Porté par l’Afrique et une rentabilité en hausse, Orange vise mieux pour 2026. En France, la progression reste mince, et la bataille change de terrain.
En bref
- Orange accélère surtout hors de France
- L’Afrique tire la croissance et la marge
- Cyber et satellite montent dans la stratégie
Orange avance plus vite, mais le point intéressant est ailleurs: son moteur n’est clairement plus la seule France. Pour un opérateur de cette taille, voir le centre de gravité bouger à ce point dit beaucoup sur l’état du marché télécom européen.
Une rentabilité qui surprend un peu à la hausse
Au troisième trimestre 2026, Orange affiche 12,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 3,6 % à base comparable. Son EBITDAaL grimpe à 4,14 milliards d’euros, soit +4,6 %. Sur neuf mois, la progression atteint 4,8 %, assez pour pousser le groupe dirigé par Christel Heydemann à relever son ambition annuelle, désormais au-dessus de 4,5 %, contre plus de 4 % jusque-là.
Le marché regardera aussi un autre détail: ce niveau trimestriel dépasse le consensus repéré par Reuters, autour de 4,10 milliards d’euros. Et les investissements eCAPEX reculent à 1,7 milliard d’euros, soit -2,5 %. Résultat, Orange montre qu’il sait encore améliorer sa rentabilité sans casser sa trajectoire.
L’Afrique n’est plus un relais, c’est le moteur
La zone Afrique et Moyen-Orient progresse de 14,2 %. Les services de détail font même +15,2 %. Ce n’est pas anecdotique: dans des marchés européens arrivés à maturité, cette poche redonne de l’air, avec la data mobile, la connectivité et les services financiers numériques.
Et la bataille s’élargit. Vodafone s’appuie lui aussi sur ses activités africaines, avec +5,2 % de revenus de services et +6,2 % d’EBITDAaL ajusté sur son premier trimestre fiscal 2027, même si la période n’est pas comparable. Côté finance mobile, Airtel Money, concurrent d’Orange Money, a publié +25,1 % de revenus à taux de change constants sur son semestre clos fin septembre. En gros, la valeur ne se joue plus seulement sur le réseau.
En Europe, Orange grossit par l’Espagne et tient en Pologne
L’autre bascule vient d’Espagne. L’ex-coentreprise MasOrange, devenue Orange España, pèse désormais pleinement dans les comptes, avec environ 1,91 milliard d’euros de chiffre d’affaires et +3,5 % sur le trimestre. Le sujet, maintenant, c’est l’exécution: fidéliser, tenir le réseau, capter les synergies.
En Pologne, Orange fait aussi mieux, à +7,9 %, face notamment à Play, filiale d’iliad. Pendant ce temps, Telefónica a relevé sa prévision de cash-flow opérationnel après un semestre à +1,7 % de chiffre d’affaires et +3,8 % d’EBITDA ajusté. Quant à Deutsche Telekom, attendu le 5 novembre, son profil reste à part, porté par T-Mobile US.
France, SFR, cyber et satellite: là se joue la suite
En France, la hausse reste maigre, +0,5 %. Les services hors réseau téléphonique commuté montent de 1,1 %, mais le marché ne donne pas beaucoup d’élan. Chez iliad, le premier semestre montrait déjà la même idée: +1,5 % en France, contre +10,2 % en Italie.
Du coup, la suite se prépare sur plusieurs fronts. Le projet de reprise et de répartition de SFR entre Orange, Bouygues Telecom et Free reste visé pour le second semestre 2027, sous réserve du feu vert réglementaire. En parallèle, Orange Cyberdefense atteint 1 milliard d’euros sur neuf mois, en hausse de 12,2 %, et Orange Business étend la qualification SecNumCloud de certaines offres. Dernier signal, plus stratégique qu’immédiat: une lettre d’intention a été signée en octobre avec Deutsche Telekom, Telefónica et Vodafone pour candidater ensemble à des fréquences dédiées aux services mobiles par satellite en Europe.