Publié le 27 novembre 2023, modifié le 27 novembre 2023.
Par La Rédaction

Un retard inquiétant de l’Europe en matière d’IA

Publié le 27 novembre 2023, modifié le 27 novembre 2023.
Par La Rédaction

Des groupes numériques implorent l'UE : donnez une chance de se battre à l'Intelligence Artificielle, découvrez pourquoi et comment ! L'Europe a une culture différente de celle des États-Unis et de la Chine en matière d'innovation. L'Europe est plus encline à une approche collaborative de l'innovation, tandis que les États-Unis et la Chine sont plus enclines à une approche concurrentielle. Selon un rapport de la Commission européenne, en 2022, l'Europe ne représentait que 10 % du marché mondial de l'IA.

DigitalEurope un organe représentatif de l’industrie technologique, a lancé un appel à l’Union Européenne. Son message est clair : éviter de trop réglementer les modèles de fondation de l’IA et de créer un environnement qui pousserait les start-ups à quitter la région. Alors que l’UE entre dans les négociations finales concernant des lois cruciales pour le secteur, la position de DigitalEurope est plus que jamais centrale. Dans une lettre ouverte signée par 32 associations digitales du continent, DigitalEurope expose une réalité préoccupante : seules 8% des entreprises en Europe utilisent actuellement l’IA. Ce chiffre est bien loin de l’objectif fixé par la Commission Européenne qui ambitionne d’atteindre 75% d’ici 2030. De plus, ils notent que seulement 3% des “licornes de l’IA” sont issues de l’UE.

Ces chiffres impliquent un risque non négligeable pour la compétitivité et la stabilité financière de l’Europe. En effet, la capacité des entreprises à déployer l’IA dans des domaines tels que la “tech verte, la santé, la fabrication ou l’énergie” est cruciale.

Un appel à une régulation équilibrée de l’IA

Face à ce constat, DigitalEurope appelle à une régulation équilibrée avec le futur AI Act de l’UE. Ils souhaitent que ce dernier ne mette pas en place une bureaucratie excessive, notamment dans des domaines tels que les modèles de fondation et l’IA à usage général (GPAI). “Pour que l’Europe devienne une référence digitale mondiale, nous avons besoin d’entreprises qui peuvent mener l’innovation en IA, également en utilisant des modèles de fondation et le GPAI.”, souligne la lettre.

Leur message est clair : “En tant que représentants de l’industrie digitale européenne, nous voyons une énorme opportunité dans les modèles de fondation, et de nouveaux acteurs innovants émergent dans cet espace, beaucoup d’entre eux sont nés ici en Europe. Ne les réglementons pas hors de l’existence avant qu’ils aient une chance de se développer, ou ne les forçons pas à partir.”

Des recommandations pour une régulation ciblée

En considérant les avantages révolutionnaires que l’IA peut apporter aux citoyens, la Commission européenne reconnaît aussi les risques potentiels. Avec la Loi sur l’IA, elle adopte une démarche centrée sur l’humain pour équilibrer innovation et sécurité. Pour y parvenir, il est crucial de collaborer avec toutes les parties prenantes et de partager les meilleures pratiques, dans le but de créer un cadre réglementaire efficace pour la surveillance des technologies d’IA en Europe. Dans le cadre d’une liste de recommandations, les signataires soutiennent une proposition conjointe de la France, de l’Allemagne et de l’Italie pour limiter la portée des règles de l’IA pour les modèles de fondation à certaines normes de transparence. DigitalEurope soutient que l’AI Act n’a pas besoin de réguler chaque nouvelle technologie, mais devrait plutôt se concentrer sur les utilisations à haut risque.

La lettre soulève également des préoccupations sur le fait que l’AI Act, compte tenu de sa portée large, pourrait se chevaucher avec les règles dans d’autres secteurs tels que la santé.

3 faits à connaitre

  • L’Europe investit moins dans la recherche et le développement en IA que les États-Unis et la Chine. En 2022, les États-Unis ont dépensé 19,4 milliards de dollars dans l’IA, contre 10,6 milliards de dollars pour l’Europe. La Chine, quant à elle, a dépensé un montant encore plus important, soit 20,2 milliards de dollars.
  • L’Europe manque de talents en IA. Les États-Unis et la Chine attirent les meilleurs talents du monde entier, tandis que l’Europe a du mal à rivaliser. En 2022, il y avait 277 000 emplois vacants dans le domaine de l’IA aux États-Unis, contre 129 000 en Europe.
  • L’Europe a une réglementation stricte en matière d’IA. Cela peut dissuader les entreprises de développer et d’utiliser des systèmes d’IA, car elles craignent de ne pas respecter la réglementation.

Le marché de l’intelligence artificielle

Il est actuellement évalué à près de 100 milliards de dollars, est en passe de connaître une expansion remarquable, avec des projections le situant à environ deux billions de dollars d’ici 2030. L’IA trouve son application dans une multitude de secteurs, allant des chaînes d’approvisionnement au marketing, en passant par la fabrication, la recherche et l’analyse. Des innovations telles que les chatbots, l’IA pour la création d’images et les applications mobiles figurent parmi les tendances majeures qui vont dynamiser ce marché dans les prochaines années.

 

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