Tab sort du bois et relance la bataille des assistants IA du quotidien

Logos WhatsApp et iMessage en collision
Image d'illustration. Tab vise iMessage et WhatsApp. — ADN

Valorisé environ 276 millions d’euros (300 millions de dollars), Tab veut devenir l’assistant IA qu’on active depuis iMessage ou WhatsApp.

En bref

  • Tab arrive sur un marché déjà chargé
  • Usage centré sur iMessage et WhatsApp
  • Promesse, exécuter des tâches jusqu’au paiement

On voit passer pas mal de démos d’IA. Peu changent vraiment la mécanique d’usage. Tab, lui, tente un raccourci malin, ne pas vous demander d’ouvrir une app de plus, mais s’installer directement dans iMessage et WhatsApp, là où les échanges existent déjà.

La jeune pousse sort de l’ombre avec une valorisation d’environ 276 millions d’euros (300 millions de dollars). Parmi ses soutiens, SV Angel, Valar Ventures et American Spirit. L’entreprise a été fondée par Brennan Erbz, Stafford Schlitt et Ammar Amdani. Dans la course, elle arrive après Meta Muse et Instinct, sur un terrain qui se remplit vite.

L’assistant qui se glisse là où l’usage existe déjà

Le point d’entrée est simple. On rejoint une liste d’attente sur le site de Tab avec un numéro de mobile, puis on échange avec l’assistant dans iMessage ou WhatsApp. Et il y a une mécanique de parrainage, les invitations réussies faisant remonter dans la file.

Le discours produit est limpide, presque brut, Tab se présente comme « une IA à qui vous envoyez un message quand vous avez besoin que quelque chose soit fait ». Clairement, l’idée n’est pas de bavarder pour bavarder.

Réserver, convertir, chercher, appeler, payer

Dans les exemples avancés, l’assistant peut chercher puis réserver un vol, modifier une réservation d’hôtel, transformer un PDF en feuille de calcul, ou retrouver la bonne pièce de rechange pour un objet avant de la commander. Du concret. Du quotidien aussi.

Et l’entrée ne passe pas seulement par du texte. Tab accepte des photos, des captures d’écran, des PDF et même des vidéos pour mener une tâche à bien ou produire un nouveau résultat. S’il manque une info, il relance. Si la tâche dure, elle continue en arrière-plan avant de revenir dans le même fil de discussion.

Ce que Tab change dans la course aux assistants IA

Le point technique intéressant, c’est son propre environnement de calcul et son navigateur intégré. En gros, Tab peut ouvrir des sites, travailler avec des comptes connectés et reprendre une tâche plus tard sans repartir de zéro.

Il peut aussi gérer ce que beaucoup d’assistants évitent encore, le téléphone. Appeler un hôtel, un cabinet médical ou un fournisseur, patienter, poser les questions, puis renvoyer un compte rendu par message. Même logique pour reprogrammer un rendez-vous.

Sur les transactions, Tab annonce un garde-fou utile, avant un achat, une réservation ou le règlement d’une facture, l’assistant affiche ce qu’il va payer, le montant et le destinataire, puis demande validation. Après accord, il exécute et renvoie le reçu dans le fil.

Face à Meta Muse, un positionnement beaucoup plus opérateur

Là où Meta Muse ressemble davantage à un compagnon conversationnel qui apprend vos préférences, Tab prend une autre route. Vous lui donnez une tâche, il la traite.

Mais cette différence compte pour l’écosystème mobile. Si le modèle tient, la valeur ne sera plus seulement dans l’interface ou le LLM, elle sera dans la capacité à agir, à gérer du contexte, des comptes, des validations et du temps long. C’est là que la bataille devient sérieuse.

Christophe Romei

Spécialiste Tech

Expert sur l'industrie du mobile depuis 2005

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