Publié le 2 février 2024.
Par La Rédaction

L’IA Act : un cadre suffisant pour maîtriser les défis de l’intelligence artificielle ?

Publié le 2 février 2024.
Par La Rédaction

Un investissement de 500 millions d’euros pour développer l'IA et soutenir les entreprises française serat-il suffisant. L'IA, en pleine expansion, soulève des préoccupations, poussant à l'élaboration de l'IA Act pour réguler son utilisation avec un scoring rigoureux. Cela reflète l'ambition européenne de conquérir la souveraineté numérique tout en préservant l'innovation.

La France s’affirme comme un acteur de poids sur la scène internationale en matière d’intelligence artificielle (IA), cherchant à jouer un rôle de premier plan dans l’élaboration de normes et de régulations. Elle vise à favoriser un développement de l’IA qui soit éthique, responsable et centré sur l’humain, tout en stimulant l’innovation et la compétitivité de ses entreprises. La stratégie française en matière d’IA se caractérise par un investissement significatif dans la recherche, l’éducation, et le soutien aux startups, avec l’objectif de créer un écosystème dynamique et innovant. À travers sa participation active aux débats et initiatives européennes, notamment l’IA Act, la France cherche à influencer la réglementation de l’IA à l’échelle européenne pour qu’elle reflète ses valeurs et ses intérêts.

L’IA Act : quelles attentes?

L’IA Act, proposé par la Commission Européenne, vise à établir un cadre réglementaire harmonisé pour l’IA au sein de l’UE. Ce règlement a pour ambition de protéger les citoyens européens des risques potentiels liés à l’IA tout en favorisant l’innovation et l’adoption de technologies d’IA. On attend de l’IA Act qu’il introduise des classifications pour les systèmes d’IA selon leur niveau de risque, allant de minime à inacceptable, et qu’il définisse des exigences claires pour chaque catégorie. Cela inclut la transparence, la traçabilité, la fiabilité et la sécurité des systèmes d’IA. L’enjeu est de parvenir à un équilibre entre la protection des individus et des droits fondamentaux, et la promotion d’un environnement propice à l’innovation technologique.

Il faut rappeler que la concentration de la recherche sur l’IA dans les pays à revenu élevé a de multiples conséquences préoccupantes. Ce qui fait que les politiques et les lignes directrices en matière d’éthique qui émergent des régions actives peuvent ne pas bien se transférer ou s’aligner au-delà des frontières. À l’échelle mondiale, les politiques et réglementations gouvernementales concernant l’élaboration et l’utilisation de modèles linguistiques de plus en plus puissants (MLL) restent fragmentées. Certains pays ont carrément interdit certains LLM, tandis que d’autres n’ont pris aucune mesure réglementaire, permettant des progrès LLM sans restriction. En 2022, sur 285 pays, seuls 62 (22,2%) pays avaient une stratégie nationale d’intelligence artificielle, sept (2,5%) étaient en cours et 209 (73,3%)%) n’avait rien publié ! Parmi les pays qui ont pris position, les États-Unis se sont alors concentrés sur la promotion de l’innovation et de la compétitivité économique, tandis que l’UE s’est concentrée sur l’éthique et les droits fondamentaux.

En 2023, plus d’un tiers des entreprises européennes ont adopté l’intelligence artificielle (IA), selon une étude commanditée par Amazon Web Services (AWS). Cette avancée technologique majeure prépare le terrain pour un impact économique d’environ 3,4 billions d’euros d’ici 2030.

Les enjeux de la souveraineté numérique en France

La souveraineté numérique est devenue une priorité stratégique pour la France, qui cherche à renforcer son autonomie dans le domaine du numérique face à la domination des géants technologiques américains et chinois. Cela passe par le développement de capacités propres en matière d’IA, la protection des données personnelles, et le soutien à des infrastructures critiques, comme les réseaux de télécommunications et les centres de données. L’enjeu est double : il s’agit à la fois de protéger les intérêts nationaux et de promouvoir les valeurs européennes dans le numérique, tout en évitant une fragmentation de l’internet qui pourrait résulter d’une approche trop protectionniste.

La réglementation de l’IA a tendance à restreindre la recherche sur l’IA, ce qui, si elle se produisait de manière inégale dans le monde, créerait des centres de recherche où moins de réglementations ont lieu.

Le défi des entreprises Françaises

Pour être compétitives à l’international, les entreprises françaises doivent naviguer dans un paysage mondial de l’IA en constante évolution. Cela implique d’investir dans la recherche et le développement, de former des talents en IA, et de s’adapter rapidement aux changements réglementaires, comme ceux proposés par l’IA Act. Les collaborations internationales et les partenariats stratégiques peuvent également jouer un rôle clé en ouvrant des marchés étrangers et en facilitant l’accès à des innovations de pointe. L’adoption de normes éthiques élevées et le respect de la réglementation peuvent devenir des avantages compétitifs, en répondant à la demande croissante pour des technologies responsables et transparentes.

Influencer l’évolution de l’IA Act

La France, grâce à son engagement actif au niveau européen et à sa collaboration avec d’autres États membres, est bien positionnée dans la course pour influencer l’évolution de l’IA Act. Le niveau de l’investissement est faible face à d’autres pays et géant du numérique par exemple AWS injecte un colossal investissement de 15 milliards de dollars pour booster l’intelligence artificielle au Japon. Les investisseurs européens ont légèrement reculé sur l’IA en 2022, avec $23,1 milliards investit dans des environ 140 startups dans l’espace — contre $39,2 milliards en 2021 et $24 milliards en 2020, selon Dealroom.

Sa capacité à faire valoir ses priorités, telles que la protection des données, l’éthique de l’IA, et le soutien à l’innovation, dépendra de sa diplomatie et de sa capacité à forger des consensus. En tant que leader dans le domaine de la régulation numérique, la France a l’opportunité de modeler un cadre législatif européen qui pourrait servir de référence à l’échelle mondiale, mais rien n’est moins sûr quand on regarde la techwar entre les USA et la Chine, nous allons de plus en plus vers de multiples continents Tech ! Il quand même avantageux de souligner que l’Europe pourrait se distinguer non pas en concurrençant directement, mais en se concentrant sur des secteurs où elle excelle, tels que le marché interentreprises (B2B) et la robotique avancée. Elle devrait aussi continuer à enrichir sa vaste communauté de développeurs de technologies au sein d’un réseau européen de centres d’innovation spécialisés en IA plus interconnecté.

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