Endurance lève 50 M€ pour capter la géothermie cachée en mer

Image d'illustration. Le projet se joue au large du Pacifique.ADN
La startup d’Andrew Redd, ex-SpaceX, veut produire une électricité géothermique continue au large des côtes du Pacifique. Un pari lourd, mais taillé pour la demande IA.
En bref
- Endurance Energy lève environ 50 M€
- La startup vise la géothermie sous-marine continue
- L’enjeu, alimenter villes côtières et data centers
Environ 50 millions d’euros (54 millions de dollars), c’est le ticket mis sur la table pour Endurance Energy. La startup fondée par Andrew Redd, ancien ingénieur de SpaceX sur Dragon et Starship, veut aller chercher une source d’énergie que pas mal de monde regarde de loin sans vraiment s’y attaquer, la géothermie profonde en mer. Le timing n’a rien d’anodin, avec la demande qui grimpe du côté des data centers IA, des véhicules électriques et de l’industrie lourde.
Une Série A pensée pour la nouvelle course aux électrons
Le tour de table est mené par Founders Fund, avec la participation de Point72 Ventures, Construct Capital, Felicis Ventures, First Round Capital, Riot Ventures et Voyager Ventures. Pour une société lancée l’an dernier, le signal est fort. Et l’équipe a déjà pris de l’épaisseur, 25 salariés, dont 12 passés par SpaceX. Son vice-président ingénierie vient aussi de Helion Energy.
Ce que vend Redd aux investisseurs est limpide, une énergie renouvelable, non polluante, disponible 24 heures sur 24 et déployable vite. En gros, une production de base, là où le solaire et l’éolien dépendent du stockage, où l’hydraulique reste limité géographiquement, et où le nucléaire avance avec des délais réglementaires et de construction bien plus lourds.
Pourquoi la mer change l’équation de la géothermie
La géothermie n’a rien de neuf. Mais Endurance Energy part d’un constat simple, la plupart des projets actuels forent à terre, très profond, pour aller chercher des roches assez chaudes pour faire tourner une centrale. C’est le cas d’acteurs comme Fervo ou Zanskar, et plus récemment de Fervo Energy, XGS Energy et Sage Geosystems sur d’autres sites.
Le problème, c’est la carte. Les meilleurs emplacements terrestres, en Islande ou en Californie, sont déjà pris, et beaucoup de zones prometteuses restent loin des grands centres urbains. Endurance Energy regarde ailleurs, vers les zones océaniques où les plaques tectoniques s’écartent et où le magma remonte près de la surface, notamment autour de la côte ouest américaine, du Japon et d’une large partie de l’Asie du Sud-Est, dans la ceinture de feu du Pacifique.
Un pari offshore très technique, mais pas absurde
Aller en mer, ce n’est pas une promenade. Il faut travailler en profondeur, avec des robots, dans un environnement où la pression tape fort et où l’eau salée attaque tout. Résultat ? Des systèmes durcis contre la corrosion et des opérations bien plus complexes qu’un chantier terrestre.
Mais Redd estime ces obstacles gérables en s’appuyant sur des décennies d’expérience de l’offshore pétrolier et gazier. Il avance aussi un argument environnemental précis, si incident il y a, la fuite serait de l’eau chaude dans un océan où cette chaleur s’échappe déjà naturellement à grande échelle. La société dit aussi vouloir éviter les habitats sensibles, notamment à proximité des évents hydrothermaux.
Le vrai sujet, c’est l’échelle
Certains sites visés sont à quelques dizaines de miles des côtes, d’autres à quelques centaines. Le choix passera par un algorithme qui arbitrera entre le coût du câble sous-marin, la taille de la ressource et celle du marché à terre.
Là, vous voyez pourquoi le dossier compte. Andrew Redd estime qu’environ 6 térawatts pourraient être développés en cinq à dix ans autour du Ring of Fire. À comparer aux quelque 20 térawatts consommés en moyenne dans le monde, toutes énergies confondues. Son ambition tient en une phrase, soutenir les grandes villes côtières de cette zone. Si ça marche, on ne parle pas d’un projet de niche, mais d’une nouvelle brique d’infrastructure énergétique.