Pénurie de mémoire : pourquoi les prix des PC et smartphones explosent

Image d'illustration. Évolution technologique des gadgetsUn ensemble dynamique de gadgets avec des fluctuations lumineuses de prix en arrière-plan, symbolisant l'évolution de l'industrie technologique.
Porté par l’IA, le marché des PC et smartphones subit une forte hausse des coûts liée à la pénurie de mémoire, poussant les consommateurs à arbitrer entre achat immédiat ou attente d’une accalmie.
Tl;dr
- Hausse des expéditions de PC mais incertitude persistante.
- Pénurie de mémoire frappe fortement les smartphones.
- Prix élevés : acheter selon urgence, attendre si possible.
Un secteur du PC sous tension derrière la hausse des ventes
La progression observée dans le marché mondial des PC début 2026, +2,5 % d’après l’IDC, masque une réalité plus contrastée. Derrière cette apparente embellie, le secteur fait face à un climat de grande instabilité. Les chiffres flatteurs s’expliquent en partie par des achats préventifs : la crainte d’une flambée des prix et des difficultés d’approvisionnement incite aussi bien les particuliers que les entreprises à renouveler plus vite leur matériel.
En cause : la pénurie et la hausse du prix de la mémoire RAM, accélérées par l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle. S’ajoutent à cela des tensions logistiques, exacerbées par les conflits au Moyen-Orient, qui gonflent coûts énergétiques et frais de transport. Dans ce contexte fébrile, certains constructeurs tirent leur épingle du jeu : Asus, notamment, affiche une croissance remarquable (+17,1 %), tandis que d’autres comme HP accusent le coup. Toutefois, nombreux sont ceux qui voient là un simple sursaut plutôt qu’un rebond durable.
L’industrie du smartphone confrontée à une « RAMmageddon »
Du côté des smartphones, le tableau est encore plus préoccupant. Selon les prévisions de l’IDC, les expéditions mondiales devraient chuter d’environ 13 % en 2026 – un niveau inédit depuis plus d’une décennie. Cette contraction n’est pas imputable au manque d’intérêt pour ces appareils mais bien à une pénurie sévère de DRAM et de LPDDR. Les principaux fabricants – Samsung Electronics, SK Hynix, et Micron Technology – réservent l’essentiel de leurs capacités à la demande croissante du secteur serveur et IA.
Conséquence directe : le coût de fabrication explose particulièrement sur l’entrée et le milieu de gamme, segments déjà fragiles. Certaines estimations évoquent une augmentation allant jusqu’à 25 % pour les modèles abordables, réduisant l’offre disponible sur ces créneaux.
Acheter ou patienter ? Les arbitrages dans un marché instable
Face à cette volatilité persistante, beaucoup hésitent : faut-il investir dès maintenant ou attendre une hypothétique détente ? Deux options s’offrent alors aux consommateurs :
- Besoins urgents : privilégier les modèles disponibles avant nouvelles hausses.
- Besoins différables : surveiller le marché jusqu’à l’automne pour espérer une accalmie.
Par ailleurs, avec la disparition annoncée de Windows 10, viser au moins 16 Go de RAM sur PC devient quasi indispensable ; côté smartphones, 8 Go minimum (12 Go idéalement) s’imposent désormais pour bénéficier des fonctions IA intégrées.
Légers signaux d’espoir… mais prudence recommandée
Quelques signaux, réduction temporaire des budgets mémoire chez certains acteurs tels qu’OpenAI, ralentissement attendu dans la construction américaine de data centers ou arrivée prochaine d’acteurs chinois pourraient alléger la pression sur les prix en fin d’année voire début 2027. Pour l’heure cependant, aucune baisse significative n’a été observée chez les grands distributeurs comme Amazon. En somme, « le moment où la tempête se calmera reste incertain ». Dans cet univers mouvant où chaque décision compte double, rester attentif demeure le meilleur conseil.