Publié le 22 juin 2020, modifié le 22 juin 2020.
Par La Rédaction
App

WWDC20 : être développeur d’app n’est pas un long fleuve tranquille

Publié le 22 juin 2020, modifié le 22 juin 2020.
Par La Rédaction
Photo : Apple

Photo : Apple

Selon un récent rapport Bloomberg, les développeurs tiers ont généré plus de 46 milliards de dollars de revenus pour Apple au cours du dernier exercice. Apple ne tire aucun revenu de 84% des applications de l'App Store !

Quand il s’agit de taper sur votre Apple Watch, vous utilisez probablement les réponses rapides dans Messages comme OK ! et Mail, simplement parce qu’elles sont les plus faciles. Essayer d’envoyer un message avec votre Apple Watch est généralement assez limité. Bien que la réponse rapide soit pratique, le nombre d’options prédéfinies est limité. La dictée vocale est généralement aléatoire. Le gribouillage est précis, mais prend du temps pour créer tout type de message plus long.

Je ne sais pas si vous avez l’habitude de taper avec un clavier sur l’Apple Watch mais l’application flicktype qui utilise le QWERTY (pas encore avec AZERTY) permet d’avoir une proposition prédictive intelligente. Il suffit d’appuyez sur les lettres pertinentes avec votre doigt, avec une désinvolture qui pourrait vous surprendre, et au moment où vous aurez atteint la fin du mot, FlickType aura deviné le mot que vous recherchez. Il existe un SDK qui permet aux développeurs de l’intégrer à leurs applications.

Personnellement, je n’écris pas sur l’Apple Watch, ceux qui ont la montre avec la eSim, on peut le comprendre, puisque l’idée est de ne plus avoir son iPhone sur soi dans certaines circonstances.

FlickType

Son fondateur explique dans un article comment, il a reçu un message des équipes Apple “Upon re-evaluation, we found that your app is not in compliance with the App Store Review Guidelines. […] Specifically, the app is a keyboard for Apple Watch. For this reason, your app will be removed from sale on the App Store at this time.” Ce n’était pas un rejet. Ce n’était pas “veuillez changer cela ou nous ne pouvons approuver aucune mise à jour”. Ce fut un retrait soudain, sans avertissement préalable et sans pratiquement aucune explication ! Surprise puisque cette App a eu une couverture média importante qui reconnait l’avantage du clavier sur l’Apple Watch, notamment en étant nommée “Apple Watch App of the Year” par AppAdvice.

Lorsque le développeur a envoyé un e-mail aux équipes DEV d’Apple pour savoir pourquoi son application avait été soudainement supprimée, la réponse a été : “Salut Kosta, l’application a été remise en vente”. Lorsqu’il a voulu se renseigner à nouveau sur ce qui s’est passé ou sur la façon de prévenir cela à l’avenir, il n’a reçu aucune réponse. Des histoires comme celle-ci existent par centaines depuis 2008, mais beaucoup de choses sur les App Stores d’Apple se sont améliorées au fil du temps.

Hey

Parlons des relations développeurs avec Apple, notamment avec la soumission des applications et le process d’examen par les équipes d’Apple, pas toujours simple. Par exemple la décision d’Apple d’ajouter, de geler, puis de menacer de supprimer l’application de messagerie de Hey.com de l’App Store a suscité un tollé très important de la part des développeurs de l’App Store, des analystes du secteur et des clients.

En bref, pour utiliser Hey, vous devez payer un abonnement de 99$ par an. Ces frais ne sont pas disponibles à l’achat via la fonction d’achats intégrés de l’App Store, mais doivent être achetés sur le site Web de Hey.com. Selon la lettre de rejet d’Apple, les directives de l’App Store stipulent que si une application qui exploite des services sur plusieurs plates-formes permet aux utilisateurs d’accéder au contenu, aux abonnements ou aux fonctionnalités qu’ils ont acquis ailleurs, ces éléments doivent également être disponibles sous forme d’achats intégrés.

La réponse du fondateur de l’app est intéressante : “When someone signs up for your product in the App Store, they aren’t technically your customer anymore – they are essentially Apple’s customer. They pay Apple, and Apple then pays you. So that customer you’ve spent years of time, treasure, and reputation earning, is handed over to Apple. And you have to pay Apple 30% for the privilege of doing so!”

Relation DEV

Les politiques d’Apple ont peut-être besoin d’une refonte sérieuse, d’autant que les plus grandes entreprises technologiques américaines font l’objet d’une enquête de la part des autorités de réglementation antitrust, et qu’Apple a été critiqué ces dernières années pour avoir exercé trop de pouvoir sur des sociétés extérieures fabriquant et développant des produits vendus dans leurs magasins et les applications qui sont vendus via leur app store. Il faudra suivre les entretiens, mais rappelons-nous que plus de 85% du total des 519 milliards de dollars de recettes revient uniquement à des tiers, plutôt qu’à Apple.

Avec plus d’un demi-milliard de visiteurs chaque semaine, l’App Store est le marché d’applications le plus sûr et le plus dynamique au monde (175 pays).

2 Points noirs

Selon la plupart des développeurs indépendants, ce sont tout d’abord les annonces publicitaires dans l’app store qui permettent de vous retrouver dans un requête pour trouver une application. Ce qui permet non seulement de tirer parti de la recherche sur un mot clé, mais aussi d’être bien placé en payant par exemple face à un concurrent comme dans les exemples ci-dessous. Mais l’un des usages du modèle économique mis en place par Apple est que les développeurs indépendants finissent par devoir acheter des annonces juste pour revenir dans le classement de leur application.

 

L’autre point noir est le manque de mises à jour logicielles payant sur l’App Store. Actuellement, les développeurs ont deux choix, créer de toutes nouvelles applications ou donner gratuitement leurs mises à jour. Jusqu’à présent, la solution d’Apple consistait simplement à dire : utilisez un abonnement, ce qui n’est pas vraiment une mauvaise solution, mais elle n’est pas non plus optimum pour l’utilisateur. Une option de mise à jour payante nuit vraiment aux développeurs indépendants. Ce ne sont pas les grandes entreprises qui ne dépendent pas de leurs applications pour leurs revenus (pas toujours), ni celles qui créent des applications gratuites chargées de publicités et sans support, mais toutes celles qui sont au milieu des deux.

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