Revolut teste le paiement par visage, pari sensible à Londres cet été

Visage serrant le logo Revolut sur fond bleu
Image d'illustration. À Londres, Revolut teste le paiement facial. — ADN

Revolut lance à Londres un test de paiement par reconnaissance faciale dans trois cafés. La promesse de fluidité relance aussitôt le débat biométrique.

En bref

  • Revolut teste le paiement par visage à Londres
  • Le pilote tourne dans trois cafés Kiss the Hippo
  • La biométrie promet fluidité, pas moins de débats

Perdre une vente parce qu’une caisse rame, c’est le genre de détail qui obsède les commerçants. C’est exactement là que Revolut place son nouveau test au Royaume-Uni, avec un paiement par reconnaissance faciale en magasin qui veut raccourcir le passage en caisse, sans frais de traitement pour les marchands.

Une caisse pensée pour aller plus vite

Le dispositif s’appelle Pay with Smile, et Revolut le présente comme le premier système britannique de paiement en magasin par visage. Pour l’instant, on reste sur un terrain très balisé, quelques établissements Kiss the Hippo à Londres, dans Bloomsbury, Soho et Chelsea.

Le test s’appuie sur Revolut Register, le nouveau matériel de point de vente de la fintech pour l’hôtellerie-restauration. L’ensemble repose sur deux écrans et vise à réunir paiements, banque et opérations de salle dans un seul système. Dit autrement, Revolut ne teste pas juste un gadget biométrique, il pousse aussi sa propre caisse.

Comment Revolut traite les données du visage

Côté usage, le parcours est assez direct. Un client inscrit au service fait vérifier son identité grâce à des données biométriques comparées aux selfies fournis au moment de l’enregistrement. Alex Codina, chez Revolut, résume l’ambition ainsi : « En combinant un traitement haute performance avec la reconnaissance faciale, nous remplacerons des caisses anciennes et fragmentées par une expérience de passage en caisse hyper efficace conçue pour résoudre les points de friction des consommateurs et des commerçants ».

Sur le sujet sensible des données, Revolut assure tout conserver et traiter dans son propre environnement applicatif propriétaire, sans partage externe. Les données biométriques utilisées pour autoriser une transaction, des empreintes faciales numériques, sont supprimées immédiatement une fois la vente confirmée. Et les commerçants, eux, ne gardent rien en magasin. C’est le point clé du discours de réassurance, quand même.

Ni une première mondiale, ni un sujet neutre

La nouveauté n’est donc pas mondiale. En 2017, Alipay, filiale d’Alibaba, avait déjà lancé Smile to Pay dans des KFC à Hong Kong, avant que le système ne reste cantonné à la Chine. Puis Tencent avait présenté Frog Pro en 2019.

Mais dans le contexte britannique, le sujet reste inflammable. Revolut explique que l’outil doit réduire la friction de paiement, celle qui finit parfois par coûter des ventes. Sauf que la reconnaissance faciale traîne une défiance publique tenace. Résultat, ce pilote compte autant comme test technique que comme test d’acceptabilité.

Si vous êtes client Revolut au Royaume-Uni, vous pouvez tenter l’expérience jusqu’au 26 septembre dans ces cafés Kiss the Hippo de Londres. Pour la fintech, c’est petit en surface. Mais pour l’écosystème des paiements, clairement, le signal mérite d’être regardé de près.

Christophe Romei

Spécialiste Fintech

Expert sur l'industrie du mobile depuis 2005

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