La FCC envisage d’interdire l’intégration de technologies chinoises dans les câbles sous-marins

Image d'illustration. Des câbles sous marins.ADN
L’agence américaine des télécommunications prévoit d’interdire l’utilisation de technologies chinoises dans les câbles sous-marins, une décision motivée par des préoccupations liées à la sécurité nationale et aux risques potentiels pour les infrastructures stratégiques de communication.
Tl;dr
- La FCC veut bannir la technologie chinoise des câbles sous-marins.
- Des restrictions sur les licences pour les entreprises chinoises sont prévues.
- Le vote sur ces nouvelles règles aura lieu le 7 août.
Nouvelle offensive réglementaire de la FCC
D’ici le 7 août, une date déjà scrutée par tous les acteurs du secteur, la Federal Communication Commission (FCC) prévoit de se prononcer sur un projet de règles inédites visant à interdire l’usage de technologies d’origine chinoise dans les câbles sous-marins connectant les États-Unis. Cette initiative, annoncée par le président de la commission, Brendan Carr, marque un nouveau tour de vis sécuritaire dans un contexte où la protection des infrastructures numériques est devenue un enjeu stratégique. Les mesures s’appliqueront à toute entreprise figurant sur la liste des entités considérées comme représentant « un risque inacceptable pour la sécurité nationale des États-Unis ».
Un contexte sécuritaire tendu et une influence chinoise ciblée
La décision ne tombe pas du ciel. Les récents épisodes tels que l’attaque informatique baptisée Salt Typhoon, qui a frappé plusieurs opérateurs américains l’an passé, ont ravivé les inquiétudes quant à la vulnérabilité des réseaux critiques. Or, les câbles sous-marins – véritables artères du trafic internet mondial – constituent, aux yeux de la FCC, une cible privilégiée d’espionnage étranger. Ainsi, au-delà d’interdire l’équipement qualifié de « couvert », le texte entend restreindre drastiquement l’accès des entreprises chinoises aux licences nécessaires à la construction ou à l’exploitation de ces infrastructures vitales.
Un tournant dans la régulation américaine ?
Si certains observateurs voient dans cette manœuvre une forme de protectionnisme favorable aux opérateurs nationaux au détriment des concurrents chinois, elle s’inscrit aussi dans la continuité d’une politique plus large initiée lors du mandat de Donald Trump. À l’époque déjà, une loi imposait aux opérateurs mobiles américains d’arracher et remplacer l’infrastructure fournie par Huawei ou ZTE, soutenue par un financement dédié.
Lignes directrices musclées au sein d’une FCC réduite
Aujourd’hui toutefois, c’est une FCC composée uniquement de trois membres – contre cinq habituellement – qui pousse ce nouveau virage réglementaire. Depuis l’arrivée de Carr, le ton s’est durci : certains choix suscitent même le débat autour du respect du Premier Amendement. L’examen des politiques internes relatives à la diversité ou encore le refus d’entériner certaines fusions témoignent d’une volonté affichée : surveiller étroitement un secteur jugé trop perméable aux risques externes.
En somme, cette future interdiction pourrait bien rebattre les cartes pour l’écosystème américain des télécommunications et poser un jalon supplémentaire dans le bras de fer technologique entre Washington et Pékin.