Publié le 9 avril 2010, modifié le 19 octobre 2014.
Par La Rédaction

iAd

Publié le 9 avril 2010, modifié le 19 octobre 2014.
Par La Rédaction

Non, non, je n'ai pas oublié le P malgré le déchaînement d'articles sur l'iPad depuis une semaine*. Suite au rachat de Quattro Wireless, iAd est bien le nom donné par Apple à sa nouvelle plateforme publicitaire mobile, annoncée officiellement hier lors de la conférence de presse sur le lancement de l'iPhone OS 4.

Après le rachat (toujours pas validé par la FCC) d'AdMob par Google, il fallait qu'Apple réagisse pour continuer à seduire les développeurs du monde entier. En Angleterre par exemple, jusqu'à 60% de l'inventaire d'AdMob était de l'inventaire iPhone lors de l'annonce de l'acquisition. La majorité des applications étant gratuites, il faut bien s'assurer que les développeurs et les marques peuvent monétiser leur audiences. Jusqu'à aujourd'hui et contrairement à une idée répandue, le taux de clic au sein des applications iPhone est bien plus bas que sur le WAP ou le WEB mobile: une des raisons est notamment l'excès de l'offre sur la demande avec un inventaire pléthorique. La prime pour les pub iPhone ne peut que baisser dans un modèle de type "blind network" à la AdMob, basé sur de la bannière avec un effet place de marché pour les petits annonceurs. Cela devrait changer maintenant.

L'objectif pour Apple est avant tout de fidéliser les développeurs et pas de générer de nouveux revenus significatifs (la preuve 60% des revenus seront reversés aux développeurs et il faudra bien payer les commerciaux de Quattro…), au moins avant plusieurs années. J'ai lu ici ou là que Google partageait ses revenus pub avec les opérateurs ce qui permettrait de financer le déploiement des réseaux. Aberrant quand on sait ce que rapporte en valeur absolue la pub mobile et ce que coûte une BTS. De toutes façons l'écosystème des applications est là avant tout pour fidéliser le consommateur à la marque et générer de la marge sur le hardware (cf les marges plus que limitées sur iTunes par rapport à celles des iPods…).

Il s'agit aussi de contrôler l'expérience utilisateur à travers le contrôle de la pub: jusqu'à maintenant, il fallait dans la très grande majorité des cas sortir de l'application pour atterrir sur une pub de plus ou moins bonne qualité. La récente annonce sur la restriction de la pub géo-localisée allait aussi dans ce sens, même si iAd va le proposer dès que possible, mais dans son environnement propriétaire. Les démos Nike ou Toy Story ont montré la qualité de l'expérience utilisateur et la possibilité d'engager une relation directe dans un environnement rich media. Comme le dit le communiqué de presse, il s'agit de combiner l'émotion de la pub TV avec l'interactivité des pubs Internet.

Les marques traditionnelles, celles qui ont des budgets significatifs, vont commencer à s'intéresser sérieusement à une plate-forme qui offre des possibilités inédites (interaction + rich media + location) et qui draîne une audience de plus de 85,000,000 de possesseurs d'iPhone et d'iPod touch, qui sont plus enclins à utiliser le mobile comme outil de transaction et comme télécommande de leur vie quotidienne.

Ce qui manque toujours (en tous cas aucune précision n'a été donné à ce sujet), ce sont les outils de reporting et d'analyse. Le nombre d'applications téléchargées reste l'alpha et l'omega de l'App Store. Ce qui compte, c'est le profil des utilisateurs (et il est en train de changer!), la qualification de l'audience, la certification de l'usage (combien utilisent réellement) et la mesure de la performance des campagnes pour mesurer le ROI mobile…

Les opérateurs apparaissent encore plus isolés dans cette bataille – comment peuvent-ils réagir? réponse dans un prochain post lundi. 

* au passage 300,000 ventes le premier jour c'est très encourageant au regard des 270,000 ventes de la 1ère version de l'iPhone mais on oublie un peu vite de dire que les ventes d'iPhone n'ont réellement décollé qu'avec les subventions opérateurs et l'internationalisation de la distribution. Sans connaître le prix de vente pour la France, on peut difficilement faire des pronostics sur 2010 mais il ne faut pas s'attendre à une grosse subvention opérateur et à un effet volume. Cela va faire des déçus…)

Source: Thomas Husson pour servicesmobiles.fr  

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