En 2025, la censure d’Internet a touché 4,6 milliards de personnes, l’Asie en tête

Image d'illustration. Globe semi transparent et câbles lumineuxUn globe semi-transparent composé de câbles lumineux avec des mains portant des drapeaux de pays tendues vers lui.
En 2025, la censure d’Internet a touché 4,6 milliards de personnes à travers le monde, selon les derniers chiffres. L’Asie demeure la région la plus concernée, confirmant une tendance déjà observée les années précédentes.
Tl;dr
- 81 nouvelles restrictions internet en 2025, hausse de 29 %.
- L’Asie concentre la majorité des censures, Inde en tête.
- Les VPN restent essentiels, mais impuissants lors de coupures totales.
Explosion des mesures de censure en ligne à travers le monde
L’année 2025 aura marqué un tournant préoccupant dans l’intensification de la censure d’internet. Selon les dernières données recueillies par le spécialiste du secteur, Surfshark, plus de 4,6 milliards d’individus ont été affectés par de nouvelles restrictions. Pas moins de 81 mesures additionnelles ont été introduites dans 21 pays, un bond de 29 % par rapport à l’année précédente, faisant de ce millésime le plus restrictif depuis 2021.
Au centre du cyclone, l’Asie concentre à elle seule la majorité des limitations. Le cas le plus emblématique reste celui de l’Inde, où les autorités ont instauré 24 nouveaux blocages, principalement lors de périodes troublées : dix en lien avec des manifestations et quatorze résultant d’agitations politiques. Les régions du Kashmir et du Jammu, déjà coutumières du fait, ont même subi un bannissement temporaire des VPN, preuve supplémentaire d’une volonté farouche de contrôler l’accès au réseau. Derrière ce géant démographique, l’Iraq et l’Afghanistan n’ont pas été en reste avec respectivement neuf et sept restrictions.
Mécanismes et justifications : entre crises politiques et enjeux sécuritaires
L’analyse montre que ces entraves sont loin d’être anecdotiques : sur les 81 nouveaux blocages recensés en 2025, près des deux tiers (51) étaient directement liés à des épisodes de forte instabilité politique. Quatorze pays sont ainsi pointés du doigt pour avoir utilisé l’arme numérique afin d’étouffer protestations ou remous institutionnels — touchant au passage plus de deux milliards de personnes. Dans certains États africains comme le Cameroun, mais aussi au sein d’Amériques comme au Venezuela, les coupures ont parfois accompagné des scrutins contestés ou des mobilisations populaires.
La liste suivante illustre les motifs principaux évoqués pour justifier ces interruptions :
- Troubles politiques: principal facteur en Inde, Iraq, Iran…
- Périodes électorales sensibles: exemples récents au Cameroun et Venezuela.
- Mouvements sociaux et manifestations: restrictions accrues au Pakistan, Turquie, Ouganda.
Médias sociaux sous pression croissante, rôle pivot des VPN… mais limites persistantes
Au-delà du simple accès au web global, ce sont surtout les plateformes telles que Telegram, Facebook, YouTube, ou encore X (ex-Twitter), qui se retrouvent fréquemment ciblées. Telegram a battu un triste record en devenant l’application la plus bloquée (neuf fois sur sept territoires), conséquence directe de son adoption massive par les activistes et opposants cherchant à échapper à la surveillance étatique.
Pour contourner ces obstacles numériques, l’usage massif des VPN s’est naturellement imposé. Des solutions techniques sophistiquées — telles que la fonction Stealth proposée par plusieurs fournisseurs réputés (NordVPN’s NordWhisper, Proton VPN’s Stealth… ) — permettent encore bien souvent d’accéder aux contenus restreints ou aux réseaux sociaux interdits. Cependant, leur efficacité s’arrête net face aux coupures totales : si la connexion internet elle-même est suspendue (comme en Iran), même les meilleurs outils deviennent inopérants.
L’enjeu durable : préserver un Internet libre face à la montée autoritaire mondiale
Début 2026 confirme déjà cette tendance inquiétante ; le rythme ne faiblit pas avec des cas emblématiques observés récemment au Pakistan ou en Ouganda. Pour bon nombre d’experts et défenseurs des libertés numériques, il ne fait désormais guère de doute : préserver un espace numérique ouvert nécessitera une vigilance accrue et une mobilisation internationale sans relâche contre toute forme rampante ou brutale de censure.
- Tl;dr
- Explosion des mesures de censure en ligne à travers le monde
- Mécanismes et justifications : entre crises politiques et enjeux sécuritaires
- Médias sociaux sous pression croissante, rôle pivot des VPN… mais limites persistantes
- L’enjeu durable : préserver un Internet libre face à la montée autoritaire mondiale