Choix stratégique : l’armée suédoise mise-t-elle trop sur la messagerie Signal ?

Image d'illustration. SignalADN
En optant pour Signal comme outil de communication, l'armée suédoise privilégie la confidentialité, mais compromet sa souveraineté numérique. Un pari risqué face aux enjeux stratégiques et sécuritaires.
TL;DR
- L’armée suédoise adopte Signal pour les communications non classifiées.
- Signal, cependant, pose des problèmes de souveraineté des données et de gestion du personnel.
- Une solution sécurisée nécessite un équilibre entre confidentialité, opérabilité et responsabilité.
L’armée suédoise fait un choix contestable
L’annonce récente de l’armée suédoise (Försvarsmakten) de standardiser l’utilisation de Signal pour toutes les communications non classifiées soulève des questions. Element pose la question, pourquoi privilégier une plateforme centralisée, avec les risques que cela implique, notamment en termes de sécurité informatique ?
Une plateforme conviviale mais risquée
Signal, un choix à double tranchant : si son utilisation est justifiable en raison de son fort aspect protection des données privées, il ne faut pas oublier qu’il est une plateforme orientée consommateur. Elle n’est pas conçue pour gérer des besoins officiels et souvent juridiquement mandatés. Plus inquiétant, Signal, en raison de sa conception centralisée, est vulnérable aux pannes globales et au blocage – à l’instar de WhatsApp, Microsoft Teams et d’autres services basés sur le cloud.
Image d’illustration. Sweden endorses signal table
Souveraineté des données et respect de la vie privée
Le cas suédois illustre une confusion courante entre les concepts de confidentialité et de sécurité. Cependant, la sécurité en contexte militaire nécessite une approche plus extensive qui va bien au-delà de la simple confidentialité. Idéalement, elle combine des aspects tels que la souveraineté, l’accessibilité, l’interopérabilité, et la conservation à long terme des données.
Vers une solution stratégique
« C’est en adoptant une solution de communication entièrement cryptée que les gouvernements et les militaires pourront garantir une véritable indépendance technologique ». Pour ce faire, ils devraient envisager d’héberger leur propre plateforme de communication au lieu de s’appuyer sur un service cloud contrôlé par un fournisseur étranger.
Le concept de souveraineté numérique recommande l’utilisation de logiciels open source. Cela permet non seulement une inspection indépendante, mais aussi une validation de la sécurité tout en soutenant un marché concurrentiel pour éviter le verrouillage par le fournisseur. Même si la prise de position de l’armée suédoise en faveur du cryptage de bout en bout est louable, l’adoption de Signal soulève de sérieuses questions sur la souveraineté numérique. Il serait donc plus judicieux d’opter pour une stratégie garantissant des communications souveraines, interopérables, robustes et sécurisées.