Meta ajoute Meta One et plusieurs offres pro à Facebook, Instagram et WhatsApp. Derrière les options IA, un vrai levier de revenus se dessine.
En bref
- Meta lance Meta One centré sur l’IA
- Les offres pro visent créateurs et entreprises
- Le pari abonnement commence déjà à payer
Le vrai sujet, ce n’est pas juste un nouveau nom d’abonnement. Chez Meta, la machine commence déjà à convertir des options payantes en revenus tangibles, et l’IA sert désormais d’accélérateur. Pour un groupe qui cherche à amortir ses investissements massifs dans ses modèles IA, le timing n’a rien d’anodin.
Des abonnements qui commencent déjà à rapporter
Depuis mars, Meta propose déjà des paliers payants sur Instagram, Facebook et WhatsApp, avec des fonctions comme la personnalisation de profil, les super réactions ou des statistiques sur les stories. Les tarifs de base restent bas, environ 4 euros (3,99$) par mois pour Instagram Plus et Facebook Plus, environ 3 euros (2,99$) pour WhatsApp Plus.
Et ça se voit dans les chiffres. Selon Appfigures, les revenus quotidiens mondiaux d’Instagram tournent désormais autour de 1,2 million de dollars, soit environ 1,02 million d’euros, sur la semaine du 9 septembre. Facebook atteint 528.000 dollars par jour, environ 449.000 euros. La hausse est brutale, +475% pour Instagram, +143% pour Facebook sur une semaine. Les utilisateurs américains pèsent 32% des revenus d’Instagram et 39% de ceux de Facebook, soit environ 10% au-dessus de leur niveau historique.
Meta One, la couche IA grand public qui change l’équation
Cette fois, Meta pousse plus loin avec Meta One. Deux formules arrivent pour le grand public, Core à environ 7 euros (7,99$) et Premium à environ 17 euros (19,99$) par mois. Elles intègrent les avantages des offres Plus des trois apps, mais le cœur de la promesse est ailleurs, dans un usage élargi des outils IA.
On parle ici de Muse Image, Muse Video, de l’outil Restyle dans les stories Instagram, ainsi que d’effets vocaux et d’outils créatifs disponibles plus souvent. Le point un peu frustrant, quand même, c’est que Meta ne détaille pas les plafonds exacts. Le groupe explique seulement qu’ils varient selon le pays, la surface et les conditions système.
Créateurs et entreprises, l’autre front beaucoup plus stratégique
Là, on sort du gadget. Meta aligne aussi quatre offres pour les créateurs et les entreprises, avec Essential à partir d’environ 13 euros (14,99$), Advanced dès environ 42 euros (49,99$), Expert à partir d’environ 127 euros (149$) et Max dès environ 425 euros (499$).
Essential ajoute des briques de présence et de relation client, dont plus d’accès à Meta Business Agent, un badge vérifié et un canal sur l’app WhatsApp Business, ainsi que la détection d’usurpation. Advanced monte d’un cran avec la planification des stories jusqu’à 30 jours, les liens dans les posts organiques et les reels, des analytics exportables, des insights d’audience plus poussés, l’accès pour des membres d’équipe, davantage d’appareils liés, plus de crédits de diffusion business et plus de réponses de l’agent.
Les deux paliers ajoutent aussi un profil enrichi, avec site web, avis et lieux, un bouton suivre plus visible sur les reels, et des invitations automatiques envoyées aux utilisateurs qui interagissent avec les contenus.
Pourquoi cette pile d’offres compte pour l’écosystème Meta
Derrière cette grille tarifaire un peu chargée, il y a une logique simple. Meta cherche à monétiser ses modèles Muse après son investissement de 14,3 milliards de dollars, soit environ 12,16 milliards d’euros, dans Scale AI. Cette opération a aussi fait venir Alexandr Wang pour piloter les efforts IA du groupe.
La suite est déjà balisée. Meta promet davantage de fonctions et de compétences agentiques pour le marketing de bout en bout, les opérations, la création et l’optimisation. Edits Plus doit aussi rejoindre Meta One, avec plus de stockage cloud et davantage d’usage de l’assistant IA d’Edits. Côté marché, BNP Paribas anticipe 13,5 milliards de dollars de revenus supplémentaires d’ici 2028, environ 11,48 milliards d’euros. Truist monte à 20 milliards de dollars en 2030, soit environ 17 milliards d’euros. Clairement, l’abonnement n’est plus un test chez Meta.