SMS et Parking
La téléphonie de troisième génération, dite 3G, fait un démarrage prudent en France. Les 2 opérateurs présents sur ce marché, Orange et SFR, annoncent des chiffres d’abonnement mitigés (environ 100 000 abonnés 3G pour chacun). Quant à Bouygues Telecom, pas du tout convaincu de l’eldorado 3G, il préfère actuellement miser sur la technologie intermédiaire Edge.La 3G est une technologie de téléphonie mobile à haut débit qui succède à la norme GSM. Elle s’appuie sur de nouveaux réseaux d’infrastructures qui sont déployés par la plupart des opérateurs mobiles dans le monde. Ces opérateurs misent sur la 3G pour proposer à leurs clients des services data hauts débits (Photo, Internet, visiophonie, télévision et jeux notamment) qui sont supposés venir compenser le déclin des revenus issus des appels vocaux.Parti plus tard que ces voisins européen et mondiaux, la France profite de l’expérience 3G accumulée en Asie premier marché historique de la 3G. Les facteurs clé de succès de ce pari technologique sont maintenant bien connus.Il faut d’abord que le réseau 3G d’un opérateur ait une large couverture et qu’il soit fiable. En l’occurrence, la 3G ne dessert pour l’instant que 45% des français mais les opérateurs en décidant d’associer leur couverture 3G à la technologie Edge peuvent afficher un taux de couverture de 85% de la population. On peut raisonnablement estimer que quasiment l’intégralité des français sera couvert par un réseau 3G d’ici à fin 2008.Ensuite, les téléphones mobiles (car il est nécessaire de s’équiper d’un terminal compatible 3G pour profiter de services multimédia) doivent être largement diffusé et abordable. Si les premiers terminaux n’étaient pas pratiques, leurs mémoires insuffisantes pour profiter pleinement de services multimédia et s’ils ne proposaient que peu de fonctionnalités avancées, aujourd’hui on voit apparaître de véritable concentré de technologies qui permettent de stocker ses fichiers MP3, de prendre des photos et de surfer sur Internet dans d’excellentes conditions.
Enfin, last but not least, les services doivent être pratiques, répondre à un besoin et être simples à utiliser.
Pour répondre à cette exigence, les opérateurs multiplient les lancements de services et les effets d’annonce. L’offensive porte principalement sur l’offre de télévision pour mobile. SFR vient ainsi d’annoncer le lancement d’un bouquet de 42 chaînes de télévision en direct avec des programmes spécifiquement adapté au canal mobile (dont la durée des émissions). Il est ainsi possible e visionner sur son téléphone les News de LCI, le « 6 minutes » de M6. Orange n’est pas en reste puisqu’il possède les droits de retransmission sur mobiles de la « Star Academy », de Roland Garros et de la ligue 1 de football.Pour l’instant ces services, auxquels il faut ajouter la visiophonie, le streaming de vidéos et de clips, n’ont pas permis à nos opérateurs nationaux de susciter un fol engouement autour de la 3G. Si les chiffres d’abonnement sont modestes, le profil de consommation des abonnés 3G est plutôt encourageant. Environ 50% d’entres eux consomment de la vidéo et ils sont près de 40% à regarder la télévision en direct sur leur mobile (taux d’usage comparable à ceux constatés chez les abonnés à la 3G en Corée et au Japon).
Les opérateurs mobiles français peuvent a priori se réjouir car deux services devraient réveiller la 3G : la musique et la vidéo à la demande.
Selon une étude réalisée par le Management Network Group, 55% des jeunes américains se disent prêt à utiliser un service leur permettant d’écouter la radio sur leur mobile et 50% sont intéressés par le téléchargement de musique. La musique apparaît belle et bien comme le principal levier de croissance parmi les nouveaux usages de la téléphonie mobile. SFR a d’ailleurs annoncé que la musique représentait le cœur de sa stratégie 3G.Dès 2006, grâce à l’arrivée de la norme DVB-H permettant de distribuer de la vidéo en broadcasting, c’est la vidéo à la demande qui devrait fortement contribuer au décollage de la 3G. On pourrait alors atteindre entre 10 et 13 millions d’abonnés 3G en France à l’horizon 2009 soit de 18 à 30% du parc mobile.Le succès de la 3G passe également par la simplification des tarifs d’accès aux services 3G encore largement trop confus (coexiste des paiements à la session, au téléchargement, au volume, selon des heures creuses, etc.). Si la complexité de la facturation devrait être réglé rapidement, les opérateurs français devront absolument éviter de s’engager à cette occasion dans une guerre des prix qui verrait in fine le revenu moyen par abonné baissé comme cela a été le cas au Japon.