L’Europe impose une nouvelle règle : fin du péage Google ?

Image d'illustration. Google EuropeADN
Sous pression du Digital Markets Act, Google autorise enfin les paiements directs hors Play Store. Une victoire pour les développeurs et un tournant stratégique pour l’écosystème mobile en Europe.
Tl;dr
- Google autorise désormais les paiements directs hors Play Store.
- L’Union européenne impose le respect du Digital Markets Act.
- Les développeurs pourraient toucher une plus grande part des revenus.
Un changement imposé par Bruxelles
Après des années de tensions entre développeurs d’applications et Google, la firme américaine amorce un virage en Europe. La pression n’a cessé de s’intensifier depuis que le Digital Markets Act (DMA) est entré en vigueur, poussant les géants du numérique à ouvrir davantage leurs plateformes. Désormais, selon une annonce faite ce mardi 19 août relayée par Bloomberg, Google va permettre aux éditeurs d’orienter directement les utilisateurs vers des sites externes pour régler abonnements, achats numériques ou mises à niveau. Un changement de cap majeur, longtemps attendu.
La fin du monopole sur les paiements in-app ?
Jusqu’ici, tout achat au sein du Play Store devait passer par la solution de paiement maison, privant les développeurs d’une partie substantielle de leurs revenus — jusqu’à 30 % prélevés sur chaque transaction. Avec le lancement du nouveau dispositif baptisé « External Offers Program », ce verrou saute partiellement : il sera possible d’inviter les utilisateurs à payer hors Play Store. Par ailleurs, la commission prélevée lors de la première année d’acquisition passe de 10 % à 3 %, même si une tarification à plusieurs niveaux subsiste pour couvrir, selon l’entreprise, des « frais liés à la sécurité et à la plateforme ».
L’équilibre entre ouverture et sécurité
Du côté de Google, la prudence reste de mise. Clare Kelly, conseillère principale concurrence chez le groupe, souligne que « déplacer les consommateurs hors de l’environnement sécurisé du store présente de sérieux risques pour leur sécurité ». Des chercheurs indépendants reconnaissent le danger potentiel — fraudes ou applications malveillantes — mais certains estiment aussi que le géant aurait pu amplifier ces arguments pour préserver son modèle lucratif.
Cette évolution ouvre toutefois des perspectives nouvelles :
- Paiements diversifiés et potentiellement moins chers pour les usagers.
- Marge financière accrue pour nombre d’éditeurs.
Sous surveillance européenne permanente
La Commission européenne ne relâche pourtant pas son emprise sur les «gatekeepers» comme Apple, Meta, ou encore Microsoft. Depuis l’an dernier, le DMA interdit tout favoritisme interne et expose les contrevenants à des amendes allant jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires mondial — sanction doublée en cas de récidive. Les prochaines semaines seront décisives : si Bruxelles estime ces mesures insuffisantes, l’américain pourrait être sommé d’en faire plus sous peine de nouveaux litiges ou pénalités.
En somme, l’équilibre reste fragile pour Google, qui doit composer avec une réglementation européenne exigeante sans renoncer trop brutalement à ses propres intérêts commerciaux.