WhatsApp : l’arrivée des discussions inter-apps bientôt possible en Europe

Image d'illustration. WhatsAppADN
WhatsApp prévoit de rendre possible l’échange de messages avec des applications concurrentes en Europe. Cette évolution s’inscrit dans le cadre du respect des nouvelles régulations européennes sur l’interopérabilité des plateformes de messagerie.
Tl;dr
- WhatsApp s’ouvre à la messagerie tierce en Europe.
- Lancement avec BirdyChat et Haiket, tests concluants.
- Respect du DMA, confidentialité préservée selon Meta.
Cap sur l’interopérabilité pour WhatsApp en Europe
C’est un virage stratégique que prend aujourd’hui Meta Platforms. Pour se conformer au très scruté Digital Markets Act (DMA), la maison mère de WhatsApp annonce l’ouverture de sa messagerie aux plateformes concurrentes, une décision qui pourrait bien rebattre les cartes du marché européen.
Premiers partenaires, premiers pas
Ce sont d’abord deux acteurs émergents de la scène européenne, BirdyChat et Haiket, qui inaugureront cette nouvelle ère. Grâce à une intégration technique mise au point en concertation avec la Commission européenne, les utilisateurs de WhatsApp pourront, dans les prochains mois, échanger textes, images ou vidéos avec ces applications partenaires. Concrètement, une option d’activation apparaîtra dans le menu des paramètres de WhatsApp pour les résidents européens. Une fois activée, elle offrira la possibilité de communiquer sans frontières entre applications ; la fonctionnalité « groupes » sera accessible un peu plus tard.
Sécurité et confidentialité en ligne de mire
Ce changement majeur ne s’est pas fait à la légère. Après plus de trois ans de travaux menés main dans la main avec des services européens et sous l’œil attentif des régulateurs, Meta met l’accent sur un principe : le respect absolu de la vie privée. Les nouveaux services devront garantir un niveau d’encryption de bout en bout identique à celui offert par WhatsApp, et chaque utilisateur aura toujours le loisir de désactiver cette interopérabilité s’il le souhaite.
À travers ce dispositif inédit pour l’application phare du groupe – il convient de rappeler que les essais menés jusqu’ici se sont révélés « réussis » selon l’entreprise –, l’objectif affiché reste double : satisfaire aux exigences du DMA tout en préservant les standards élevés qui ont forgé la réputation de WhatsApp sur la question des données personnelles.
L’avenir sous surveillance réglementaire
L’annonce intervient alors que la pression réglementaire se fait sentir : en avril dernier, Bruxelles a infligé une amende de 200 millions d’euros à Meta, sanctionnant son modèle publicitaire controversé « consentement ou paiement ». Si cette ouverture à l’interopérabilité est saluée par certains comme une avancée majeure pour les consommateurs européens, elle marque aussi un tournant dans le rapport de force entre géants numériques et institutions européennes.
D’autres services pourraient être ajoutés prochainement à cette liste restreinte de partenaires ; preuve que l’histoire ne fait peut-être que commencer…