Pendentifs, bagues, boîtiers et bracelets dopés à l’IA se multiplient. Derrière l’effet waouh, un vrai marché se structure entre mémoire augmentée et compagnon numérique.
En bref
- L’IA portable mise sur l’écoute continue
- Productivité et compagnon émotionnel dominent
- Abonnements et formats restent très dispersés
Ils ont presque tous le même réflexe, écouter en permanence. C’est pratique sur le papier, franchement ambitieux en produit, et très révélateur d’un marché qui cherche sa place entre assistant personnel, dictaphone augmenté et compagnon de poche.
Une même promesse, écouter tout pour mieux assister
Chez Bee, l’idée est limpide. Un pendentif à environ 46 euros (49,99$), à clipser sur un vêtement ou à porter comme un bracelet, qui enregistre ce qu’il entend, apprend vos habitudes, puis fabrique des rappels et des notes. L’app iOS, incluse dans un abonnement à environ 18 euros par mois (19$), sert à poser des questions, relire des transcriptions chronologiques et extraire les points clés d’une journée. Et il y a un bouton mute, quand même utile sur ce genre d’objet.
Depuis le rachat de la startup par Amazon en juillet 2025, deux modèles ont suivi, Bee Frontier à environ 69 euros (74,99$) et Bee Eclipse à environ 92 euros (99,99$), ce dernier au format carte attachable magnétiquement au dos d’un smartphone. Même base fonctionnelle, avec connexion possible à Alexa, et surtout un positionnement plus agressif face à Plaud.
Dans la même veine, Limitless, ex-Rewind, facture son pendentif environ 91 euros (99$). Il transcrit réunions, appels et conversations avec consentement, puis rend tout cela cherchable et résumable. L’app inclut 10 heures de fonctions IA par mois, avant un passage à environ 27 euros mensuels (29$) pour l’illimité.
Le virage du compagnon personnel prend forme
Là, on change d’ambiance. Friend, vendu environ 119 euros (129$), se porte au cou et se présente comme un soutien émotionnel. Il détecte ton et humeur, répond par Bluetooth via le smartphone, et peut même envoyer des messages proactifs. Son virage Friend 2.0 ajoute un haut-parleur intégré pour lui donner une voix et une personnalité plus marquées.
Mais le produit traîne aussi une vraie contestation. Sa campagne dans le métro new-yorkais a été vandalisée, avec des messages accusant la marque de capitalisme de surveillance. Ce n’est pas anecdotique, vous voyez bien le nœud du sujet.
Meta avance aussi avec Muse Charm, premier wearable IA maison présenté en septembre. Pas encore expédié, il doit intégrer Jolly, un avatar affiché sur un mini-écran, dans un boîtier de poche ou porte-clés destiné à piloter l’assistant Muse à la voix. De son côté, Nirva, fondé par d’anciens de Meta Reality Labs, vise le développement personnel. Son pendentif ou bracelet, attendu en fin d’année après ouverture des commandes en novembre, coûtera environ 229 euros (249$) et transformera les échanges quotidiens en journal personnel.
Prix, abonnements, formats : un marché qui cherche encore son standard
Les formats partent dans tous les sens. Omi, à environ 82 euros (89$), résume des conversations, crée des to-do, aide à planifier et peut même se coller sur le côté de la tête avec un adhésif médical pour détecter quand on lui parle. Plaud NotePin, à environ 146 euros (159$), vise clairement juristes, journalistes et étudiants avec 300 minutes de transcription gratuites par mois, puis une formule Pro à environ 8 euros mensuels (8,33$) pour 1 200 minutes. Plaud Note Pro, déjà en précommande, montera à environ 165 euros (179$).
Et puis il y a les paris plus originaux. Rabbit R1, environ 183 euros (199$), boîtier de poche rétro à écran tactile et caméra rotative, s’est relancé grâce à une mise à jour logicielle importante, avec la fonction Creations pour fabriquer ses propres outils et jeux. Enfin, Sandbar prépare la bague Stream, autour de 275 euros (299$), micro coupé par défaut, activation tactile, prise de notes, assistant IA et contrôle média. Bref, l’IA wearable a trouvé ses usages. Son standard, pas encore.