Publié le 4 juin 2020.
Par Christophe Romei

L’un des atouts du traçage numérique à Taïwan, le Cell Broadcast

Publié le 4 juin 2020.
Par Christophe Romei

L'agilité, l'anticipation, la prise de décision et l'utilisation d'outils numérique ont été primordiaux pour la gestion de la pandémie et Taïwan montre l'exemple dans ce domaine. Ci-dessous un extrait de "Pandémie de Covid-19 à Taïwan" sur Wikipedia.

Dès le 31 décembre, les Centres taïwanais de contrôle des maladies (CDC) imposent des mesures d’inspection pour tous les vols provenant de Wuhan, en réponse à cette suspicion d’épidémie de pneumonie. Une équipe d’intervention dédiée à ce phénomène épidémique est formée au sein des CDC dès le 2 janvier.

Puis le 27 janvier, soit le lendemain de la fermeture des frontières aux ressortissants de Wuhan, les bases de données récoltées par l’assurance maladie et l’Agence de l’immigration sont mises en commun afin de mieux tracer le déplacement de ces personnes dites à risque. Après avoir brièvement envisagé plusieurs pistes afin d’améliorer le traçage des personnes, entre autres la mise en place d’un bracelet électronique inspiré du système mis en place à Hong Kong, les autorités collaborent finalement avec les opérateurs (5) de réseau mobile afin de suivre les téléphones des usagers via les données en itinérance.

Cette stratégie de suivi numérique est légalement possible par l’intermédiaire d’une loi autorisant à accéder à ces données sans l’accord de l’utilisateur à titre de mesure d’urgence qui n’est pas utilisée en temps normal

Chaque entreprise de télécommunications a une façon différente de calculer l’emplacement du téléphone, y compris la distance qui le sépare de la tour de réception cellulaire et sa direction par rapport à la tour. le système a été très précis, avec seulement 1% des alertes étant de fausses alarmes. La plupart du temps, les relevés d’emplacement inexacts sont dus à un téléphone se trouvant dans une zone rurale avec une réception de signal inégale, ou en hauteur dans un grand bâtiment où il capte les signaux des tours de cellules lointaines.

Le système de surveillance à Taïwan est décrit comme une «clôture numérique», par laquelle toute personne devant subir une mise en quarantaine à domicile voit son emplacement surveillé via les signaux cellulaires de ses téléphones. Au début du mois d’avril, le traçage couvre une population d’environ 55 000 personnes placées en quarantaine. S’aventurer trop loin des foyers déclenche le système d’alerte, et des appels et des messages sont envoyés au détenu pour savoir où il se trouve. Toute personne surprise en violation de sa quarantaine peut être condamnée à une amende pouvant atteindre 33 000 $. Le suivi des données mobiles partagées permet également de s’assurer du respect des procédures de quarantaine.

L’adoption rapide du système de clôture numérique à Taïwan reflète en partie la façon dont la culture dynamique des technologies du pays a façonné la réponse du gouvernement à la pandémie.

À la suite des 24 nouveaux cas détectés parmi des cadets de la Marine en retour de mission les 18 et 19 avril, plus de 200 000 personnes dont le traçage numérique coïncide avec celui des 24 marins infectés pendant au moins un quart d’heure sont notifiés par message, leur rappelant de pratiquer une auto-gestion de la santé de 14 jours avec limitation des déplacements en public.

Cell Broadcast

L’un des atouts de ce dispositif c’est le cell Broadcast ! Le Public Warning Cell Broadcast Service est le système national d’alerte aux populations par diffusion cellulaire mis en place à Taïwan, permettant un envoi rapide des messages d’alertes à un grand nombre de téléphones mobiles sur l’ensemble du territoire national ou sur une zone spécifique. Le projet naît en 2011, après les événements liés au séisme de 2011.

Après la confirmation qu’un passager du navire de croisière Diamond Princess a été testé positif à la Covid-19, la carte des déplacements de tous les passagers ayant débarqué à Keelung la veille est compilée, et les points de passages sont communiqués par SMS le 31 janvier à tous les ressortissants taïwanais.

Après la confirmation qu’un passager du navire de croisière Diamond Princess a été testé positif à la Covid-19, la carte des déplacements de tous les passagers ayant débarqué à Keelung la veille est compilée, et les points de passages sont communiqués par SMS le 31 janvier à tous les ressortissants taïwanais.

Ce n’est pas nouveau, alerter un maximum de monde en un minimum de temps, c’est une préoccupation cruciale des autorités et des services de secours en cas de catastrophe majeure dans une zone.

Les atouts de la gestion de la crise

Leçon 1 : Collaboration public-privé efficace dirigée par le gouvernement

En exploitant notamment les mégadonnées dans la base de données de l’assurance maladie, une politique d’un système de rationnement par masque a été mise en œuvre le 6 février, avec de multiples applications civiles et sites Web accessibles au public.

Le gouvernement coopère également avec LINE, un logiciel de communication utilisé par plus de 21 millions de personnes à Taïwan (similaire à WhatsApp), pour créer des autocollants gratuits. Les habitants de Taïwan peuvent visiter le compte officiel du ministère de la Santé et du Bien-être social pour obtenir les autocollants gratuits et peuvent également en savoir plus sur les informations officielles en temps réel. Il s’agit d’une autre communication efficace pour la circulation de la prévention des épidémies.

Leçon 2 : Intégration des médias de masse

Taïwan dispose d’une solide infrastructure d’information et de communication. Pendant l’épidémie, le gouvernement taïwanais a coopéré activement avec des sociétés de médias privées pour diffuser régulièrement des connaissances préventives de base telles que «se laver les mains et porter des masques» sur les chaînes de télévision et de radio.

Le gouvernement a également collaboré avec le secteur civil pour lancer diverses «cartes de masques» et «cartes de prévention des épidémies» qui permettent au public de connaître immédiatement l’emplacement et la quantité de fournitures de prévention des épidémies dans plus de 6 000 pharmacies à Taïwan. Ce sont tous des canaux de transmission d’informations importants pour sensibiliser la population à la prévention des épidémies et réduire la panique.

Afin d’empêcher la transmission d’informations erronées et de désinformation, Taïwan a créé le «Taiwan FactCheck Center» et chaque département dispose actuellement d’une équipe d’ingénieurs. Lorsqu’elle découvre de la désinformation ou de la désinformation en ligne, l’équipe la vérifiera dans les soixante minutes et la clarifiera immédiatement au public.

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