Publié le 9 avril 2020, modifié le 9 avril 2020.
Par Christophe Romei

Traçage des données mobiles dans la lutte contre le Covid-19

Publié le 9 avril 2020, modifié le 9 avril 2020.
Par Christophe Romei

Il est vital de comprendre comment les maladies et les agents pathogènes traversent les populations à l'aide des données des téléphones portables.

Alors que le Contrôleur européen de la protection des données a appelé à l’utilisation d’une seule application mobile dans l’Union européenne pour garantir que les réglementations ne soient pas enfreintes par des tentatives de suivi de la maladie. Toute information recueillie à des fins de suivi devra être supprimée après 90 jours ou dès que la pandémie est sous contrôle, tandis que tous les détails qui pourraient identifier des personnes devront être immédiatement supprimés.

Lorsque l’Organisation mondiale de la santé a lancé une initiative en 2007 pour éliminer le paludisme à Zanzibar, elle s’est tournée vers une source inhabituelle pour suivre la propagation de la maladie entre l’île et l’Afrique continentale : les téléphones portables vendus par des groupes de télécommunications tanzaniens, dont  Vodafone , l’opérateur mobile britannique.

En travaillant ensemble et en partageant les connaissances, il y a de meilleures chances de vaincre la pandémie, mais force de constater qu’il est difficile de mettre en ordre de marche des nations sur une même position aussi simple que de tracer des gens pour sauver des vies ! La gravité de la situation appelle à se saisir tous les moyens à disposition, sans toutefois compromettre les valeurs et les libertés.

Le 27 mars, la revue scientifique Nature Medicine pose ainsi les termes du débat : l’éthique ne doit pas nécessairement fermer la porte à la géolocalisation des personnes, mais doit encadrer ses usages.  Une analyse des potentiels et des limites sur le traçage des données mobiles dans un monde qui compte désormais plus de 3,4 milliards de personnes confinées devient impérative, Mounir Mahjoubi, député de Paris a rédigé une note parlementaire dans laquelle il souhaite alimenter utilement le débat public sur l’utilisation des données mobiles des citoyens en situation d’épidémie exceptionnelle et grave.

Il rappelle que cette note n’exprime pas son avis personnel, mais elle est un outil à la main du Parlement, des autorités en charge et de tous les citoyens pour les aider à mieux appréhender le sujet dans sa complexité. Il s’agit de penser et de construire les meilleures solutions pour la France.

Nous sommes les champions en France  pour faire des analyses et soumettre cela à des débats dans des comités, mais la situation demande de l’agilité afin de prendre des décisions  agile, rapide avec bon sens. Certes, elles ont besoin d’être éclairées, cela tombe bien nous avons surement les meilleurs experts chez les opérateurs  pour mettre en oeuvre ce qu’il faut faire ! Il y a déjà des solutions en place y compris chez des prestataires qui maitrisent la géolocalisation et les technologies respectueuses des règlements tels que le RGPD…

En attendant (nous avons passé le cap des 10 000 morts en France) intéressons-nous au document qui rappelle l’usage du traçage des données mobiles dans la lutte contre la pandémie de Covid-19 qui répond à trois finalités :

1. L’observation des pratiques collectives de mobilité et de confinement (i.e. cartographie des
déplacements de population).
2. L’identification des sujets “contact” (i.e. backtracking ou contact tracking).
3. Le contrôle des confinements individuels (i.e. tracking ou bracelet électronique virtuel).

Plusieurs technologies supportent ces usages à travers le monde :

    • Le bornage téléphonique,
    • Des applications GPS,
    • Des applications Bluetooth,
    • Les systèmes de cartes bancaires et de transport,
    • La vidéosurveillance, dotée ou non d’intelligence artificielle.

Les opérateurs

Les opérateurs télécoms dans de nombreux domaines font déjà du tracking, dans le marketing, pour les autorités judiciaires, leur station de base et depuis peu pour lutter contre le covid19.

    • Deutsche Telekom , Telecom Italia , Vodafone Italy , Wind Tre et Telekom Austria ont partagé des données anonymes avec les autorités sanitaires pour analyser si les citoyens ont respecté les mesures de distanciation sociale afin de limiter la propagation de la maladie.(permettant aux autorités de cartographier les mouvements des abonnés). L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a reconnu que la technologie joue un rôle important dans la lutte contre le Covid-19 , mais a souligné que les règles de confidentialité et de sécurité ne devaient pas être contournées lors de la collecte d’informations clés dans le cadre des efforts.
    • Vodafone a déclaré à Reuters qu’il avait fourni des données agrégées et une carte thermique pour la région italienne de Lombardie, qui, selon le média, était la zone la plus touchée du pays. Les données globales pour la région ont montré une baisse de 60% des mouvements de plus de 500 mètres. La crise des coronavirus provoquait une augmentation du trafic de données sur ses réseaux, la demande augmentant déjà de 50% sur certains marchés.
    • Les autorités allemandes pourraient relever le défi de contester les règles strictes de protection des données du pays en déployant une application pour surveiller les infections en cours de développement par l’ Institut Fraunhofer Heinrich-Hertz .
    • En Australie, l’opérateur VHA partage les données de géolocalisation pour aider à combattre la pandémie

Alors, allons-y !

Réflexion

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