ChatGPT dépasse le chatbot, et bouscule déjà le réflexe Google

Logos de ChatGPT et Google en gros plan
Image d'illustration. La recherche bascule vers l’IA. — ADN

Aux États-Unis, 42 % des usagers de chatbots IA les utilisent d’abord pour chercher une info. Un signal fort pour les médias, marques et plateformes.

En bref

  • 42 % cherchent d’abord via une IA
  • ChatGPT garde une nette avance d’usage
  • Le SEO glisse vers l’AEO

42 %. C’est la part des utilisateurs américains de chatbots IA qui s’en servent d’abord pour rechercher de l’information. Pas pour rédiger un mail, pas pour coder, pas pour résumer une réunion. Pour chercher. Et là, on touche à quelque chose de plus profond qu’un simple effet de mode autour de ChatGPT.

Le vrai signal, ce n’est pas l’usage, c’est la priorité donnée à l’IA

L’étude du Pew Research Center, menée auprès de plus de 5 000 adultes américains, montre une accélération nette. 49 % des Américains utilisent désormais des chatbots IA, contre 33 % en 2024. Dans ce paysage, ChatGPT reste loin devant avec 44 % d’utilisateurs, devant Google Gemini à 24 %, Microsoft Copilot à 17 % et Meta AI à 14 %.

Mais le point clé est ailleurs. La recherche d’information passe devant les usages professionnels, 42 % contre 38 %. En parallèle, 60 % des Américains lisent les résumés IA placés en tête des résultats, 30 % jugent que ces outils améliorent leur productivité et 28 % estiment qu’ils les aident à rester mieux informés. En gros, la valeur glisse du moteur de recherche vers le moteur de réponse.

Les éditeurs et les marchands entrent déjà dans l’après-lien

Chez Reuters, le constat est très concret. Des enseignes comme Walmart, Wayfair ou Ulta Beauty travaillent déjà leur présence non seulement sur Google, mais aussi dans les réponses de ChatGPT et de Gemini. Le sujet n’est plus juste le référencement. C’est la place dans la réponse finale, celle que l’utilisateur lit sans forcément cliquer.

Vu de The Wall Street Journal, la pression est encore plus forte pour les éditeurs. Si l’IA répond directement, le trafic vers les sites d’info baisse, et avec lui une partie du modèle économique. Business Insider va même plus loin en décrivant un nouveau marché, celui des contenus pensés pour influencer les agents IA plutôt que les pages de résultats classiques.

En Asie, la recherche conversationnelle avance à une autre vitesse

Pendant que les États-Unis mesurent le basculement, l’Asie l’intègre déjà dans le quotidien. En Chine, les réponses conversationnelles s’installent directement dans les moteurs, les super-applications et les services cloud. Baidu, Alibaba, Tencent et ByteDance investissent lourdement pour faire de cette interface IA la nouvelle porte d’entrée du web.

Ailleurs, la logique change un peu mais le résultat se rapproche. Au Japon et en Corée du Sud, les assistants IA se glissent dans les smartphones, les outils bureautiques et les plateformes pro. Moins visible, mais omniprésent quand même.

Pourquoi l’AEO devient un sujet stratégique

Pour les médias, les marques, les opérateurs télécoms et les entreprises tech, le sujet dépasse largement ChatGPT. Le SEO ne suffit plus. Il faut désormais penser AEO, Answer Engine Optimization, donc produire des contenus fiables, structurés et assez crédibles pour être repris par les modèles.

La bataille qui s’ouvre est assez claire. Il ne s’agit plus seulement d’être bien classé, mais d’être cité, synthétisé et jugé digne de confiance par l’IA qui répond.

Christophe Romei

Spécialiste Tech

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