Entre opération in utero, IA enseignée à l’école et percées sur les puces, la Chine avance sur tous les fronts. Et l’Europe se crispe.
En bref
- Une opération in utero marque les esprits
- L’IA chinoise gagne en ampleur et en efficacité
- L’Europe durcit aussi son approche commerciale
En quelques jours, la Chine a donné un drôle de résumé de sa trajectoire, du bloc opératoire aux modèles d’IA, jusqu’aux standards des puces. Pour l’écosystème mobile et tech, ce n’est pas une suite d’anecdotes. C’est un signal de densité industrielle.
Une médecine de précision avant même la naissance
À Shenzhen, des médecins du Shenzhen Baoan Women’s and Children’s Hospital avec l’Université chinoise de Hong Kong ont traité une tumeur thoracique sur un fœtus, avant la naissance. Le geste est très ciblé, une fine aiguille traversant l’abdomen maternel jusqu’à la tumeur, puis une énergie thermique détruisant le tissu depuis l’intérieur.
Le contexte comptait autant que la technique. La masse grossissait vite et menaçait le développement des poumons et du cœur. Pas d’ouverture de l’utérus, pas de chirurgie fœtale lourde, et une procédure ensuite détaillée dans la revue Ultrasound in Obstetrics et Gynecology. Clairement, la médecine fœtale glisse de la surveillance vers l’intervention minimale quand l’imagerie et l’outil suivent.
L’IA chinoise change d’échelle, à l’école comme en cybersécurité
D’ici 2030, Pékin veut rendre l’enseignement de l’IA accessible dans toutes les écoles. Les familles ont déjà accéléré, avec des réservations de séjours d’étude sur ce thème en hausse de 370% cet été. Le marché chinois de l’éducation à l’IA est attendu autour de 22 milliards d’euros l’an prochain.
Le plus frappant, c’est la coordination. Écoles, universités, pouvoirs publics, entreprises, tout part dans le même sens. Pendant ce temps, sur le front cyber, Anthropic estime que le modèle open-weight GLM-5.3 de Z.ai tutoie ses modèles avancés, avec 50 exploits réussis sur 410 tentatives, contre 56 pour Claude Mythos Preview. Problème, l’accès est beaucoup plus large et les garde-fous jugés plus faibles.
Et l’écart global se resserre. D’après Bloomberg Intelligence, l’avance américaine sur les meilleurs modèles chinois n’est plus que de 3%, contre 15% plus tôt dans l’année puis 9% en mai. La sortie de DeepSeek V4.1 Flash a pesé lourd. Sous restrictions sur les puces Nvidia, les laboratoires chinois optimisent davantage leur calcul et leur matériel domestique. Résultat ? Les contrôles à l’export poussent aussi à l’efficacité.
L’Europe sort la boîte à outils
Ce raidissement ne vient plus seulement de Washington. Emmanuel Macron et Friedrich Merz poussent un mécanisme commercial rapide pour permettre à l’Union européenne de répondre plus vite aux pratiques jugées menaçantes pour l’industrie, subventions massives, dumping, dépendance à certaines chaînes et restrictions sur des matériaux critiques.
Le texte ne vise pas nommément la Chine, mais personne n’est dupe. C’est important parce que l’Europe veut à la fois des batteries, du solaire, des technologies EV et l’accès au marché chinois, tout en voyant ses industriels peiner face à l’échelle et au coût chinois.
Batteries, contenus et RISC-V, la poussée est partout
Sur l’énergie, les fabricants chinois produiraient environ 95% des unités mondiales de stockage batterie pour le réseau. Entre 2020 et 2025, la capacité domestique aurait été multipliée par 20. CATL détiendrait à lui seul plus de 60 000 brevets, pendant que les exportations gagnent le Moyen-Orient et l’Asie.
Mais il y a aussi les usages. En huit mois, plus de 430 000 microdramas ont été mis en ligne en Chine, et plus de 90% auraient été générés par IA. La régulation pousse déjà les plateformes à soutenir davantage les productions en prises de vues réelles, parce que quand produire ne coûte presque plus rien, l’attention devient la vraie rareté.
Et puis les puces. Malgré la guerre technologique, MIPS dit travailler à un niveau inédit avec des entreprises chinoises autour de RISC-V. Son CTO, Yankin Tanurhan, parle d’un travail « très étroit avec la Chine » sur la standardisation. Les gouvernements découplent, les ingénieurs coopèrent encore. Bref, c’est peut-être ça, le vrai point de la semaine.