Pourquoi une RAM plus chère pourrait s’installer durablement

Lenovo
Image d'illustration. Lenovo — Lenovo / PR-ADN

Lenovo estime que les prix de la DRAM et de la NAND ne reviendront pas à leur niveau d’avant 2025. Derrière, l’IA capte l’essentiel des capacités.

En bref

  • Lenovo voit des prix mémoire durablement plus élevés
  • L’IA capte une large part des capacités
  • Apple et Xbox répercutent déjà la hausse

Le vrai sujet, ce n’est plus la flambée ponctuelle de la RAM. C’est l’idée qu’un niveau de prix plus élevé pourrait tenir dans le temps. Lors d’une conférence récente, Lenovo a expliqué que les tarifs de la DRAM et de la NAND ne reviendraient pas à leur niveau d’avant 2025. Le mot « jamais » aurait été lancé sur le ton de la plaisanterie, d’après ComputerBase, mais le message derrière est nettement moins léger, des prix plus hauts seraient la nouvelle norme à l’horizon 2030 et au-delà.

Le marché commence à intégrer un palier de prix plus haut

Ce qui frappe, c’est le contraste. Les prix de la mémoire et du stockage ont un peu reflué depuis leur pic d’avril, mais ils restent très au-dessus de ceux d’il y a un an, de plusieurs centaines de dollars dans certains cas, soit environ plusieurs centaines d’euros. Autrement dit, le marché s’apaise un peu, sans vraiment se détendre.

Pour l’écosystème mobile et PC, ce n’est pas un détail. Si un acteur comme Lenovo ajuste son discours et sa stratégie autour de cette crise, c’est que la pression n’est plus perçue comme passagère.

Même avec de nouvelles usines, l’offre ne rattrape pas la demande

Sur le papier, l’industrie investit. Micron et SK Hynix construisent de nouvelles fabs et ajoutent des capacités. Mais cela ne suffit pas, ou pas assez vite, pour combler le trou entre l’offre et la demande.

Résultat, la tension reste forte sur les composants mémoire. Et quand la mémoire reste chère, toute la chaîne suit, des OEM aux produits finis.

L’IA aspire la mémoire, et le PC grand public paie l’addition

La cause avancée est assez claire. Les datacenters qui font tourner les grands modèles de langage et d’autres outils d’IA absorbent une grande partie de la production des trois géants du secteur, Samsung, Micron et SK Hynix.

On voit déjà l’effet côté marché. Xbox a remonté ses prix encore une fois. Apple a annoncé cette semaine des hausses plus larges. Le lien est direct, une mémoire plus rare pour les machines grand public finit par renchérir les appareils eux-mêmes.

Micron pointe aussi la pression commerciale de certains gros clients

Chez Micron, le directeur commercial Sumit Sadana n’a pas accusé son plus gros client du manque de mémoire, mais il a laissé entendre au Wall Street Journal que certains acheteurs ont tellement tiré les prix vers le bas qu’ils ont découragé les investissements. Il a raconté que l’entreprise avait dit à quelques clients très agressifs sur les tarifs que « ce n’était pas constructif », et que beaucoup d’investissements du secteur avaient été stoppés en 2023 à cause de prix et de marges trop faibles.

Le sous-entendu vise Apple, sans la nommer directement. Micron fournit au groupe la DRAM et la NAND utilisées dans les iPhone, Mac et iPad, avec des contrats longs là où d’autres doivent souvent se contenter d’accords de six à douze mois. Et le timing est parlant, ces remarques sont sorties au moment même où Apple relevait ses prix.

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