Face à une demande de calcul annoncée en hausse vertigineuse, Ricursive veut confier à l’IA la conception des puces pour aller plus vite et mieux.
En bref
- Ricursive Intelligence veut automatiser le design de puces
- La demande de calcul pourrait être multipliée par 10.000
- L’objectif, aller plus vite avec des puces plus efficaces
Multiplier la capacité de calcul par 10.000 sans multiplier les data centers par 10.000, c’est le point de départ. Et c’est aussi ce qui rend le pari de Ricursive Intelligence assez sérieux.
Sur la scène de TechCrunch Disrupt, Anna Goldie et Azalia Mirhoseini ont détaillé l’ambition de leur startup, développer une IA capable de concevoir des puces, d’apprendre de chaque itération puis d’améliorer les versions suivantes. L’idée n’est pas juste d’accélérer un flux de travail existant. Elle consiste à automatiser une partie centrale du design matériel.
Une crise du calcul qui ne se règle pas avec plus de data centers
Anna Goldie a posé un cadre très direct. Selon elle, les cinq prochaines années pourraient voir la demande de calcul augmenter d’au moins 10.000 fois, et cette estimation serait même prudente. Le contraste est là, on parle souvent d’IA côté logiciels, alors que le verrou est déjà très concret, l’infrastructure.
Pour Ricursive Intelligence, la réponse ne peut donc pas se limiter à empiler des centres de données. La startup vise des puces plus efficaces, capables de mieux utiliser la bande passante dans les data centers, mais aussi les wafers et les fabs. Bref, l’enjeu est industriel autant qu’énergétique.
L’IA ne dessine pas comme les ingénieurs l’attendent
Le point le plus intéressant est peut-être là. Les fondatrices expliquent que l’IA bouscule les méthodes traditionnelles en trouvant des agencements inattendus, parfois meilleurs que les schémas classiques.
Elles citent notamment AlphaChip, le système qu’elles avaient développé auparavant. Il avait produit une organisation circulaire des composants, en forme de donut, qui avait d’abord surpris les ingénieurs avant de faire ses preuves. Même logique avec l’approche actuelle, optimiser la puce entière plutôt que la découper en dizaines de blocs plus petits. Ce choix ouvre la porte à des motifs complexes, y compris des formes ondulées, que l’équipe prévoit de détailler plus tard.
Ricursive veut automatiser l’exécution, pas l’idée
Derrière le discours sur l’automatisation, Anna Goldie défend une répartition du travail assez nette. Les humains gardent les idées et la partie créative. L’exécution, elle, peut être prise en charge par l’IA.
Elle l’a formulé ainsi, « Je pense que la manière dont tout évolue, c’est que les humains apportent leurs grandes idées et leurs pensées créatives, et l’exécution est prise en charge par l’IA ». Selon elle, ce basculement est déjà visible dans le développement logiciel, et il arrive maintenant dans le design de puces.
Des puces sur mesure deviennent économiquement plausibles
Aujourd’hui, concevoir une nouvelle puce peut prendre six mois, un an, parfois deux. Dans ces conditions, il faut choisir très peu de projets, parce que chaque design coûte du temps et donc de l’argent.
Si ce délai tombe à une semaine, comme l’envisage Ricursive Intelligence, l’équation change. Des puces personnalisées deviennent alors envisageables pour le spatial, l’AR/VR ou le calcul biologique. Et ce n’est pas un détail, parce que cette accélération rendrait aussi ces choix plus cohérents sur le plan financier, tout en améliorant l’efficacité énergétique.