Publié le 22 janvier 2024, modifié le 22 janvier 2024.
Par Christophe Romei

Android en coulisse : l’histoire d’un OS open source

Publié le 22 janvier 2024, modifié le 22 janvier 2024.
Par Christophe Romei

Préparez-vous à embarquer pour un voyage fascinant dans les coulisses d'Android avec notre dernier épisode intitulé "Android en coulisse : l'histoire d'un OS open source". Notre aventure débute en ouvrant la porte à un récit captivant sur l'ascension fulgurante d'Android. Dès les premières mots, vous serez plongés dans l'univers de ce système d'exploitation révolutionnaire.

Aujourd’hui, nous mettons le cap sur un voyage dans le temps, remontant aux origines d’Android, né en octobre 2003. Imaginez un monde où le terme “smartphone” n’est encore qu’un murmure lointain, une époque où nos téléphones étaient bien plus simples.

Android, avec ses racines à Palo Alto en Californie, a été l’enfant chéri de quatre visionnaires : Rich Miner, Nick Sears, Chris White et Andy Rubin. Saviez-vous que leur objectif initial n’était pas de conquérir le monde des smartphones, mais de révolutionner les systèmes d’exploitation pour appareils photo numériques ? C’est un fait souvent oublié, mais qui montre combien les idées originales peuvent évoluer.

Puis, en 2005, survient un tournant majeur : Google acquiert Android pour une somme qui, avec le recul, semble dérisoire : 50 millions de dollars. Et là, tout bascule. Google ne se positionne pas en tant que fabricant, mais choisit une stratégie de collaboration, promouvant Android auprès d’autres fabricants. Le premier à embrasser cette aventure est HTC, avec le HTC Dream en 2008, marquant ainsi le début d’une ère nouvelle.

Petite anecdote croustillante pour les amateurs d’histoires tech : dans la biographie de Steve Jobs, il est révélé qu’il a tenté de dissuader Google de développer Android. À cette époque, Eric Schmidt, alors PDG de Google, faisait même partie du conseil d’administration d’Apple, se tenant à l’écart des discussions sur l’iPhone. Ironie du sort, Apple et Google étaient étroitement liés, Steve Jobs ayant même promis à Google une place de choix sur l’écran d’accueil de l’iPhone. Pourtant, en coulisse, la guerre faisait rage, notamment avec Apple poursuivant HTC pour violation de brevets, incluant des fonctionnalités comme le multi-touch ou le double-tap pour zoomer. Au-delà de ces querelles de brevets, un débat fondamental s’est imposé dans l’industrie mobile : celui de l’ouverture versus la fermeture des plateformes numériques. En d’autres termes, préférez-vous une plateforme fermée et contrôlée, garantissant une expérience utilisateur homogène, ou une plateforme ouverte, mais potentiellement plus fragmentée ?

En 2023, la réglementation a commencé à redéfinir les règles du jeu. Android et iOS sont désormais contraints d’assouplir certaines de leurs politiques. Cela marque un tournant dans l’industrie, et nous sommes impatients de voir comment ces changements façonneront l’avenir de la tech mobile.

L’annonce du lancement

Imaginez, en 2007, notre monde comptait déjà près de 3 milliards d’utilisateurs de téléphones mobiles. Fast-forward jusqu’en 2023, et ce sont plus de 3 milliards de personnes qui dépendent d’Android, environ 70%  de part de marché des OS. Incroyable, n’est-ce pas ?

C’est donc dans ce contexte que Google, accompagné de 33 autres entreprises, forme l’Open Handset Alliance, révolutionnant à jamais le paysage des smartphones, avec la participation de sept opérateurs mobiles. Ces visionnaires avaient un rêve : transformer nos téléphones en joyaux technologiques grâce à une plateforme ouverte. Et Android, sous licence Apache, est arrivé comme un cadeau pour les fabricants et les développeurs, leur donnant une liberté sans précédent pour innover. Remontons au 12 novembre 2007. Ce jour-là, Sergey Brin et Steve Horowitz ont annoncé la disponibilité du SDK open source d’Android, et ont présenté les premières applications de démonstration sur la plateforme. Voici un extrait où Sergey Brin, cofondateur de Google, fait cette annonce historique.

Le 1er smartphone Android, le G1

Eric Schmidt, le PDG de Google à l’époque, avait une vision grandiose : non pas un, mais des milliers de modèles de téléphones sous Android. Et devinez quoi ? Il avait vu juste. L’Open Handset Alliance visait à standardiser et révolutionner nos expériences mobiles. Mais le parcours a été jonché de défis, comme la fragmentation d’Android et l’émergence de nouveaux concurrents.

Video de l’OS Android sur le G1 T-Mobile en 2008 (1, 2)

En 2009 on estime à 1,5 million de G1 en circulation, 80% des propriétaires naviguent sur le Web tous les jours, Quatre utilisateurs sur cinq téléchargent des applications propriétaires au moins une fois par semaine à partir du Market Android. En moyenne, les clients de T-mobile ont téléchargé plus de 40 applications,

Mais l’Open Handset Alliance n’était pas qu’une simple collaboration. C’était un moment charnière, définissant la façon dont nous utilisons nos appareils mobiles aujourd’hui. Android n’a jamais été juste un produit. C’était une plateforme conçue pour vendre d’autres services et produits, visant la croissance plutôt que le revenu unitaire. Et lors du lancement du premier mobile Android, le G1 de HTC, Andy Rubin ne parlait pas d’Android en tant que tel, mais d’une plateforme ouverte pour les développeurs. Je partage avec vous un extrait du lancement mondial de ce téléphone, où vous pourrez entendre Andy Rubin lui-même.

Android le leader

En ses débuts, Android visait modestement 9 % du marché en Amérique du Nord et en Europe. Mais, quelle surprise ! En 2012, le système d’exploitation avait déjà conquis 72 % du marché, surpassant largement ses propres prévisions.   Symbian était le système d’exploitation dominant en 2007, mais il a commencé à décliner en 2009 à mesure qu’Android et iOS gagnaient en popularité, en 2012 Iil avait une part de marché de 14%,  iOS était le deuxième système d’exploitation en 2012 avec 11%, mais il était encore loin derrière Android.

La première version commerciale, Android 1.0, embarquait déjà des applications phares de Google  telles que Gmail, Maps, YouTube, et offrait un accès à l’Android Market (qui se métamorphosera plus tard en Google Play Store) pour télécharger des applications. Dès le départ, Android a innové en intégrant des widgets sur l’écran d’accueil, une fonctionnalité absente chez iOS jusqu’à la sortie d’iOS 14 en 2020.

SFR lance l’écosystème Android en France

En 2009, c’est toujours HTC qui mène la danse en France, avec le lancement du HTC Dream chez Orange, inspiré du T-Mobile G1 sorti en octobre 2008. Mais c’est SFR qui s’empare de l’initiative du développement de l’écosystème Android en France, en lançant le HTC Magic à 99€. L’opérateur a même initié un concours qui a rassemblé plus de 300 développeurs, présentant plus de 45 projets. Une dynamique qui montre bien que les opérateurs avaient flairé le potentiel prometteur du marché des applications. La suite dans le podcast !

Le podcast 135 Grammes est disponibles sur les plates-formes :

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