Les milliards promis pour Choose France : état des lieux des investissements annoncés

Image d'illustration. Choose FranceADN
Des milliards d’euros sont attendus dans le cadre de l’initiative Choose France, qui vise à attirer de nouveaux investissements étrangers. Un état des lieux s’impose pour comprendre l’ampleur des engagements financiers annoncés et leurs enjeux économiques.
Tl;dr
- 20 milliards d’euros d’investissements étrangers attendus en France.
- Les data centers et l’industrie en première ligne.
- Accent sur la culture, l’écologie et la mobilité.
Choose France : un sommet sous le signe de l’investissement record
Au château de Versailles, c’est un ballet bien particulier qui s’annonce ce lundi. Plus de 200 CEOs venus du monde entier se réunissent autour d’Emmanuel Macron pour la huitième édition du sommet Choose France. Sous le thème évocateur « France, terre de créativité », l’objectif est clair : séduire les investisseurs étrangers et montrer que l’Hexagone reste une destination phare pour l’innovation et la croissance.
Un chiffre, déjà, donne la mesure : selon le dernier baromètre EY, la France conserve son statut de premier pays européen en matière d’investissements étrangers pour la sixième année consécutive. Malgré une légère contraction du nombre de projets (-14 %), le cru 2024 s’annonce exceptionnel avec un montant inédit de 20 milliards d’euros d’engagements. Un record que la présidence n’a pas manqué de souligner à la veille des annonces officielles.
Des data centers aux infrastructures vertes : panorama des grands projets
Cette année, les grands chantiers liés au numérique occupent une place prépondérante. Plusieurs géants mondiaux ont confirmé leurs investissements dans des centres de données ou « data centers ». Ainsi, Prologis, acteur américain, va engager 6,4 milliards d’euros dans des entrepôts logistiques et quatre data centers en Île-de-France. De son côté, le canadien Brookfield poursuit son expansion à Cambrai (10 milliards) tandis que l’américain Digital Realty, déjà engagé à Marseille et Dugny, alloue encore 2,3 milliards. Parmi les autres annonces marquantes :
- Circ, pionnier du recyclage textile chimique américain : première usine mondiale en Moselle (450 millions d’euros) ;
- L’espagnol Cellnex investit 2,5 milliards dans les réseaux télécoms ;
- Mars Inc., mastodonte agroalimentaire américain, engage plus de 100 millions pour moderniser ses sites français.
N’oubliez pas découter le podcast « Le garage des Telcos » avec Sami Slim, CEO de TeleHousse France, qui décrypte les nouvelles approches : immersion cooling, optimisation énergétique, et même la possibilité de datacenters autonomes pilotés par l’IA. Entre innovations fascinantes et enjeux géopolitiques, ce podcast vous donne les clés pour comprendre le futur des infrastructures numériques et télécoms.
Coup de projecteur sur la culture, l’écologie et la mobilité
L’accent mis cette année sur la culture se concrétise par l’annonce d’un investissement notable de Netflix, qui dédie 250 millions à la production française. Dans le secteur du tourisme et du divertissement, le fonds saoudien Qiddiya signe un protocole d’accord stratégique.
La décarbonation industrielle n’est pas en reste : huit nouveaux projets verront le jour, dont une coentreprise franco-allemande entre H2V et Hy2gen visant à produire un carburant d’avion durable (1,5 milliard). Sur le plan mobilité enfin, signalons la création prochaine d’une importante usine européenne de camions électriques par le chinois Windrose Technology (175 millions), tandis que deux nouveaux navires World Class seront construits à Saint-Nazaire grâce à un contrat passé avec MSC Croisières (3,5 milliards).
L’attractivité française toujours au rendez-vous ?
Si certains secteurs comme la finance, citons ici les investissements massifs de Revolut (1 milliard) ou l’arrivée du London Stock Exchange à Paris – confirment leur confiance dans l’écosystème français, c’est aussi grâce à ce que beaucoup décrivent désormais comme un « paradis énergétique » pour les technologies gourmandes en électricité grâce au nucléaire tricolore. Reste que ces annonces font écho aux défis actuels – pression écologique croissante, besoin vital de souveraineté industrielle –, mais témoignent aussi d’une conviction persistante : celle qu’au cœur des incertitudes mondiales, la France demeure une place forte où investir.