Nommé en mars à titre provisoire, Toni Schneider devient le patron définitif de Bluesky. Il arrive alors que la plateforme cherche un second souffle.
En bref
- Toni Schneider devient le CEO permanent de Bluesky
- Sa priorité, petites communautés et espaces privés
- Le réseau ralentit malgré 43 millions d’utilisateurs
Bluesky stabilise enfin sa direction, mais le timing n’a rien d’anodin. La plateforme confirme Toni Schneider comme CEO permanent au moment précis où sa croissance semble patiner et où la question de la rétention revient avec insistance.
Une nomination qui enlève l’ambiguïté
En mars, Jay Graber, figure historique de Bluesky, avait quitté le poste de directrice générale pour devenir chief innovation officer. Dans la foulée, Toni Schneider, ancien CEO fondateur d’Automattic, la maison mère de WordPress et Tumblr, avait pris les commandes à titre intérimaire.
Quatre mois plus tard, l’intérim disparaît. Sur son blog personnel, Toni Schneider explique qu’après ces quatre mois, il est temps de faire un point et surtout de retirer la mention provisoire de son titre. Il dit aimer à la fois la mission et le poste, et se dit totalement engagé comme CEO officiel de Bluesky.
Le premier chantier vise des espaces plus fermés
Son cap, lui, est déjà posé. Parmi ses premières priorités, Toni Schneider veut développer des espaces plus petits et des communautés plus privées. L’idée, selon lui, est simple : créer des usages plus intimes et plus ciblés pour débloquer la prochaine vague de croissance et d’innovation.
Ce choix n’est pas anecdotique. Quand un réseau social parle de petites communautés, il parle en fait de structure d’usage, donc de fidélité, donc de valeur à long terme. Et dans le cas de Bluesky, ce n’est clairement pas un détail.
Un réseau qui a grossi, puis ralenti
Le contraste est assez net. Né d’une scission avec Twitter, Bluesky a longtemps servi de refuge à ceux qui voulaient éviter les changements imposés par Elon Musk après sa prise de contrôle en 2022. Depuis, Twitter est devenu X, désormais filiale de SpaceXAI.
Sous Jay Graber, la plateforme a atteint 43 millions d’utilisateurs. Mais ces derniers mois, elle peine à retenir ses membres et à élargir sa base. Une poussée nette avait suivi la réélection de Donald Trump, période où Elon Musk était particulièrement actif politiquement. Depuis, le soufflé semble retomber, avec des signes de baisse à la fois sur l’engagement et sur la taille globale de la communauté.
Un héritage technique solide, mais un enjeu business évident
Tout n’est pas fragile pour autant. Sous la direction de Jay Graber, l’AT Protocol, la couche technique qui permet à Bluesky et à d’autres applications de partager le même réseau social, a été largement étendu. Sur le plan produit et infrastructure, la base est donc sérieuse, même plutôt cohérente.
Reste le dossier business. Automattic et True Ventures, le fonds où Toni Schneider est partner, figurent parmi les investisseurs de Bluesky. Il prend donc la tête d’une entreprise qu’il connaît déjà de près. Mais il hérite aussi d’un réseau qui doit prouver qu’il peut redevenir désirable. Lui assure que l’histoire n’en est qu’à son début, « Nous sommes tout au début de cette histoire ». Bon, il va falloir le démontrer assez vite.