Publié le 9 mars 2021.
Par Christophe Romei

Panne de batterie du smartphone, une phobie contemporaine

Publié le 9 mars 2021.
Par Christophe Romei

L’impact de la batterie dans l’usage des téléphones portables connaît une accélération de leur utilisation au quotidien. L’étude OPPO, réalisée par OpinionWay, révèle les dernières préoccupations des Français et leurs attentes à ce sujet.

Peur obsessionnelle de la panne de batterie, nécessité impérieuse d’une charge rapide ou encore stress d’une batterie déchargée au mauvais moment, l’étude OPPO, réalisée par OpinionWay, révèle les dernières préoccupations des Français et leurs attentes à ce sujet. En 2016, j’avais écrit quelques lignes sur la dépendance à l’électricité

Aujourd’hui, face aux plus grandes sollicitations des consommateurs, les constructeurs s’efforcent de rendre les smartphones de plus en plus performants. Seulement, ils ne peuvent pas agrandir indéfiniment la taille de la batterie, au risque de se retrouver avec un smartphone très peu utilisable. C’est pourquoi, la vitesse de charge est clé, ainsi que l’optimisation de l’autonomie du mobile. Oppo travaille sur le sujet et affirme que plus de 1 000 brevets autour de la VOOC ont été déposés dans le monde. Par exemple, sa technologie de charge flash de 125 W peut, selon la société, charger une batterie de 4 000 mAh jusqu’à 41 % en seulement cinq minutes et la recharger complètement en 20 minutes. La charge la plus rapide au monde en 2020 !

34 % des répondants ont au moins cité un usage pouvant les amener à faire appel à cette nouvelle technologie, parmi lesquels le partage de connexion, regarder une vidéo sur son smartphone ou encore la pratique des jeux-vidéo sur mobile. C’est près de 80 % des 18/24 ans qui sont incités à utiliser la charge rapide pour au moins une raison. À l’inverse, ce chiffre chute à 40 % pour les 35/49 ans. Ce désir d’immédiateté exprimé par la jeune génération fait écho aux nouvelles habitudes de consommation et aux nouveaux usages induits par l’utilisation quotidienne et intensive des smartphones.

Pour 1 Français sur 3, une “batterie déchargée” est la nouvelle phobie contemporaine

Pour la première fois en France, les détenteurs de téléphone portable (77 %) sont plus nombreux que les détenteurs d’ordinateurs (76 %). Véritable outil technologique et de communication, le smartphone est devenu indispensable dans le quotidien des utilisateurs si bien que pour 1 Français sur 3, une “batterie déchargée” est la nouvelle phobie contemporaine. Une phobie d’autant plus grande chez les 18/24 ans, puisque 64 % expriment une véritable crainte de la panne. Leurs aînés ne sont pas en reste : 53 % des 25/35 ans sont dans le même cas.

Un résultat qui traduit l’attachement des utilisateurs à leur smartphone dans leurs activités quotidiennes, et qui est encore plus parlant pour les 18/24 ans puisque 42 % d’entre eux préfèrent se mettre en retard plutôt que de prendre le risque de partir avec une batterie non chargée.

“La fixation névrotique sur le pourcentage de batterie restant, pesant comme une menace ou une épée de Damoclès sur les possibilités de la journée (Est-ce que la batterie déchargée ne va pas hypothéquer cette journée ?), serait devenue la grande phobie contemporaine. Une phobie ado pour qui le Smartphone est un objet omniscient, qui s’étend au reste de la société, et d’abord auprès des 18/24 ans, tant la panne de batterie est une sorte de grain de sable qui peut compromettre toutes formes d’opportunités. “ Ronan Chastellier, sociologue.

Ces nouveaux usages, précipités par l’évolution des habitudes de vie, entraînent une utilisation intensive du téléphone portable au quotidien, notamment en télétravail, et donc exigent de nouvelles attentes des consommateurs en matière de performance technologique. La batterie reste un des principaux enjeux de l’utilisation des smartphones : 45 % des salariés souhaitent une charge plus rapide pour leur smartphone. Et le résultat atteint près de 61 % chez les salariés de moins de 35 ans.

“Fear of missing out” : une angoisse contemporaine

Des considérations nouvelles naissent du fait de l’anxiété numérique due à l’attachement des utilisateurs à leur smartphone. Véritable lien avec l’extérieur, le coup de la panne n’est pas imaginable chez près de 58 % des répondants qui peuvent citer au moins une crainte en cas de batterie déchargée.

Top 3 des pires désagréments engendrés par une panne de batterie, plus aigus encore chez les 18/24 ans :

  • Rater un texto ou un coup de fil (39 % pour l’ensemble des répondants, 41 % pour les 18/24 ans).
  • Être privé de GPS (18 % chez la population générale, 28 % chez les 18/24 ans).
  • Être coincé quelque part (10 % chez la population générale, 27 % chez les 18/24 ans).

“Tout sauf le 0%” pour les 18/35 ans

Les résultats de cette étude démontrent également une rupture générationnelle, car les 18/35 ans semblent avoir plus d’attentes envers les capacités techniques de leur smartphone. “Tout sauf le 0%” semblent penser les 18/35 ans qui, à la question “jusqu’où êtes-vous allés pour recharger votre batterie ?”, semblent avoir trouvé les stratagèmes les plus élaborés :

  • 23 % des 18/24 ans avouent « poireauter » chez quelqu’un, juste pour pouvoir suffisamment recharger sa batterie.
  • 19 % des 18/24 ans prennent le réflexe du bar pour recharger leur smartphone tout en profitant d’un moment festif.

Mais attention : à chaque problème ses avantages. 42 % des 18/24 ans invoquent la panne de batterie pour interrompre opportunément une conversation contre seulement 28 % des 25/35 ans.

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