Le MMS sauvé par le marketing direct
En 2002-2003, au lancement de la première génération de MMS, les analystes télécoms prévoyaient le remplacement des SMS par les MMS à plus ou moins brève échéance. Le bilan du MMS est plus nuancé mais il révèle son potentiel en marketing direct.
La grande erreur des prévisionnistes télécoms a été de croire qu’un média supplanterait l’autre par le seul fait de sa supériorité technique. Comment ne pas croire en effet qu’un message textuel en noir et blanc de 160 caractères maximum (SMS) allait naturellement disparaître face à un message multimédia alliant couleurs, images, sons voire vidéo (MMS) ? C’était sans compter sur le pragmatisme du consommateur : il n’y a tout simplement pas les mêmes occasions d’usage pour un MMS que pour un SMS. En d’autres termes, sur une période donnée, un utilisateur de messagerie aura dix à vingt fois plus l’opportunité de correspondre en texte que d’illustrer son propos par une photo ou une image.Contrairement au SMS qui, lui, est utilisable par 100 % des utilisateurs de téléphonie mobile, le MMS nécessite la possession d’un terminal mobile compatible et paramétré.En mars 2004, la lettre d’information Mobile Media publiée par Baskerville estimait que le prix d’un MMS européen était de 100 à 250 % plus cher que celui d’un SMS ! Un mauvais argument pour le consommateur qui n’a pas encore associé au MMS une valeur d’usage réellement supérieure à d’autres moyens de communication plus courants. Si l’on compare pourtant du strict point de vue du prix au kilooctet, le MMS est cinquante à cent fois moins cher que le SMS. Ce dernier média ne pèse que 1 ko alors que le MMS est passé successivement de 50 à 100 puis à 300 ko sur le marché français pour le même prix. L’avènement des cameraphones prenant des clichés haute définition (jusqu’à 3 Mo) devrait maintenir la pression pour passer à un MMS à 500 ko, voire plus. Le marché de l’ADSL nous a montré ses vertus en la matière… Au-delà de ces calculs, le prix du MMS n’est pas identique partout : le marché nord-américain connaît une tarification bien plus intéressante, expliquant sans doute le succès et l’engouement du public pour le MMS… Ainsi, l’un des opérateurs majeurs du continent propose la souscription à une formule de 40 MMS pour un coût mensuel de 4,99 US dollars, soit un coût unitaire de 0,12 US dollar par message ! D’autres encore proposent le paiement à l’envoi, certes plus cher mais demeurant bien meilleur marché qu’en Europe (0,25 US dollar par message).
Les ventes exceptionnelles de Noël 2005 laissent augurer pour 2006 le fameux point de basculement sur la plupart des marchés européens, c’est-à-dire le moment où la masse des utilisateurs équipés MMS dépassera celle des non-équipés… Un cercle enfin vertueux pour le message multimédia.
Source : Olivier Gerhardt, Directeur Commercial France de Mobile 365, Mobile Business Magazine
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