Qui gagne de l’argent avec le multimédia mobile ?
On définit dans cet article le marché du multimédia mobile comme l’ensemble des dépenses faites par les clients des opérateurs mobiles pour consommer ou commander des services de contenus depuis leur téléphone mobile via SMS, wap, téléchargement ou streaming (hors coût du transport). Sont donc exclus notamment de cette définition, les services de communications multimédia entre deux personnes tels que les SMS et MMS interpersonnels ou la visiophonie. Par François Loviton (co-fondateur d’Inexbee)
Les cinq verrous du multimédia mobile :
Ces usages ne sont donc pas encore tous perceptibles au quotidien ; c’est cependant au travers de ces illustrations que se posent les vraies questions pour mesurer la réalité du marché et les vrais verrous à lever pour le faire progresser :
– le taux d’équipement réel : combien de personnes possèdent réellement un terminal permettant ces usages ?
– le taux de découverte : combien de personnes savent effectivement que ces services existent et savent où les trouver ?
– le taux d’usage réel : combien de personnes passent effectivement la porte de ces magasins virtuels (portails, kiosque SMS+…) ?
– le taux d’achat : combien effectue réellement l’achat ?
– le taux de fidélité réel : combien de personnes reviennent effectivement acheter le mois suivant un autre service ?
C’est seulement à l’aune de cette analyse multiple que l’on peut évaluer objectivement si le marché existe et progresse.
Les chiffres réels du multimédia mobile en France:
Il est acquis que le taux d’équipement en terminaux multimédia est assez développé grâce notamment aux offres commerciales de renouvellement des terminaux : environ 30% des terminaux sont renouvelés chaque année sur le marché français.On peut légitiment espérer que mécaniquement tous les clients des opérateurs mobiles disposeront d’un terminal avec au moins une fonction multimédia d’ici fin 2006 (premières offres multimédia lancées en 2003).Il convient de préciser qu’il y a dans un même temps un nombre limité de clients disposant d’un terminal que l’on pourrait nommer « full multimédia », c’est-à-dire permettant tous les usages : wap, streaming & download video, streaming & download music… le taux d’équipement « full multimédia » est lui d’environ 2% à la fin de l’année 2005.Le taux d’usage de services multimédia commence à décoller sûrement : le taux d’usager multimédia mobile au sens de l’Arcep (nombre d’utilisateurs ayant utilisé (acheté) un service multimédia dans le mois) est de 23,7% (10 787 645 au 2nd trimestre 2005 sur un parc de clients de 45 394 866) et il a cru de 3% entre le 1er et le second trimestre 2005, soit 12% sur une base annuelle.Le taux de fidélisation n’est cependant encore qu’embryonnaire : seulement 20% des utilisateurs ayant téléchargés une sonnerie déclarent le faire à nouveau le mois suivant alors qu’il s’agit de loin du marché le plus important en volume et le plus dynamique (étude Novatris juin 2005).Ces chiffres démontrent donc qu’il y a un vrai potentiel de clients pouvant consommer un service multimédia élémentaire (à distinguer de clients « full multimédia ») et que le nombre de clients potentiels qui passent à l’acte croit plus vite que le marché de la téléphonie mobile, ce qui démontre une croissance de l’usage.Il reste tout de même à installer dans la durée ces usages en réussissant à fidéliser ces clients et poursuivre l’équipement pour passer de terminaux multimédia élémentaire à des terminaux « full multimédia ».Source et suite de l’article elenbi.com