Journée mondiale du chiffrement 2025 : des militants exhortent les États à préserver la sécurité des données
Image d'illustration. Icône de verrouillage numérique sur un code binaireADN
À l’occasion du Global Encryption Day 2025, des militants interpellent les gouvernements du monde entier afin qu’ils cessent d’adopter des mesures susceptibles de compromettre le chiffrement, un outil jugé essentiel pour la sécurité et la confidentialité numérique.
Tl;dr
- Pression croissante sur le chiffrement en Europe et Suisse.
- Coalition mondiale défend la sécurité de l’encryption.
- VPN, activistes et entreprises dénoncent les législations menaçantes.
Menaces accrues sur le chiffrement : l’alerte des acteurs du numérique
Face à une succession d’attaques réglementaires, la défense du chiffrement s’impose plus que jamais comme un enjeu mondial. À l’occasion du cinquième Global Encryption Day, le 21 octobre 2025, la Global Encryption Coalition appelle les gouvernements à cesser toute tentative d’affaiblissement des technologies de chiffrement, essentielles à la protection de nos vies numériques. Pour cette édition, de nombreux acteurs majeurs tels que Proton VPN, Threema, ou encore le Tor Project, relaient ce message : « Sécuriser les communications par un chiffrement robuste est vital pour tous. »
Législations controversées en Suisse et dans l’Union européenne
Depuis plusieurs mois, des propositions de lois inquiètent fortement dans des pays historiquement attachés à la confidentialité numérique. En Suisse, souvent considérée comme un bastion du chiffrement fort, des projets visent à accroître la surveillance et imposer l’identification des utilisateurs via les métadonnées. Des entreprises comme Proton menacent de déplacer leur infrastructure hors du pays si ces textes étaient adoptés. Dans ce contexte tendu, la société suisse a déjà migré sa solution Lumo AI vers l’Allemagne, un geste symbolique qui montre la gravité du moment.
Côté européen, le projet surnommé « Chat Control » fait polémique : pour lutter contre les contenus pédopornographiques (CSAM), il imposerait le scan systématique des messages chiffrés. Si certains États soutiennent ce texte, porté notamment par le Danemark, neuf pays s’y opposent fermement, alors que six restent indécis. L’Allemagne apparaît comme un acteur déterminant dans ce bras de fer.
Plaidoyer unanime pour une sécurité sans compromis
Les défenseurs du numérique mettent en garde : affaiblir le chiffrement ne profiterait pas seulement aux forces de l’ordre. Comme l’explique Ryan Polk (Internet Society) : « N’importe quelle faille créée pour les autorités sera exploitée par des cybercriminels. » Le secteur estime qu’on ne saurait compartimenter l’accès au chiffrement ; toute porte dérobée bénéficierait immanquablement aux acteurs malveillants.
À ce titre, les principaux fournisseurs de VPN, tels que Surfshark, NymVPN, ou encore les membres du collectif VTI (NordVPN, ExpressVPN) rappellent que :
- L’intégrité du chiffrement est non négociable.
- L’affaiblir expose chaque utilisateur à de nouveaux risques.
- Cela mettrait en péril journalistes, militants ou lanceurs d’alerte partout dans le monde.
Sensibilisation internationale et mobilisation citoyenne
Pour défendre un internet libre et sécurisé, journées mondiales et actions collectives se multiplient. Le dernier VPN Day of Action (25 septembre 2025) a permis aux citoyens d’exprimer leur attachement à une vie privée préservée. Des guides pratiques sont mis à disposition par la coalition afin d’inciter chacun à interpeller ses représentants et alerter sur ces menaces. Difficile d’imaginer aujourd’hui nos usages numériques sans un chiffrement solide : communications privées, paiements en ligne ou données médicales en dépendent directement.
Plus que jamais, selon les experts et défenseurs des droits numériques, préserver la robustesse du chiffrement demeure un pilier incontournable pour nos sociétés connectées et démocratiques.