Le vrai signal n’est plus seulement le cap des 3,1 milliards d’abonnés 5G. C’est le basculement des usages, avec un uplink tiré par l’IA.
En bref
- La 5G atteint 3,1 milliards d’abonnements mondiaux
- L’uplink dépasse souvent le downlink chez les opérateurs
- Le slicing 5G SA devient enfin commercial
Ce qui bouge vraiment dans le rapport de Ericsson, ce n’est pas seulement le seuil des 3,1 milliards d’abonnements 5G. C’est le moment où la promesse business commence à ressembler à quelque chose de concret. Avec la 5G Standalone, le network slicing passe d’un discours d’ingénieur à des offres vendables, et ça, pour l’écosystème mobile, ça compte pas mal.
Le slicing sort enfin du labo
Dans l’édition de juin 2026 du Mobility Report, Ericsson recense 84 offres commerciales de connectivité différenciée basées sur le slicing en 5G SA, contre 65 en novembre 2025. La marche est nette. On n’est plus dans quelques pilotes vitrine, mais dans un début de passage à l’échelle.
Pour les opérateurs, l’intérêt est simple. Réserver une tranche réseau avec une qualité de service garantie pour un usage précis, collaboration critique, vidéo, industrie, devient enfin un levier de monétisation crédible. Bref, la 5G SA commence à justifier ses coûts autrement que par le marketing.
Le vrai basculement se voit dans l’uplink
L’autre signal fort, plus structurel encore, vient du trafic. Chez 43 des 55 fournisseurs de services mesurés par Ericsson, la croissance de l’uplink dépasse celle du downlink. Et dans 17 cas, elle est plus de 1,5 fois supérieure.
Ce n’est pas un détail statistique. Les moteurs sont bien identifiés, communication vidéo, contenus générés par les utilisateurs, stockage cloud. Et l’IA pousse derrière. Erik Ekudden, CTO de Ericsson, résume cette bascule ainsi : « Les réseaux mobiles ne se contentent plus de fournir une connectivité « best-effort » ; ils deviennent une infrastructure critique et intelligente ». Le rapport ajoute que le trafic supplémentaire lié à l’IA pourrait multiplier par trois, voire davantage, l’uplink en 2031 par rapport à 2025.
La 5G devient le socle dominant
Les volumes suivent. Au premier trimestre 2026, 162 millions de nouveaux abonnements 5G ont été ajoutés, pour un total mondial de 3,1 milliards. La projection grimpe à 6,4 milliards fin 2031.
Côté marché, près de 390 fournisseurs ont lancé la 5G commerciale, dont plus de 90 en SA. Fin 2025, la 5G portait déjà 48 % du trafic mobile mondial. La part attendue en 2031 monte à 85 %. En Europe de l’Ouest, en Amérique du Nord, en Asie du Nord-Est et dans les pays du CCG, l’adoption devrait approcher ou dépasser 90 % d’ici la fin de la décennie.
Le FWA s’installe, la 6G se prépare déjà
Sur le fixe aussi, les lignes bougent. Environ 71 % des fournisseurs FWA proposent désormais des forfaits basés sur la vitesse, contre 57 % un an plus tôt. Des lancements ont été observés au Vietnam, à Taiwan, en Argentine et au Maroc. Disons que la 5G fixe trouve sa place sur des marchés très différents.
Et pendant que la 5G se normalise, l’industrie regarde déjà la 6G. Les travaux de standardisation visent la communication et détection intégrées, l’articulation entre réseaux terrestres et satellitaires, ainsi qu’un meilleur rendement énergétique, avec une architecture pensée pour l’IA. Premières spécifications attendues fin 2028 ou début 2029, premiers services commerciaux vers 2030.