Cloudflare revendique plus de 10 millions de développeurs, contre 7,4 millions au trimestre précédent. Une accélération portée par les usages IA.
En bref
- Plus de 10 millions de développeurs chez Cloudflare
- Le trafic agentique explose sur son réseau
- Le réseau mondial devient un atout décisif
Cette fois, le signal est difficile à rater. Pour la première fois cette année, plus de la moitié du trafic Internet observé par Cloudflare n’était pas d’origine humaine. Et sur un an, les requêtes quotidiennes émises par des agents IA sur son réseau ont bondi de plus de 1 700 %.
Dans ce contexte, voir Cloudflare passer de 7,4 millions à plus de 10 millions de développeurs en un trimestre n’a rien d’un simple indicateur marketing. Cela raconte autre chose, un basculement du logiciel vers des applications pensées pour des utilisateurs, des API, d’autres applications, et désormais des agents qui tournent en continu.
Un Internet de plus en plus piloté par des agents
Les équipes qui développent sur Cloudflare ne suivent pas seulement une mode IA. Elles répondent à une mutation du trafic. Les applications doivent désormais encaisser des interactions permanentes, parfois 24 h/24 et 7 j/7, entre services, agents et utilisateurs. Pour un éditeur de plateforme, c’est énorme.
Bon, on le voit bien sur la pile produit mise en avant par Cloudflare : Workers AI, AI Gateway, D1, R2, Workers KV ou encore Durable Objects. L’idée est claire, offrir les briques pour lancer des apps IA-native directement à l’échelle mondiale.
De Workers à une pile full-stack beaucoup plus large
Au départ, il y avait Workers, la plateforme serverless de Cloudflare. Presque dix ans plus tard, le terrain a changé. La société parle désormais d’une offre full-stack couvrant le calcul, le stockage, les bases de données, l’observabilité, les médias, le temps réel et les workflows de développement.
Rita Kozlov, VP of Product Management chez Cloudflare, rappelle que Workers a été conçu dès l’origine autour d’une primitive de calcul pensée pour la vitesse, l’efficacité et la montée en charge mondiale. Elle ajoute que cette base devient encore plus pertinente à l’ère des agents, quand les développeurs construisent pour des humains, mais aussi avec des agents et pour des agents.
Pourquoi l’architecture compte maintenant
Le point technique intéressant est là. Cloudflare insiste sur le fait que Workers s’exécute dans des isolats, pas dans des machines virtuelles ni dans des conteneurs classiques. Du coup, le déploiement est plus rapide et l’extension à l’échelle du réseau mondial plus efficace.
Ce détail d’architecture compte parce que l’IA augmente le volume du trafic, mais aussi sa complexité. Une plateforme cloud ne sert plus seulement à publier une appli web. Elle doit absorber des échanges continus entre agents, API et logiciels.
L’avantage réseau, le vrai nerf de la guerre
Le reste se joue sur l’infrastructure. Cloudflare dit couvrir plus de 340 villes dans plus de 130 pays, avec 13 888 réseaux interconnectés et une capacité externe de 590 Tbit/s. Pour les développeurs, cela veut dire des applications exécutées plus près des utilisateurs et un trafic IA qui garde de la vitesse.
Dane Knecht, CTO de Cloudflare, résume assez bien l’enjeu en expliquant que ce réseau évite aux développeurs d’arbitrer entre vitesse, échelle et sécurité. Clairement, c’est ce qui rend le cap des 10 millions important pour l’écosystème mobile et cloud, pas seulement le chiffre lui-même.