Streaming vidéo : l’activité numérique la plus polluante

Image d'illustration. Untitled upload from alphonseADN
Regarder, streamer, cliquer : des gestes anodins au coût climatique réel. En 2025, le numérique pourrait dépasser 1,2 milliard de tonnes de CO₂. Et si la solution tenait à l’énergie des data centers ?
Tl;dr
- Streaming vidéo a le plus fort impact CO₂ numérique.
- L’IA et les e-mails ont aussi un coût carbone significatif.
- Plus de 1,2 Md tonnes de CO₂ attendues en 2025.
L’empreinte carbone cachée du numérique : la face sombre du streaming
Regarder une série sur YouTube ou Netflix, voilà un geste anodin devenu universel. Pourtant, ce divertissement pèse lourd sur la balance climatique : une heure de streaming HD équivaut à 42 grammes de CO₂. D’après l’étude menée par TRG Datacenters, ce chiffre place le streaming vidéo au sommet des activités numériques les plus polluantes, devant bien d’autres usages du web. Pour donner une idée, deux heures quotidiennes de vidéo en ligne gonflent l’empreinte annuelle à plus de 30 kg de CO₂, simplement pour ce loisir.
IA et communications numériques : des impacts sous-estimés
Si le streaming trône en tête, il n’est pas seul à marquer son époque. Les outils d’intelligence artificielle, désormais omniprésents, laissent également une trace carbone. Générer une courte vidéo IA (entre 6 et 10 secondes) émet environ 17,5 grammes de CO₂, un coût comparable à celui d’un appel visio d’une heure sur Zoom, qui frôle les 17 grammes. L’usage massif des vidéoconférences dans le monde professionnel n’est donc pas sans conséquence, chaque réunion quotidienne pouvant totaliser jusqu’à 6 kg de CO₂ par an.
Quant à la génération d’image par IA, elle consomme moins d’énergie : produire une image revient à 1 gramme de CO₂, dix fois plus qu’une question posée à ChatGPT ou équivalent. Les assistants vocaux (Siri, Alexa, etc.) se montrent encore moins gourmands avec seulement 0,175 gramme par requête.
Email et recherche : des milliards de gestes quotidiens qui s’accumulent
Envoyer un simple email sans pièce jointe représente déjà près de 4,7 grammes de CO₂. Un chiffre qui peut sembler dérisoire pris isolément mais devient significatif quand on multiplie par les milliards d’envois chaque jour. Ainsi, un utilisateur actif produisant cinquante messages quotidiens atteint rapidement quelque 85 kg annuels rien que par ses échanges électroniques.
D’autres activités comme la recherche Google ou l’interrogation d’un chatbot restent bien en-dessous : environ 0,1 gramme par utilisation. Plus étonnant encore, taper deux questions dans Gemini, l’assistant conversationnel IA développé par Google, ne génère que 0,084 gramme au total.
Le défi énergétique derrière la croissance digitale mondiale
Les chiffres rassemblés révèlent une tendance préoccupante : selon TRG Datacenters, le secteur technologique aurait relâché environ 900 millions de tonnes de CO₂ dans l’atmosphère sur la seule année passée, quasiment autant que les émissions annuelles du pays qu’est l’Allemagne. Et la barre des 1,2 milliard pourrait être franchie dès l’an prochain.
Face à cet enjeu mondial, un constat s’impose : « L’enjeu n’est pas tant notre usage du numérique que son alimentation énergétique. » À ce jour, seuls 30 % des datacenters fonctionnent grâce aux énergies renouvelables. Selon les projections avancées dans l’étude :
- Pousser cette part à 80 % ou plus permettrait de diviser par deux l’empreinte carbone numérique sans sacrifier nos habitudes connectées.
La révolution verte passera donc aussi… par nos écrans et serveurs.