Bilan Web3 2025 : moins de hype, plus de sens et d’usages concrets

Image d'illustration. Regular AnimalsADN
En 2025, le Web3 a choisi la profondeur à l’agitation : art numérique, patrimoine, usages tangibles… L’écosystème se structure avec lucidité, loin des promesses faciles, porté par une quête de sens durable. Voici un panorama clair de l’année 2025, basé sur les 105 épisodes du NFT Morning
Tl;dr
- 2025, année de structuration discrète pour le Web3.
- Accent mis sur l’art numérique et les usages réels.
- Moins de spéculation, plus de transmission et mémoire.
Web3 en 2025 : une année de maturation
Si beaucoup attendaient un tournant spectaculaire ou un souffle d’innovation fracassant pour le Web3 en 2025, la réalité s’est révélée plus nuancée. Progressivement, le secteur a préféré la consolidation à la course effrénée aux promesses. À travers une centaine d’épisodes du podcast NFT Morning, les acteurs du numérique ont collectivement choisi d’explorer des terrains moins tapageurs, mais plus ancrés dans le réel.
L’influence croissante de l’art numérique
Sans conteste, la place prise par l’art numérique marque une évolution majeure. Au fil des mois, cette dimension s’est imposée dans les débats : avec l’intervention de Jean Minguet d’Artprice, la série consacrée à Paris Photo (initiée par Nina Roehrs), ou encore les analyses critiques menées avec Dominique Moulon. Pour la première fois, il n’a plus été question de défendre coûte que coûte cet art émergent, mais bien de l’intégrer pleinement au marché et aux institutions. Le regard posé sur ce secteur s’est affiné, laissant place à davantage de nuances et d’exigences intellectuelles.
Entre exploration technologique et retours au concret
Parallèlement à cette mutation artistique, 2025 a vu le Web3 se frotter aux réalités tangibles. L’émergence des RWA (Real World Assets), incarnée par des initiatives comme celles d’Artrade ou du projet LAk3, a illustré le passage de concepts abstraits à des applications concrètes : environnement, traçabilité, continuité entre œuvres physiques et blockchain… Les échanges avec des figures telles que Nicolas Lejeune (Courtyard) ont mis en lumière les défis juridiques et opérationnels qui attendent ces nouveaux usages.
Une autre tendance notable tient dans la progression des agents IA autonomes. Dès janvier déjà, plusieurs épisodes questionnaient l’avenir des interactions entre intelligences artificielles et infrastructures on-chain. Si le narratif restait flou au départ, il a pris corps tout au long de l’année.
Mémoire collective et transmission : les nouveaux piliers
La notion de temps long a progressivement regagné ses lettres de noblesse. Loin du seul prisme spéculatif, l’acte de collectionner, porté par des voix comme G4sP4RD ou le collectif 100Collectors retrouve un sens patrimonial. D’ailleurs, certaines émissions du WAC Morning, orchestrées par Diane Drubay ou Fanny Lakoubay, ont insisté sur la dimension institutionnelle et mémorielle du secteur.
Au fil des analyses statistiques : environ 30 % des contenus abordaient l’art & culture numérique, tandis que la pure finance cryptographique reculait face à une quête accrue de sens.
Ainsi s’achève ce jalon annuel pour le Web3 : moins spectaculaire que prévu peut-être, mais infiniment plus fécond en repères durables. Tandis que se profile déjà l’étape symbolique des mille épisodes pour NFT Morning, c’est bien sous le signe de la transmission qu’avance désormais l’écosystème.
Regular Animals : quand l’algorithme prend corps et révèle notre impréparation technologique
Œuvre de Beeple, Regular Animals transforme l’IA et les algorithmes en chiens animatroniques qui observent, analysent et produisent des images de nous. Un message central : nous ne sommes pas prêts pour le futur. Beeple quitte le digital pur pour des robots physiques intégrant IA, vision et blockchain. Chaque “animal” incarne une force culturelle (plateformes, data, créateurs) et matérialise la surveillance algorithmique. L’innovation réside dans l’expérience immersive : l’algorithme devient tangible, intrusif, dérangeant.