Apple évalue de la DRAM chinoise pour ses appareils vendus en Chine. Une piste pour desserrer l’étau sur les coûts, mais pas pour faire baisser les prix.
En bref
- Apple teste de la DRAM chinoise
- Usage envisagé seulement pour la Chine
- Aucune baisse de prix en vue
Le point frappant, c’est celui-ci. Apple pourrait desserrer un peu l’étau sur ses coûts mémoire avec de la DRAM chinoise, tout en laissant les acheteurs hors de Chine exactement au même endroit, avec des tarifs toujours sous pression.
Une réponse très ciblée à la crise de la mémoire
La flambée de la RAM ne retombe pas, et elle commence à peser sur toute l’industrie. Des analystes anticipent même une hausse pouvant aller jusqu’à environ 171 euros (200$) sur l’iPhone 18 Pro Max attendu plus tard cette année.
Dans ce contexte, Apple étudie une option qui aurait paru marginale il y a encore peu. Le groupe envisagerait de s’approvisionner auprès de ChangXin Memory Technologies, ou CXMT, et de Yangtze Memory Technologies, YMTC. Mieux, un nouveau rapport indique que Apple teste déjà activement la DRAM de CXMT. Ce n’est pas anodin quand on sait qu’environ 90% du marché mondial de la DRAM reste concentré entre Samsung, SK Hynix et Micron.
Le vrai verrou n’est pas technique, il est politique
Mais le sujet déborde largement l’achat de composants. CXMT et YMTC figurent sur la liste 1260H du Department of Defence américain, qui recense des entités identifiées comme entreprises militaires chinoises.
Faire affaire avec elles n’est pas illégal aux États-Unis. En revanche, le risque de retour de flamme politique et réglementaire est réel. Selon Bloomberg, Apple chercherait déjà à convaincre l’administration Trump d’atténuer ce coût politique potentiel. Et Tim Cook, sur le départ, a expliqué au Wall Street Journal que toutes les pistes de sortie de la crise mémoire devaient être examinées.
Pourquoi la Chine pourrait absorber seule ces puces
La solution envisagée resterait cantonnée au marché chinois. Les informations disponibles indiquent que cette DRAM d’origine chinoise irait uniquement dans les appareils vendus en Chine.
C’est cohérent pour une raison simple. Les iPhone destinés au marché chinois ont déjà des différences matérielles et logicielles par rapport aux versions internationales. Du coup, le risque de voir ces modèles glisser par erreur dans la chaîne mondiale est faible. Si Apple sait isoler les iPhone chinois, la logique peut s’étendre à d’autres produits.
Un effet indirect sur l’offre mondiale, pas sur vos factures
Le gain, s’il existe, sera indirect. Après le lancement de l’iPhone 17, Apple aurait revendiqué 25% du marché du smartphone en Chine. À cette échelle, basculer une partie des volumes sur de la mémoire locale peut libérer une fraction de l’offre internationale habituelle.
Pas de miracle, quand même. Ces puces libérées resteraient vraisemblablement issues des fournisseurs traditionnels, mais Apple en absorberait moins. Cela peut donc réduire une partie de la pression sur ses coûts. En revanche, il ne faut pas attendre de baisse nette des prix, parce que les data centers d’IA captent déjà énormément de RAM. Et peu d’entreprises pourront copier ce schéma, dans un marché chinois où les groupes domestiques gardent la main.