SpaceX choisit d’orienter ses efforts vers une base lunaire avant de viser Mars

Image d'illustration. SpaceXSpaceX / PR-ADN
SpaceX réoriente ses priorités et se concentre désormais sur le développement d'une base lunaire. Cette nouvelle stratégie marque un changement de cap pour l'entreprise, qui visait initialement une installation humaine sur Mars comme premier objectif.
Tl;dr
- SpaceX privilégie désormais une ville lunaire autonome.
- Musk annonce ce projet réalisable en moins de 10 ans.
- Priorité à la Lune avant la colonisation de Mars.
Virage stratégique pour SpaceX : la Lune avant Mars
Changement de cap chez SpaceX. Après avoir longtemps vanté la conquête de Mars, Elon Musk oriente désormais les ambitions spatiales de son entreprise vers un objectif plus proche : bâtir une « ville auto-croissante sur la Lune ». Sur le réseau social X, il a confié que ce projet serait plus accessible et rapide à réaliser que l’implantation d’une colonie sur Mars, grâce à la proximité terrestre et à des fenêtres de lancement plus favorables. Selon lui, « cela pourrait être achevé en moins de 10 ans, alors qu’il faudrait plus de 20 ans pour une installation martienne ».
Des annonces en rupture avec le passé
Ce revirement contraste avec les déclarations antérieures du fondateur de SpaceX. Il y a encore un an, il affirmait publiquement que « la Lune est une distraction », promettant d’aller « directement vers Mars ». Pourtant, dans ses récents échanges sur X, il nuance sa position et prévoit désormais que « Mars commencera dans cinq ou six ans […] mais la Lune sera la priorité initiale ». L’homme fort du spatial, souvent critiqué pour ses calendriers optimistes rarement tenus, il annonçait dès 2017 une base martienne pour 2024, ajuste donc son discours tout en maintenant une vision ambitieuse.
L’intérêt scientifique et logistique de la Lune mis en avant
L’approche s’appuie aussi sur des arguments concrets. Par exemple, le régolithe lunaire contient environ 45 % d’oxygène selon l’analyste spatial Peter Hague. En 2023, des travaux menés par la Nasa ont prouvé qu’on pouvait extraire cet oxygène du sol lunaire, promettant ainsi des économies considérables sur les charges utiles nécessaires aux missions vers Mars. D’ailleurs, voici quelques avantages pratiques soulignés par les partisans du programme lunaire :
- Lancement facilité par la proximité Terre-Lune.
- Extraction locale d’oxygène, réduisant le fret depuis la Terre.
- Démonstration technologique préalable, avant toute mission interplanétaire majeure.
Une ambition qui croise celle de l’Artemis Program
Ce nouveau plan n’exclut pas pour autant un futur martien. D’ailleurs, selon Musk, un vol habité vers Mars pourrait intervenir dès 2031. En attendant, l’effort se conjugue avec celui du programme Artemis, piloté par la Nasa. Celui-ci prévoit le retour d’astronautes américains sur la surface lunaire à l’horizon 2028 – étape dont certains volets techniques sont confiés à SpaceX , tandis qu’Artemis II, vol circumlunaire habité, est programmé pour mars prochain.
Le débat reste ouvert quant au calendrier réel de ces ambitions, mais une chose semble acquise : le regard des pionniers du New Space se tourne résolument vers notre satellite naturel comme première étape d’un rêve bien terrestre.