Câbles sous-marins : la stratégie verte d’Orange

Image d'illustration. Le Sophie Germain, le navire câblier d'Orange MarineOrange Marine / PR-ADN
Pour répondre aux défis du numérique africain, Orange modernise sa flotte de navires câbliers. Objectif : sécuriser les connexions, réduire l’impact carbone et assurer la résilience d’un réseau vital pour le continent.
Tl;dr
- Orange Marine construit deux nouveaux navires câbliers modernes.
- Renforcement stratégique de la maintenance des câbles en Afrique.
- Réduction de 20 % des émissions de CO₂ annoncée.
Un virage stratégique pour Orange en Afrique
Au cœur d’une transformation silencieuse mais décisive, Orange s’apprête à donner un nouveau souffle à sa présence sur le segment des infrastructures sous-marines. L’enjeu est colossal : il s’agit non seulement de répondre à la demande croissante d’Internet en Afrique, mais aussi d’assurer la résilience des connexions qui irriguent l’économie numérique du continent. D’ici 2028 et 2029, deux nouveaux navires câbliers viendront ainsi étoffer la flotte de Orange Marine, propulsant la filiale au rang de flotte la plus moderne au monde.
L’exigence croissante de résilience numérique
Les pannes massives qui ont frappé l’Afrique de l’Ouest et du Centre en mars 2024, plusieurs câbles endommagés au large d’Abidjan, paralysant Internet pendant des semaines — ont mis en lumière la fragilité du réseau. Presque tout le trafic internet africain dépend de ces artères invisibles, posées au fond des mers. Le moindre incident technique plonge parfois des millions d’usagers dans le noir numérique.
Face à cette vulnérabilité structurelle, Orange muscle sa capacité d’intervention. Selon les explications de Didier Dillard, président d’Orange Marine, « le vieillissement de la flotte de câbliers est une préoccupation majeure pour tous les acteurs de l’industrie des câbles sous-marins. La construction de ces nouveaux navires permettra à Orange Marine et à Elettra de disposer de la flotte la plus moderne au monde, au service de tous nos clients à l’échelle mondiale, avec un impact environnemental optimisé ».
Des innovations pour une flotte plus verte et performante
Confiée au chantier naval sri-lankais Colombo Dockyard, la construction prévoit des navires inspirés du récent Sophie Germain : capables d’intervenir jusqu’à 1 000 mètres de profondeur, ils remplaceront le Léon Thévenin (Afrique du Sud) et l’Antonio Meucci (Italie), vétérans bientôt retraités. Les nouvelles unités afficheront une réduction attendue de 20 % des émissions de CO₂ et intègreront :
- Propulsion hybride diesel/batteries avec systèmes Azipod pour une meilleure manœuvrabilité ;
- Cohésion optimale grâce à une coque profilée limitant la consommation énergétique ;
- Systèmes électriques embarqués pour brancher les navires à quai ;
- Robots sous-marins télécommandés afin d’accélérer réparations et enfouissements.
Pérenniser le lien entre continents
En gérant plus de 450 000 km de câbles sous-marins, Orange veut affirmer son rôle central dans les communications intercontinentales. Michaël Trabbia, directeur général d’Orange Wholesale, ne cache pas ses ambitions : « Cet investissement stratégique dans notre flotte sera essentiel pour garantir la résilience et la sécurité de l’Internet mondial. » Désormais, le message est limpide : garantir un accès fiable n’est plus un luxe mais bien un impératif, surtout pour un continent où chaque minute sans connexion peut rimer avec pertes économiques majeures.