Deux mois après sa sortie de l’ombre, Bluecore Energy boucle un seed de 45 millions d’euros. Derrière l’annonce, il y a déjà un vrai test industriel et réglementaire.
En bref
- Bluecore lève 45 millions d’euros
- Des barges nucléaires pour ports et réseaux proches
- Le dossier passe déjà chez les régulateurs
Aller aussi vite dans le nucléaire, c’est rare. Bluecore Energy, lancée plus tôt cette année par Kofi Asante, vient de lever environ 45 millions d’euros (50M$) en seed, après un pré-seed d’environ 9 millions d’euros (10M$) bouclé seulement quelques mois plus tôt. Et le tour s’est fermé en huit semaines.
Huit semaines pour boucler un tour déjà sursouscrit
Kofi Asante n’avait pas prévu de retourner chercher du capital cette année. Mais après le pré-seed, les appels ont continué. Résultat, les investisseurs déjà présents, comme Slauson et Co., Harlem Capital et Chris Larsen, cofondateur de Ripple, ont remis au pot, pendant que de nouveaux entrants arrivaient, dont Collab Capital, Hartbeat Ventures de Kevin Hart, ainsi que des business angels passés par Tesla, Uber, Amazon et Google.
Le tour est mené par Silverton Partners. Pour l’écosystème, ce n’est pas un simple effet de mode. Voir un dossier aussi capitalistique attirer aussi vite autant d’acteurs dit quelque chose sur l’appétit actuel pour les infrastructures énergétiques liées aux ports, aux usages industriels et, de plus en plus, aux besoins électriques de l’IA.
Le vrai pari, un SMR flottant pour les ports
L’idée de Bluecore Energy tient en une phrase, mais elle est lourde de conséquences. L’entreprise développe des SMR installés sur des barges flottantes, pas sur un site fixe. L’électricité propre peut donc être acheminée là où elle manque, pour un port et ses infrastructures proches.
Kofi Asante résume ça avec une comparaison très concrète. La marine utilise déjà cette logique depuis 70 ans, sans accident, explique-t-il. Selon lui, l’entreprise a surtout miniaturisé le dispositif pour rendre le déplacement possible en quelques jours, au lieu d’imposer des années de travaux et une nouvelle couche d’infrastructure.
Régulateurs, carburant nucléaire et chaîne logistique
Ce qui frappe, c’est que le projet n’en est déjà plus au stade du slide. Depuis sa sortie de l’ombre en juillet, Bluecore Energy dit être devenue la première société nucléaire basée dans un grand port, au Port of Long Beach. Elle a aussi lancé deux barges flottantes et noué un partenariat avec la Department of Transportation Maritime Division, la U.
S. Nuclear Regulatory Commission et la U.
S. Coast Guard.
La revue du design est en cours auprès de la NRC et des garde-côtes. Si elle aboutit, elle ouvrira la voie à la certification de cette centrale nucléaire flottante. Le nouveau capital doit financer le développement produit, le travail réglementaire, les achats de combustible nucléaire et les recrutements.
Mais le nœud, clairement, sera la chaîne logistique. Kofi Asante anticipe une tension sur les composants nécessaires pour construire cette infrastructure électrique portable au rythme de la demande. Cette demande, justement, vient déjà de plusieurs ports, de centres de données dédiés à l’IA et de communautés cherchant à la fois énergie propre et eau propre. L’équipe, issue de SpaceX, Rivian et Toyota, dit appliquer les mêmes méthodes d’approvisionnement pour sécuriser les pièces critiques. Elle dispose déjà de barges et d’un réacteur, et s’apprête à commander du combustible nucléaire pour l’envoyer à un partenaire dans un laboratoire nucléaire national.