Russie : WhatsApp et Telegram sous nouvelles restrictions

Image d'illustration. Surveillance and censorship codeADN
Le régulateur russe limite les appels sur WhatsApp et Telegram, accusés de ne pas coopérer avec les autorités. Une mesure qui relance le débat mondial sur chiffrement, sécurité et liberté d’accès aux communications.
Tl;dr
- La Russie limite les appels sur WhatsApp et Telegram.
- Accusations d’usage pour fraude et activités illicites.
- D’autres pays restreignent aussi WhatsApp partiellement ou totalement.
Des restrictions croissantes sur WhatsApp en Russie
Depuis mercredi, les autorités russes imposent de nouvelles limitations aux appels via WhatsApp et Telegram. Cette décision, annoncée par le régulateur national des communications, le Roskomnadzor, s’inscrit dans un contexte déjà tendu entre la Russie et plusieurs grandes plateformes étrangères. Le gouvernement russe reproche à ces messageries chiffrées de ne pas collaborer pour empêcher « la tromperie, l’extorsion et l’implication de citoyens russes dans des actes de sabotage ou de terrorisme », selon un communiqué relayé par l’agence Interfax.
L’enjeu du chiffrement et la réponse des plateformes
La spécificité de ces applications – leur chiffrement poussé – rend difficile tout contrôle par les autorités. Les dirigeants de Meta, maison-mère de WhatsApp, rétorquent que la confidentialité fait partie intégrante du service : « WhatsApp est privé, chiffré de bout en bout, et résiste aux tentatives des gouvernements de violer le droit à une communication sécurisée ». Ils expriment également leur inquiétude : bloquer l’application pourrait forcer les utilisateurs russes vers des outils moins sûrs, donc plus exposés à la surveillance.
Ce n’est pas la première fois que la Russie tente d’imposer sa volonté. En 2018 déjà, une tentative de blocage avait visé Telegram après son refus d’ouvrir l’accès aux messages privés à la sécurité intérieure russe. L’initiative s’était avérée inefficace ; le fondateur Pavel Durov était resté inflexible.
L’exemple russe dans un paysage mondial sous tension
Au-delà du cas russe, d’autres nations ont également pris des mesures contre WhatsApp. Certaines l’ont purement interdit :
- Chine, où WeChat domine depuis 2017 après le blocage complet du service.
- Corée du Nord, qui limite sévèrement tous les réseaux sociaux étrangers depuis 2016.
D’autres pays comme les Émirats arabes unis ou le Qatar restreignent principalement les appels vocaux sur internet (VoIP), tandis que certains pratiquent des interdictions temporaires ou modulées, à l’image de l’Iran ou la Turquie.
L’accès contourné mais inégalitaire à Internet en Russie
En Russie même, contourner ces blocages exige souvent le recours à un VPN, une solution technique loin d’être maîtrisée par tous : près d’un citoyen sur deux ignore comment y accéder. Ce fossé numérique contribue à accroître la dépendance envers des services alternatifs ou nationaux, tout en posant question sur le futur du web ouvert dans cette région du monde.