Publié le 27 mai 2024, modifié le 27 mai 2024.
Par La Rédaction

Comment la Corée du Sud soutient-elle son industrie des semi-conducteurs ?

Publié le 27 mai 2024, modifié le 27 mai 2024.
Par La Rédaction

Découvrez comment la Corée du Sud a injecté 19 milliards de dollars pour stimuler son secteur des semi-conducteurs, une stratégie audacieuse pour dominer le marché mondial.

La Corée du Sud dévoile un important soutien financier pour l’industrie des semi-conducteurs

Le président sud-coréen, Yoon Suk Yeol, a présenté un plan de soutien financier colossal pour le secteur de la fabrication de semi-conducteurs du pays. Ce plan, d’une valeur de 26 trillions de wons, soit environ 19,1 milliards de dollars, englobe diverses initiatives, allant de l’aide financière à la recherche & développement, en passant par l’appui aux petites et moyennes entreprises, selon l’agence de presse AFP. Selon AFP, ce programme comprend plusieurs volets distincts. En premier lieu, un fonds de 12,92 milliards de dollars. géré par la Korea Development Bank sera mis à disposition des entreprises pour stimuler de nouveaux investissements. Ensuite, le plan prévoit également un fonds de 760 millions de dollars spécifiquement dédié au soutien des entreprises sans usine de fabrication (dites “fabless”) ainsi que des PME œuvrant dans le secteur des semi-conducteurs.

Des mesures pour favoriser la production locale et l’emploi

D’autre part, l’initiative inclut une enveloppe de 7,6 milliards de dollars destinée à épauler les fabricants locaux de semi-conducteurs et de composants/matériaux connexes. Cette mesure a été dévoilée par le ministre des Finances, Choi Sang-mok, en mai dernier.

Par ailleurs, Yoon a souligné que le gouvernement envisage d’étendre les avantages fiscaux pour les investissements dans le domaine des semi-conducteurs afin de stimuler l’emploi. À cet égard, Choi a précédemment indiqué qu’il travaille avec le gouvernement pour prolonger une clause de déchéance couvrant le crédit d’impôt pour investissement dans les technologies stratégiques, qui devrait se terminer cette année, tout en élargissant le champ d’application des crédits d’impôt pour les investissements en R&D. Pour couronner le tout, il convient de rappeler que Samsung et SK Hynix ont annoncé, en janvier dernier, leur intention d’investir 481 milliards $ pour augmenter leurs capacités de production de semi-conducteurs. Ce projet pharaonique vise à développer un méga-cluster de 21 millions de mètres carrés, comprenant 16 nouvelles installations de fabrication d’ici 2047.

En Europe

Le responsable de la Commission européenne a annoncé que l’European Chips Act est en bonne voie pour attirer plus de 100 milliards d’euros (108,41 milliards de dollars) d’investissements privés dans l’industrie européenne des semi-conducteurs d’ici 2030. Cette initiative représente la réponse de l’Europe aux programmes similaires lancés aux États-Unis et au Japon, ainsi qu’au soutien apporté par la Chine à ses fabricants nationaux de puces. Le Chips Act de l’Union européenne, qui prévoit un financement de 43 milliards d’euros, dépend en grande partie des gouvernements nationaux, la Commission ayant jusqu’à présent approuvé très peu de financements concrets. Néanmoins, des entreprises comme Intel et TSMC ont annoncé leur intention de construire des usines en Allemagne pour un coût de plus de 30 milliards d’euros cette année.

Il y a tout de même une nouvelle aube se lève sur les laboratoires de recherche et développement (R&D) des semi-conducteurs en Europe. Une manne financière de 2,5 milliards d’euros leur a été allouée pour l’exploration et le développement de semi-conducteurs avancés. L’organisation de R&D basée en Belgique, Imec, est particulièrement concernée par ce financement. Sur le total de la somme allouée, 1,4 milliard d’euros proviendront des programmes de financement Digital Europe et Horizon Europe de l’UE. Le solde sera sponsorisé par des acteurs industriels, dont ASML, basé aux Pays-Bas. L’ambitieux projet de R&D baptisé “NanoIC pilot line” se propose de développer une ligne de production pré-commerciale pour des systèmes-sur-puce de moins de 2 nanomètres. Cette technologie pourrait impulser une dynamique positive dans divers secteurs, allant des télécommunications à la santé. Imec affirme que le projet NanoIC viendra compléter ses “installations de ligne pilote” existantes, édifiées au fil des décennies précédentes. L’institution de R&D envisage :

  • de renforcer la compétitivité de l’écosystème fournisseur européen
  • d’accélérer la valeur ajoutée mondiale des puces
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