inDrive pousse pub, livraison et crédit pour sortir du seul VTC

Moto de livraison croisant une voiture VTC
Image d'illustration. Pub, livraison et crédit changent l’équation. — ADN

Le rival d’Uber accélère hors du VTC avec la pub, la livraison et le crédit. Un virage qui peut changer son modèle dans les marchés émergents.

En bref

  • inDrive cherche plus que la course
  • La pub atteint 25 marchés
  • Livraison et crédit gagnent du terrain

Le dossier est simple, et il est très mobile. Pour un acteur comme inDrive, rester cantonné au VTC ne suffit plus vraiment, tant l’économie de la mise en relation reste serrée. Le groupe, présent dans plus de 1.200 villes réparties sur 48 pays, pousse donc trois relais à la fois, publicité, livraison et services financiers, avec une idée claire, capter une part plus large de la dépense de clients déjà acquis.

Le vrai sujet, c’est la marge

Face à Uber, la logique est connue, empiler des services sur un même réseau d’usagers et de chauffeurs. Mais inDrive joue une autre carte, celle des marchés émergents, avec une clientèle plus attentive au prix et parfois moins accessible aux canaux pub classiques.

Andries Smit, directeur de la croissance business, explique que cette base d’utilisateurs est différente et peut aider les marques à toucher un public nouveau, autrement. C’est là que le pari devient intéressant pour l’écosystème mobile, parce qu’on ne parle plus seulement de transport, on parle de monétisation d’audience.

La pub embarquée prend déjà du volume

L’activité pub a démarré en pilote en juillet 2025, avant un déploiement dans les 20 plus gros marchés du groupe en janvier. Elle est maintenant active dans 25 marchés. inDrive dit avoir déjà servi plus de 2 milliards d’impressions, avec plus de 2.000 annonceurs payants par mois. Et environ deux sur trois reviennent.

Le format maison, baptisé Ride Media, vise les passagers pendant l’attente du chauffeur puis durant le trajet. Aujourd’hui, le ciblage repose sur les lieux visités sur une période donnée. Le ciblage en temps réel est prévu. Clairement, si l’inventaire grimpe avec d’autres services, la machine peut devenir plus rentable.

Livraison et crédit servent de porte d’entrée

Il y a déjà un début de vente croisée. En 2025, 13% des utilisateurs mensuels transacteurs de inDrive ont utilisé la mobilité et au moins un service de livraison.

Même chose côté chauffeurs. En Amérique latine, le nombre de prêts accordés via inDrive.money a bondi de 118% sur un an au premier semestre 2026. Le service opère au Mexique, au Brésil, en Colombie, au Pérou et en Indonésie. Bon, Andries Smit ne donne pas le montant investi, mais il précise que la pub, la finance et la livraison coûtent relativement peu à faire monter en puissance, contrairement aux courses alimentaires et à l’alimentaire.

Le recrutement dit où va le groupe

Le signal le plus net vient peut-être des nominations. Raphael Zennou, ex-Delivery Hero, prend la vice-présidence food et groceries. Max Silin, passé plus de onze ans chez Google, dirige inDrive.

Ads. Valentin Laykov supervise la livraison, pendant que Alexander Kurchin reste aux commandes de inDrive.money.

Et inDrive teste déjà la livraison de plats préparés avec des partenaires. Le chantier reste précoce, pas mal de zones d’ombre subsistent, surtout sur les revenus réels de la pub. Mais l’effet multiplicateur décrit par Andries Smit se lit déjà en creux, plus de services créent plus d’usages, donc plus d’inventaire, donc plus de revenus potentiels.

Christophe Romei

Spécialiste Tech

Expert sur l'industrie du mobile depuis 2005

X LinkedIn Site web Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Monetisation Uber

Lisez Servicesmobiles.fr en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources