Portée par deux anciens de Google Brain, Mintive veut gérer identité, accès et supervision des agents IA en entreprise. Le marché est déjà saturé.
En bref
- Mintive lève environ 10 millions d’euros
- La startup cible la gouvernance des agents IA
- Déjà plus de 50 clients entreprises
Les agents IA commencent à entrer dans les process, mais dès qu’on les branche à des services cloud, la vraie question n’est plus la démo. C’est le contrôle. Qui accède à quoi, avec quels droits, sous quelle identité, et avec quelle visibilité pour l’IT. C’est précisément sur ce terrain que Mintive vient de boucler environ 10 millions d’euros au total (11 millions de dollars), dont une nouvelle seed d’environ 6 millions d’euros (7 millions de dollars) menée par Cowboy Ventures.
Autour de la table, on retrouve aussi Coatue, Operator Collective, Hustle Fund, ainsi que plusieurs business angels de premier plan, parmi lesquels Frederic Kerrest, cofondateur d’Okta, Jeff Dean, ex-chief scientist de Google et cofondateur de Discovery Loop, ou encore Andrej Karpathy, cofondateur d’OpenAI.
La bataille se joue sur le contrôle, pas sur le chatbot
Le créneau n’a rien d’un désert. Amazon, Microsoft, OpenAI et Anthropic proposent déjà des outils sur le sujet. Même chose pour des acteurs plus spécialisés comme Langchain, New Relic ou Rippling. Et chez Y Combinator seulement, plus de 40 startups travaillent déjà sur cette idée.
Résultat ? Mintive arrive sur un segment déjà très chargé, celui de la gestion des agents IA en entreprise, avec gouvernance, provisioning et identité au centre.
Deux profils très lourds côté produit
Ce qui fait lever un sourcil, quand même, c’est le duo fondateur. Le CEO Jiquan Ngiam a été le tout premier ingénieur recruté chez Coursera par Andrew Ng, avant de travailler sur les réseaux neuronaux chez Google Brain. Le CTO Vijay Vasudevan, lui, est surtout connu comme l’un des co-créateurs de TensorFlow à l’époque de Google Brain, bien avant que PyTorch ne prenne autant de place.
Pour Aileen Lee, managing partner de Cowboy Ventures, l’enjeu est simple: l’IA pourra faire des choses impressionnantes, mais l’écosystème manque encore d’infrastructures de gouvernance, de visibilité et de contrôle.
Une plateforme pensée pour l’IT et le déploiement rapide
Le produit assemble plusieurs briques. Une passerelle MCP pour autoriser l’accès des agents aux services cloud et encadrer leurs actions. Une passerelle LLM pour router vers différents modèles et plafonner les coûts. Un système d’identités et d’autorisations propre aux agents, distinct de celui des salariés qu’ils assistent. Et un outil de monitoring pour suivre tous les agents dans l’entreprise.
Mintive permet aussi de créer des agents capables d’exécuter des tâches longues de façon proactive. La promesse produit, elle, tient en peu de mots: déploiement rapide et complexité masquée. Jiquan Ngiam explique que les clients sont souvent surpris par la vitesse de mise en place et affirme, en substance, que toute la couche d’accès, de permissions et d’orchestration a été pensée pour éviter aux équipes de gérer elles-mêmes les bacs à sable, la mémoire ou les harnais techniques.
Des clients déjà là, et une levée volontairement mesurée
Lancé en février, le produit revendique déjà plus de 50 clients entreprises, parmi lesquels Ro, Modern Treasury, l’Université du Michigan, Coursera, Apax et Stability AI.
Et il y a un autre signal, plus financier. Aileen Lee dit apprécier le fait que Jiquan Ngiam n’ait levé « que » 11 millions de dollars. Dans un marché où certains misent sur des tours XXL, l’écart saute aux yeux: Prime Intellect a levé environ 120 millions d’euros (130 millions de dollars) en série A sur une valorisation d’environ 920 millions d’euros (1 milliard de dollars). Chez Mintive, l’approche est plus sobre, brique par brique. Pour des décideurs IT, ce n’est pas le pire signal.