Précommandées à 2295 euros, les SPECS de Snap misent sur l’IA et la réalité augmentée pour déplacer l’informatique du smartphone vers le réel.
- Précommandes ouvertes à 2295 euros
- Livraisons cet automne en France
- Snap mise sur l’AR utile
2295 euros. Pour des lunettes, le ticket calme tout de suite. Mais chez Snap, l’idée est claire, avec SPECS, la société ne sort pas un accessoire photo de plus, elle tente d’installer un ordinateur portable transparent sur le visage, livré cet automne aux États-Unis, au Royaume-Uni et en France, avec un acompte remboursable de 170 euros.
Un produit placé entre lunettes IA et casque AR
Le discours de Snap vise un entre-deux que tout le secteur cherche encore. Les lunettes avec IA se portent facilement, mais restent limitées. Les casques, eux, savent faire plus, sauf qu’ils sont encombrants et coupent souvent du décor. Evan Spiegel résume l’ambition avec une formule assez juste, « Les SPECS marquent le début d’une nouvelle ère dans le domaine de l’informatique ».
L’entreprise explique travailler depuis plus de dix ans sur toute la pile, des outils développeurs au système maison, en passant par l’optique, les écrans et la vision par ordinateur. Plus de 7 000 brevets plus tard, elle veut faire passer l’informatique de la poche au champ de vision. Sur le papier, c’est un vrai pari de plateforme, pas juste une démo hardware.
Une fiche technique pensée pour un usage quotidien
Les chiffres comptent. Deux tailles, 47 mm pour 132 grammes, 52 mm pour 136 grammes. Châssis en polymère suisse TR90, inserts optiques amovibles, et autonomie annoncée jusqu’à 4 heures en usage mixte. Avec le boîtier, on monte à 20 heures grâce à quatre recharges supplémentaires. Pas mal de promesses dans un format autonome, sans câble ni boîtier externe.
Côté affichage, Snap retient sa techno propriétaire LCoS, avec 51 degrés de champ de vision et 16 millions de couleurs. La société compare ça à un écran 24 pouces pour le travail, voire à un home cinéma de 115 pouces à environ 3 mètres. Le guide d’ondes a été revu pour réduire la distorsion, et les verres électrochromes passent du transparent au teinté en 10 secondes.
Sous la monture, deux puces Snapdragon se partagent le travail, l’une pour la vision par ordinateur, l’autre pour les Lenses. Snap annonce une latence motion-to-photon de 7 millisecondes. Si ce chiffre tient en conditions réelles, c’est loin d’être anodin.

Des usages concrets, du travail au divertissement partagé
Là où Snap essaie d’être crédible, c’est sur l’usage. Les itinéraires, les mesures spatiales et l’assistance contextuelle apparaissent dans le champ de vision au bon moment. Un écran privé peut servir au streaming, à la projection d’un autre appareil ou à un tableau blanc improvisé. Clairement, le message s’adresse autant au grand public qu’aux pros mobiles. À tester dans la Caverne de JR !
Et il y a le volet social, historique chez Snap. Des centaines de Lenses sont déjà annoncées, avec des cas très variés, analyse de pente sur un green, leçons de batterie avec Drum Kit, ou visualisation de forces invisibles via Vector Fields.
L’écosystème développeur et la confiance, nerf de la guerre
Depuis dix-huit mois, Snap dit avoir publié 10 mises à jour de Snap OS et plus de 40 nouvelles fonctionnalités et API. Dans Lens Studio, le développement agentique arrive en préversion dans Claude Code, Codex et Cursor. S’ajoutent un SPECS Spatial Benchmark, un Migration Agent et un Native Development Kit. Bref, sans écosystème, ces lunettes resteraient un bel objet.
Reste la vie privée. Autorisation explicite pour les données sensibles, LED pendant l’enregistrement, priorité au traitement sur l’appareil, contrôle sur ce qui est stocké, synchronisé, partagé ou supprimé. Evan Spiegel insiste même sur ce point avec « La confiance est la condition essentielle à l’adoption de SPECS ». En marge, Snap a aussi lancé une campagne mondiale signée Steven Meisel avec Jimmy Butler, Imogen Heap, Hoyeon, Jack Harlow et Kaia Gerber, leurs expériences devant arriver à l’automne.
