h25, modifié le 6 juillet 2020 à 12h16.

La télévision sur mobile
est aujourd’hui en France sur les rails. Soutenue par le gouvernement et les
industriels, ce service est actuellement testé en grandeur nature par les
opérateurs et les équipementiers Tout ce petit monde le sait : les
consommateurs attendent avec impatience la TV sur mobile en direct et sont
prêts à payer entre 5 et 10 euros par mois pour y accéder. Chez Orange France, les abonnés 3G qui consomme de la télé la
regarde en moyenne 25 minutes par mois! Une véritable manne !

Pour autant, malgré ces
expérimentations en cascade et les effets d’annonce de la part des opérateurs
mobiles, force est de constater que de très nombreuses questions techniques,
réglementaires… sont encore en suspens. Et il faudra bien que le secteur
fasse des choix avant un lancement massif attendu pour fin 2006.

Ces questions et
problématiques ont été abordées lors des deuxièmes assises de la TV Mobile
organisées au Sénat, un colloque réunissant la plupart des acteurs concernés.

DVB-H, DVB-T, Satellite:
quid des technologies ?

Jusqu’à il y a peu, tous
le monde s’accordait à plébisciter la norme DVB-H, dérivée de la TNT, pour
proposer la TV sur mobile. Largement poussée par Nokia, prête
technologiquement, cette norme est pour les analystes celle qui sera le plus
utilisée à terme. Mais aujourd’hui, le DVB-H est critiqué car limité. "La
question des fréquences pose problème", explique Gilles Bregant, directeur
technique pour le CSA (Conseil supérieur de l’Audiovisuel). Le DVB-H a un coup
d’avance, mais rien n’est fait ! L’explication est simple : le DVB-H exploite
le réseau hertzien analogique UHF qui aujourd’hui est saturé en France. Il le
sera tant que les chaînes hertziennes ne basculeront pas de l’analogique au
numérique. Ce qui prendra du temps. Faute de fréquences libres, l’offre en
chaînes sera limitée. Pire, cette norme poserait problème pour une diffusion ‘indoor’
où elle est faible (à l’intérieur des immeubles). Or, ce mode de consommation
est attendu par les utilisateurs, selon les retours d’expérience des opérateurs
qui ne s’attendaient pas à ce résultat. "Si le ‘indoor’ est prédominant
dans les usages, il faudra se poser la question d’une technologie
alternative", prévient Didier Huck, VP chez Thomson.

Deux solutions sont
possibles :

La première consiste à
libérer les fréquences analogiques (pas avant 2010-2012)
mais cela pose un problème de réglementation. Par ailleurs, se pose la question
de la rémunération des fréquences libérées. "Il n’y a aucune raison que
les opérateurs ne payent pas un droit d’occupation", explique Daniel
Boudet de Montplaisir, auteur du rapport "Télévision numérique et mobilité".

La seconde consiste à se
tourner vers une autre technologie. Précisément, l’idée est de mixer DVB-H et
satellite (avec répétiteur terrestre).
"Cette technologie mixte d’accès a fait ses preuves", souligne Nick
Stubbs, directeur général d’Astra France. "Elle permet une meilleure
qualité et une meilleure couverture, notamment en ‘indoor’".Même tonalité
pour Olivier Coste, directeur de la stratégie et du développement pour Alcatel
Space : "Nous nous orientons clairement vers une proposition mixte, satellite/terrestre
qui permet une couverture globale et un nombre plus important de chaînes. Par
ailleurs, le satellite permet une exploitation même en cas de catastrophe
naturelle par exemple, ce qui n’est pas le cas des réseaux terrestres".

Standardiser au niveau
européen

La tentation est grande
pour les industriels de proposer, voire d’imposer des technologies
propriétaires. Certains pays pourraient de leur côté opter pour une technologie
différente de celle de son voisin. Ces deux possibilités pourraient tuer le
marché…et malheureusement sur quatre continents
(Europe, Usa, Chine, Japon) les normes s’affrontent. Un standard ouvert
et commun, au moins en Europe, est crucial", martèle un directeur
technique d’Eutelsat. "Il s’agit d’un critère déterminant pour assurer la
continuité de service et la solidité du modèle économique de la TV sur
mobile", renchérit Bertrand Mabille, directeur de la stratégie et de la
réglementation pour SFR.

Les contenus feront la
différence, pas la technologie

Pour bon nombre d’observateurs,
le coeur du problème est ici. A l’étranger, certains services de TV mobile sont
de véritables bides à cause de la faiblesse des contenus. C’est le cas au Japon
qui utilise un système basé sur le satellite. "Seulement 20.000 personnes
se sont abonnés au service après un an d’activité", observe Florence Le
Borgne, analyste à l’Idate. "L’absence des chaînes publiques est un lourd
handicap. L’offre doit être assez équivalente à celle proposée sur les réseaux
classiques avec des chaînes spécialisées supplémentaires. La présence des
grands noms des médias est indispensable, et les efforts marketing des
opérateurs devront être soutenus ", souligne l’analyste.

Contrainte
pour produire du contenu

Les terminaux
et réseaux en sont la principale cause, il faut des formats différents dès lors
que l’on s’adresse à un écran 2 » ( 5cm ) ou 7 » (20cm), la fluidité est aussi
à considérer. L’UMTS affiche 15 images par seconde, le DVB-H propose lui 25
images/seconde. Les usages sont aussi une problématique à résoudre, on ne
consomme pas de la même façon dans une voiture en ville (trajet court) que sur
autoroute (trajet plus long), idem avec le terminal mobile lui-même qui est
plutôt fait pour des usages courts. Le contenu existant des principale chaîne
de télévision (France télévision produit chaque jour 100 JT) nécessite une
production spécifique ce qui implique une explosion des coûts ? Et la
rentabilité de cet investissement sera-t-elle au rendez-vous !

Impact sur les
usages

Doit-on
produire en gros plan, avec quels formats et quelles normes d’encodages ?
Doit-on gérer la voix de retour, avoir un flux continu ou à la demande ?
Quid de la gestion des droits et des accès ? Autant de questions qui
trouveront leurs réponses sur plusieurs années.

Un cadre réglementaire à
préciser

Enfin, il faudra se
mettre d’accord sur la distribution des rôles au niveau de la réglementation.
Le contrôle du CSA sera-t-il total ? Dans quelle mesure l’Arcep, le régulateur
des télécoms, pourra-t-il faire entendre sa voix ?

Le Business
Model

Comment vendre
le contenu produit ? Les choix des
opérateurs en la matière seront primordiaux : à la durée, à l’abonnement,
aux téléchargement … ou par la publicité ? Le format est-il adapté à des
coupures publicitaires ? Peut on imaginer du co-branding comme avec les lessiviers
aux USA qui ont lancé les séries TV ? N’oublions pas non plus les usages des
consommateurs. Quel est le service qui marche, auquel personne ne s’attendait
et qui ne coûte que quelques centimes d’euros : le SMS.

Selon le cabinet Informa
Telecoms, en 2010 on comptera 124,8 millions d’utilisateurs pour la TV mobile.
Selon l’auteur de ce rapport, la technologie DVB-H, représentera à cette date
60% du marché. Les combinés capables de diffuser de la TV en direct
s’écouleront à 83 millions d’exemplaires en 2010 contre 130.000 en 2005. Source silicon.fr et texte en rouge servicesmobiles.fr

 

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