Infracos change de main : vers une nouvelle ère des télécoms passifs

Image d'illustration. Vue aérienne de londres avec des tours de télécommunicationADN
Bouygues Telecom et SFR entament la cession d’Infracos à Phoenix Tower. Une opération stratégique sur 3 700 sites radio, aux enjeux financiers et réglementaires majeurs, attendue pour fin 2025.
Tl;dr
- Bouygues Telecom et SFR veulent céder Infracos à Phoenix Tower.
- 3 700 sites radio mutualisés concernés par la transaction.
- Cession attendue pour fin 2025, sous conditions réglementaires.
Négociations exclusives autour d’Infracos
Alors que le marché des infrastructures télécoms reste en pleine mutation, Bouygues Telecom et SFR amorcent une nouvelle étape en annonçant l’ouverture de négociations exclusives avec Phoenix Tower International. L’objectif : la cession de 100 % du capital et des droits de vote de leur coentreprise, Infracos, société clé dans la gestion d’infrastructures passives en France. Cette opération marquerait un tournant pour les deux opérateurs qui, depuis près de dix ans, partagent la gestion d’environ 3 700 sites radio mutualisés via Infracos.
L’origine d’Infracos et ses activités stratégiques
Créée en 2014 à la faveur des accords dits « Crozon », Infracos se présente comme un levier majeur pour le déploiement des réseaux mobiles dans les zones moins denses. Détenue à parts égales par Bouygues Telecom et SFR, cette entité assure non seulement la gestion patrimoniale mais aussi l’exploitation d’infrastructures dont elle détient les baux ainsi que l’ensemble des éléments passifs. Un contrat d’hébergement permet aux deux actionnaires de bénéficier de ces ressources essentielles.
Phoenix Tower International, un acteur déjà implanté
Ce n’est pas par hasard que le choix s’est porté sur Phoenix Tower International. Cette entreprise spécialisée dans la construction et la gestion d’infrastructures mobiles a été retenue au terme d’un appel d’offres très concurrentiel. Présente aux côtés de Bouygues Telecom depuis 2020, elle s’impose désormais comme le partenaire privilégié pour reprendre les rênes d’Infracos.
Conséquences attendues et calendrier envisagé
Les conséquences financières escomptées sont loin d’être anecdotiques : selon les prévisions de Bouygues Telecom, cette cession pourrait améliorer son endettement financier net de l’ordre de 300 à 350 millions d’euros. Mais attention, tout n’est pas joué : l’opération reste soumise à plusieurs étapes incontournables, parmi lesquelles figurent :
– La consultation des instances représentatives du personnel ;
– L’obtention des autorisations nécessaires auprès des autorités compétentes telles que l’ARCEP, les Autorités de Concurrence et le Ministre chargé de l’économie.
Si toutes ces conditions sont réunies, la finalisation du dossier est espérée avant la fin de l’année 2025. Pour les acteurs du secteur, cette transaction pourrait bien redessiner les contours du paysage télécom français.