Coiffure automatisée : ces robots IA à Shenzhen vont-ils remplacer les coiffeurs ?

Image d'illustration. Salon urbain d inspiration chinoise moderneIntérieur de salon urbain inspiré par la Chine, intégrant des éléments de design moderne avec des couleurs éclatantes et une technologie innovante.
À Shenzhen, les robots coiffeurs dopés à l’IA séduisent par leur rapidité et leur prix, tout en relançant le débat sur l’avenir des métiers artisanaux face à l’automatisation.
Tl;dr
- Robots coiffeurs IA déployés à grande échelle à Shenzhen.
- Prix bas, scan 3D précis, succès viral sur réseaux sociaux.
- Débat : menace pour les coiffeurs ou outil complémentaire ?
Shenzhen, laboratoire de la coiffure automatisée
À Shenzhen, ville pionnière de l’innovation technologique, un nouveau phénomène suscite autant de curiosité que d’inquiétude : l’arrivée des robots coiffeurs IA. Dès juillet 2025, plusieurs médias chinois tels que Sina Finance et Sohu annonçaient la mise en service du « premier robot coiffeur autonome » au monde dans cette métropole bouillonnante. Cette avancée s’inscrit dans une tendance nationale portée par le plan « AI + », où l’intelligence artificielle et la robotique s’immiscent progressivement dans le quotidien.
Fonctionnement et atouts techniques
Le dispositif intrigue par son niveau de sophistication : bras robotique ou système « casque », le tout piloté par une interface intuitive. Concrètement, l’utilisateur s’installe dans une cabine, choisit parmi des milliers de styles proposés à l’écran. Aussitôt, un scan 3D piloté par vision artificielle modélise le crâne et analyse texture ainsi qu’épaisseur des cheveux. L’IA, épaulée par des capteurs de sécurité (arrêt immédiat si mouvement), orchestre ensuite une coupe rapide, parfois en moins de cinq minutes et à prix défiant toute concurrence : environ trois yuans seulement, soit moins de 0,40 €.
Un phénomène viral et débattu sur les réseaux sociaux
Dès la commercialisation à grande échelle à Shenzhen — notamment dans les malls high-tech et zones d’innovation comme le Creativity Center — l’expérience a fait irruption sur les réseaux sociaux. Sur Douyin, de nombreuses vidéos virales capturent le rituel futuriste : on s’assoit, on choisit un modèle sur tablette, puis le robot scanne et opère sans faillir. Sur Weibo, les commentaires fusent entre enthousiasme (« C’est impressionnant pour une coupe fade ! ») et humour teinté d’appréhension (« Il faut oser mettre sa tête dedans… ! »). Le débat ne tarde pas non plus à émerger autour du sort des « Tony老师 », surnom affectueux attribué aux coiffeurs locaux.
L’impact sur le métier : entre fascination et inquiétude
Face à ce bouleversement technologique, deux camps s’affrontent. D’un côté, certains y voient une révolution pour la commodité urbaine : disponibilité 24h/24, suppression du rendez-vous, prix ultra-compétitifs… De l’autre, persiste la crainte d’une remise en cause profonde du métier de coiffeur traditionnel. À ce stade pourtant, nombre d’experts tempèrent : les robots excellent pour les coupes standardisées (buzz cut, dégradés simples), mais restent perfectibles dès lors qu’il s’agit d’effets créatifs ou de coloration personnalisée, domaines encore réservés à la main humaine.
Pour l’heure, le coût élevé d’installation limite leur présence aux grandes villes ; reste à savoir si ces automates viendront vraiment détrôner les salons classiques ou s’ils finiront par n’en devenir qu’un outil complémentaire parmi tant d’autres.