La startup américaine lève environ 24 millions d’euros pour miniaturiser le générateur de vapeur, avec une promesse simple : un nucléaire moins cher.
En bref
- Apollo Atomics lève environ 24 millions d’euros
- La startup miniaturise le générateur de vapeur
- Objectif, battre le gaz sur le coût
Le chiffre qui compte, c’est 3 centimes par kilowattheure. Chez Apollo Atomics, l’ambition n’est pas juste de gratter un peu d’efficacité sur un réacteur nucléaire, mais d’aller chercher un coût de production capable de rivaliser avec le gaz naturel. Et ça change le sujet.
Un pari industriel plus qu’un pari de physique
Là où pas mal de startups du secteur planchent sur un nouveau réacteur, Assil Halimi et Drew Walker ont visé une pièce bien moins glamour, le générateur de vapeur. C’est lui qui transforme la chaleur du circuit de refroidissement en vapeur pour entraîner une turbine. Indispensable, énorme, rarement remis à plat.
Assil Halimi, patron d’Apollo Atomics, explique que c’est le plus gros composant du système. Leur thèse est simple, les industriels s’attaquent au mauvais problème depuis des années. Bon, dit comme ça, c’est ambitieux. Mais sur le papier, l’angle est malin.
Pourquoi ce générateur change la taille du réacteur
Les générateurs actuels sont souvent assemblés à la main et montent sur plusieurs étages. La version d’Apollo Atomics, elle, tiendrait grosso modo dans le volume d’une personne et pourrait être produite en série.
Le principe repose sur un bloc métallique traversé par des canaux extrêmement fins, dans lesquels circulent les deux boucles de fluide. L’échange thermique devient plus efficace, donc le composant rétrécit fortement. Résultat, la startup affirme pouvoir concevoir un réacteur 40 fois plus petit qu’un système reposant sur un générateur classique.
Et ce n’est pas un détail. Les modèles historiques héritent beaucoup des centrales au charbon ou au gaz, alors que l’uranium a une densité énergétique sans commune mesure. Pour Halimi, une partie du potentiel du combustible nucléaire se perd justement dans cette conversion thermique mal optimisée.
Le modèle économique derrière la promesse
Un générateur compact permet autre chose, assembler le réacteur et son générateur en usine, pas sur site comme aujourd’hui. Vous voyez tout de suite l’enjeu pour la filière, moins de main-d’œuvre spécialisée sur le chantier, des délais plus courts, une industrialisation plus crédible.
Apollo Atomics estime ainsi pouvoir construire une centrale de 300 MW en moins de 24 mois. La société avance aussi un coût de production du réacteur quatre à cinq fois inférieur à celui des designs existants. Clairement, si ces chiffres tiennent, l’impact pour l’écosystème nucléaire est loin d’être marginal.
Une levée pour passer du labo au marché
Pour financer son réacteur de démonstration avant un déploiement commercial prévu en 2028, la société vient de boucler un tour seed d’environ 24 millions d’euros (26 M$), dont environ 5 millions d’euros (5 M$) de dette. La recherche à l’origine du design vient du MIT.
Un petit réacteur de 40 kW a déjà été construit au MIT pour valider la technologie. La gamme visée ira de 10 à 300 mégawatts électriques. Le tour est mené par FCVC, avec notamment Telesoft Partners, Y Combinator, Alumni Ventures, Nucleation Capital et Pelion VC. La startup faisait aussi partie de la promotion printemps 2026 de Y Combinator.