Guerre de Prix chez les opérateurs, l’arbre qui cache la forêt…Des opérations internationales ou paneuropéennes
Comme les marchés mobiles saturent y compris en France, la survie des opérateurs mobiles dépend de plus en plus d'être en mesure d'adapter leurs modèles d'affaires et ouvrir une guerre des prix. La France sur ce sujet est champion avec l'arrivée de Free qui au final n'apporte strictement aucune innovation majeure mais permet de se payer un abonnement pour 2€ (innovant pour le consommateur) et d'aller chercher 8 millions d'abonnés en quelques mois (12% de part de marché).
Le phénomène va s'amplifier comme avec Softbank (Japon), le propriétaire majoritaire de Sprint (opérateur US), qui est désireux d'acheter T-Mobile USA, par Telefonica, qui cherche à fusionner ses unités O2 en Irlande et en Allemagne avec d'autres opérateurs mobiles plus petits (3 Irlande et E-Plus, respectivement) et par Bouygues Telecom en France, qui est candidate pour acquérir SFR.
Un rapport de l'iDate "Consolidation des télécoms en Europe" montre que la consolidation sur les marchés européens va se poursuivre et s'étendre progressivement, d'abord vers des formes d'intégration de plus en plus fortes aux plans nationaux, puis élargir leur périmètre vers des mouvements transfrontières, à terme pan-européens.
Depuis quelques mois, en effet, l’Europe des télécoms trace les prémisses de ce qui pourrait devenir une véritable vague de consolidation et de rapprochements industriels, dont les premières manifestations remontent à quelques années, et qui semblent s'accélérer depuis la fin de l’année 2012.
Les différents moteurs qui tendent à amplifier ce mouvement sont bien identifiés:
· la dégradation de l'économie des opérateurs face à des marchés sous pression ;
· un paysage industriel relativement atomisé ;
· les besoins élevés de financement pour les réseaux de nouvelle génération ;
· la convergence fixe-mobile ;
· quelques incitations réglementaires, notamment en faveur du partage d'infrastructures.
Mais dans le même temps, un certain nombre de freins ralentissent, voire contrarient, le cours des opérations :
· d'ordre règlementaire également, notamment en ce qui concerne l'anti-trust ;
· la crainte des États de perdre une partie des contributions des opérateurs (impôts et taxes, dividendes des opérateurs historiques le cas échéant) ;
· la crainte de destruction de valeur pour les actionnaires ;
· des montages parfois difficiles à mettre en œuvre sur le plan technique.
Des opérations internationales ou paneuropéennes ?
La question se pose donc de savoir si la vague de consolidations transfrontières prendra la même forme et la même ampleur qu'à l'échelle des marchés nationaux et si les deux phénomènes se développeront en parallèle ou s'ils s'enchaîneront dans le temps. Concernant ce dernier aspect, on s'attend plutôt à ce que la consolidation nationale soit la priorité des acteurs du marché, puisqu'elle paraît dégager des bénéfices plus rapidement et plus facilement que les transactions transfrontières. L'intégration réussie de partenaires, réseaux et organisations, nécessite une attention particulière, limitant le nombre de transactions qu'un opérateur est capable de gérer à un moment donné.
En conséquence, selon l'IDATE, les opérateurs devraient chercher à réaliser le potentiel de la consolidation nationale dans un premier temps avant de se lancer de façon plus ambitieuse dans les opérations internationales ou paneuropéennes.